Bruce Springsteen dédie en concert une chanson à Renee Nicole Good, abattue par la police de l’immigration américaine

il y a 1 day 2

Le rockeur de 76 ans a engagé un duel à distance avec le président Donald Trump depuis 2017.

Le rockeur de 76 ans a engagé un duel à distance avec le président Donald Trump depuis 2017. Collin Xavier/Image Press Agency/ABACA

Lors d’un concert caritatif dans le New Jersey, le chanteur, opposant à Donald Trump, a appelé à un sursaut face à des procédés qu’il estime « dignes de la Gestapo ».

Passer la publicité Passer la publicité

Pour Bruce Springsteen, la scène ressemble à s’y méprendre à une tribune. Au Light of Day 2026, un festival caritatif qui s’est tenu sur la côte est américaine, le rockeur a fait résonner Darkness of the Edge of Town, tout en envoyant valser l’administration Trump. La bête noire du chanteur démocrate.

Cette fois, le « Boss » veut mettre en lumière le drame de Minneapolis. Le 7 janvier, dans la ville du Minnesota, une femme de 37 ans, Renee Nicole Good, a été abattue au volant de sa voiture par un agent de la police de l’immigration (ICE). Sa mort a déclenché une vague de manifestations. Donald Trump a défendu la thèse de la légitime défense du policier, version fermement contestée par l’opposition locale démocrate, vidéos à l’appui. Selon des responsables du Minnesota, Renee Nicole Good était sur place en tant qu’observatrice légale des activités de l’ICE.

À lire aussi Bruce Springsteen, le poète des perdants d’une Amérique gagnée par Donald Trump

Passer la publicité

« Assassinée » pour avoir manifesté

Samedi soir, Bruce Springsteen a dédié un titre à la mémoire de cette défunte qui, sur les réseaux sociaux, se définissait comme « poétesse, écrivaine, épouse, mère et mauvaise joueuse de guitare originaire du Colorado ». La chanson en question, The Promised Land, sortie en 1978, met en scène les désirs de révolte d’un homme sur qui le sort s’acharne.

À lire aussi Femme tuée par l’ICE à Minneapolis : la mère de famille Renee Good touchée à quatre reprises

Bruce Springsteen a exhorté à cette occasion le public à ne pas rester impassible. « Si vous croyez au pouvoir de la loi et que nul n’est au-dessus d’elle, si vous vous opposez à l’invasion des villes américaines par des troupes fédérales lourdement armées et masquées, utilisant des tactiques dignes de la Gestapo contre nos concitoyens, si vous croyez que vous ne méritez pas d’être assassiné pour avoir exercé votre droit américain de manifester, alors adressez un message à ce président », tempête le héraut des classes ouvrières depuis le Count Basie Theater à Red Bank (New Jersey). Un concert dont les bénéfices ont été notamment reversés à la recherche sur la maladie de Parkinson.

Duel avec Trump

« Les États-Unis, les idéaux et les valeurs qu’ils ont incarnés pendant 250 ans, sont mis à l’épreuve comme jamais auparavant dans l’histoire moderne », s’alarme encore le rockeur qui, après s’être opposé à Ronald Reagan ou à la guerre en Irak, a engagé un duel avec le président Donald Trump. Les deux septuagénaires - 76 ans pour le musicien, 79 pour le président - s’écharpent à distance depuis 2017. Le premier taxant le second de « menace » ou de « tyran en puissance », le second qualifiant le premier d’« abruti », « bête comme ses pieds ».

Au moins quatre personnes sont mortes alors qu’elles étaient entre les mains de l’ICE depuis le début de 2026, et au moins 30 en 2025, l’année la plus meurtrière depuis la création de cette police en 2004, selon des statistiques officielles.

Lire l’article en entier