« C’est ta tenue de cuisinier, ça ? » : à la plage, les jurés de « Top Chef » intraitables face aux nouveaux candidats

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Après la montagne, la plage. Des seize candidats présélectionnés à « Top Chef », on en avait déjà découvert huit. Les suivants se mesurent ici sur le sable du Touquet (Pas-de-Calais), cadre du deuxième épisode. Comme pour le lancement, et malgré l’abandon des brigades, on y va en équipe : les Beiges d’un côté, les Rouges de l’autre, en trois manches pour commencer. Premier défi, surprendre avec un poisson… Rouget sans garniture pour le Beige Alexis, chinchard pour Dylan qui cuisine, lui, pour les Rouges.

Ils avancent sans trop de tracas, sinon des foies éclatés pour le premier qui comptait en faire un sabayon, un gel qui ne prend pas pour le second qui rebondit et en fait une sauce. Des arêtes, frites et mixées, il fait un sel d’assaisonnement. Les deux veulent utiliser l’ensemble du produit. La cuisine, on la voit, au plus près des concoctions, la production prend le temps. C’est appréciable.

« Je suis à Fort Boyard ! J’ai du sable plein les pieds ! », s’amuse Alexis qui s’annonce comme l’un des rigolos de service. « Mais pas là pour rigoler », prévient-il. Originaire de Perpignan, le garçon de 28 ans affiche ses couleurs catalanes sur ses chaussettes, des citrons avec lunettes de soleil. Lui-même en porte, ou plutôt des verres qui se teintent selon la lumière.

« Il n’est pas cuit ton poisson »

Voilà qui ne passera pas inaperçu lors de la discussion façon grand oral, grande nouveauté de cette saison qui voit les chefs de brigades abandonner leur rôle de coach pour celui de juré à plein temps. Chaque dégustation promet un moment délicieux. D’autant que la production aime à jouer l’attente et le malaise. Ça plaît. Moins aux candidats, plantés face à eux, essuyant les piques. Les caresses aussi. Méchants, ces chefs ? Non, mais tranchants…

« Il n’est pas cuit ton poisson », lance Philippe Etchebest. « Pour moi, c’est pas un sujet », le contredit Glenn Viel. Ça bataille. Les autres toques apprécient. « Plat très réussi », pour Hélène Darroze. « Tu as bien cerné qu’il fallait aller à l’essentiel, mettre du goût, de l’intensité, salue Stéphanie Le Quellec. Si tu appliques ça tout le concours, il va falloir t’attendre au tournant ».

Athlétique, polo serré sur gros biscoteaux, Dylan est lui accueilli à froid d’un « t’as le look d’un coach sportif » par Etchebest qui semble savourer de déstabiliser un peu pour voir… « C’est ta tenue de cuisinier, ça ? » enchaîne-t-il. Au visuel, Glenn Viel juge « un plat un peu minimaliste, pas très gourmand ». Mais le goût est là, comme la cuisson. Bémol, le sel d’arêtes. « Moi ça me dérange, j’ai un bout là, souligne Le Quellec, un gros morceau sur l’index pointé. Tu peux te casser une dent ! ». Point à Alexis, avantage aux Beiges. Aux suivants !

Moules frites gastronomiques

Deux Bretons entrent dans l’arène, Maël et Théo. Le thème : les moules frites gastronomiques. Pour les Rouges, Théo vise un trompe-l’œil de ravioles à l’encre de seiche avec tuile de pommes de terre. Foulard beige au cou, Maël tente un pressé de pommes de terre qu’il monte paisiblement strate après strate… sans se presser. Stressée, la Beige Viviana l’est pour deux : « Vas-y mets toi la pression ! ».

« Là, je me sens en panique », souffle le garçon de 23 ans. Son pressé n’est pas cuit, il improvise, taille en julienne, poêle ses patates, y ajoute ses moules à la va-vite. Côté Théo, le plan se déroule sans accrocs. Et son idée plaît, l’exécution moins, un vin blanc trop présent. « Il va falloir aller beaucoup plus droit au but », note Le Quellec. Maël se présente blême. Mais les chefs apprécient, préfèrent même son assiette. Seulement pas de frites, le thème n’est pas respecté. Point aux Rouges.

Égalité à trancher sur un dessert de plage. Deux duos pour pâtisser. Léa et Aboubakar côté rouge, et une idée de gaufre, touche d’iode avec un confit d’algues et shiso. Pour les Beiges, Viviana et Sacha partent sur des beignets, choux et chouchous. Osé, long, délicat. Elle s’occupe de la pâte à chou, lui des chouchous… qui manqueront de caramélisation. Le dessert des Rouges l’emporte. Ils sont tous qualifiés.

Des quatre Beiges en éliminatoire, deux entreront dans le concours, deux rentreront chez eux. Le tout sur une bouchée iodée. Beaucoup d’huître, de l’oursin, de la Saint-Jacques aussi. Sacha ose des saveurs sud américaines qui perturbent. « Le poivron, je l’apprécie au niveau de la texture, je ne le comprends pas au niveau du goût », juge Hélène Darroze. Il efface l’iode. Maël manque encore de temps et ne peut ajouter son granité d’huître. Les deux n’iront pas plus loin. Alexis et Viviana si. Cette dernière remporte même l’épreuve, en pleure de joie et de soulagement.

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