« Ce qu’a fait Pape devant le monde entier, ce n’est pas classe » : Walid Regragui remonté contre le coach sénégalais

il y a 1 day 3

C’est avec la mine des mauvais jours, évidemment, que Walid Regragui s’est présenté en conférence de presse, dimanche peu après minuit. Touché par la défaite des siens face aux Sénégalais en finale de la CAN (1-0 a.p.), il a néanmoins salué le succès de son adversaire. Une conférence de presse toutefois assez incroyable durant laquelle la rancœur de certains journalistes, soucieux de savoir quand il allait démissionner, a fait son retour.

« C’est dur, très dur, je ne vais mentir, a-t-il commencé. On était à une minute d’être champions (si Brahim Diaz avait converti son pénalty) mais le foot est cruel souvent. On a perdu ce match sur la chance qu’on avait d’être champion. Quand on a loupé le pénalty tout a tourné en notre défaveur. On perd Igamane (blessé). On sait qu’il faut saisir sa chance. À la fin c’est un scénario hitchcockien. C’est malheureux pour le peuple marocain. Ce groupe va revenir plus fort, il connaît le chemin pour aller en finale. Mais félicitations au Sénégal, nous, on a loupé l’opportunité d’une vie pour certains et pour moi. »

Nous sommes déçus de ce que vous avez proposé. La performance du Maroc n’ayant pas été à la hauteur, comme la façon dont Brahim Diaz a tiré le pénalty ma question est simple : allez-vous démissionner ce soir ou demain ?

WALID REGRAGUI. Ce n’est pas une question.

Pourquoi ne pas avoir envoyé quelqu’un d’autre que Diaz tirer le pénalty ?

Brahim a tiré contre le Mali, il a marqué. C’est l’ordre des tireurs. Je ne vais pas critiquer mes joueurs au moment de tirer. Igamane s’est peut-être fait les croisés. Un pénalty qui peut t’offrir la Coupe d’Afrique, évidemment, il faut le marquer. Mais c’est le foot. La même chose s’est passée avec Hakimi lors de la dernière CAN. Là, il nous restait une demi-heure derrière. Mais on a fini à 10 (sans plus de remplacement possible), il était difficile de revenir. Comme le public, on voulait gagner, les gars ont tout donné. Il faut accepter la défaite c’est comme ça qu’on revient plus fort.

Comment était Diaz avant et après le pénalty et comment avez-vous pris sa panenka ?

Il y a eu beaucoup de temps avant qu’il ne tire (en raison de la menace des joueurs sénégalais de quitter le terrain). L’image qu’on a donnée de l’Afrique est honteuse. Demander à son équipe de quitter le terrain, c’est pas classe. Ce soir, le Sénégal est champion, bravo à lui. Mais ce qu’a fait Pape (Thiaw, le sélectionneur du Sénégal), c’est pas classe. On a montré ça au monde entier. Ça n’a pas aidé Brahim, mais c’est comme ça.

La première cause de cette défaite ne sont-ils pas vos choix de faire jouer des joueurs qui n’étaient pas prêts ?

On a fait des changements pour remporter le match, un de nos meilleurs joueurs (Igamane) s’est blessé au genou, on espère que ce n’est pas les croisés. Ce n’était pas écrit. On a fait les changements par rapport à ce qu’on a l’habitude faire. Ce sont mes choix, je les assume mais quand tu perds tu as toujours tort.

Votre peuple comprend-il que ce n’est pas aisé de gagner à domicile ?

Dans le foot vous devez toujours apprendre de vos erreurs et rester humble. Vous devez revenir fort pour les prochaines étapes. Le Sénégal est champion, c’est l’exemple à suivre. Et j’espère que mon équipe méritera de nouveau ce trophée.

Quand allez-vous démissionner ?

Je suis très fier de cette équipe. On a lutté jusqu’à la dernière minute. Quand il y a un échec, il faut l’accepter et l’assumer. C’est la faute du coach et voilà…

Que pensez-vous de la prestation de Bounou ?

Il mérite son titre de meilleur gardien. Il nous a laissés vivants. Pour gagner des trophées il faut un grand gardien. Son discours à la fin du match a été extraordinaire. C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Il reste le meilleur gardien de l’histoire et du monde. »

Lire l’article en entier