De One Piece aux Gouttes de Dieu, les mangas envahissent les plateformes en devenant des séries live action. Alors que les deux fictions sont de retour une seconde saison, cette tendance mondiale transforme la BD japonaise en phénomène télé après avoir tout raflé en librairie depuis près de trente ans.
Les plateformes de streaming ont trouvé leur nouvel eldorado : le manga. Après le succès mondial d’Alice in Borderland, Netflix vient de lancer la saison 2 de One Piece, et Apple TV de conclure celle des Gouttes de Dieu. Des productions très variées - aventure fantastique, thriller dystopique ou saga œnologique - qui partagent la même origine : la bande dessinée japonaise.
“Le manga est devenu une véritable “bible” créative pour des séries premium capables de voyager entre les cultures et de toucher un public mondial”, analyse Klaus Zimmermann, producteur des Gouttes de Dieu. Avec des univers riches et des intrigues déjà validées par des millions de lecteurs, les mangas constituent une base solide pour l’avenir des séries.
Les mangas, une narration universelle et visuelle dont s'emparent Netflix, Apple TV et autres plateformes de streaming
Si ces histoires fédèrent tant, “d’un public jeune adolescent à un lecteur adulte plus exigeant”, c’est parce qu’elles couvrent tous les genres. “Au Japon, le manga est pensé pour tout le monde. Il y en a autant qu’il y a de personnes”, décrypte Benoît Huot, éditeur chez Glénat. Une aubaine pour les plateformes en quête permanente de récits originaux et universels.
Autre atout : sa puissance graphique. “Contrairement au roman, le manga est extrêmement visuel : tout passe par le dessin, les regards, le rythme des images” souligne Klaus Zimmermann. “Le défi consiste à transformer ces sensations en scènes crédibles et à trouver le bon équilibre entre fidélité à l’œuvre originale et adaptation au langage télévisé."
De One Piece aux Gouttes de Dieu, réussir à adapter sans trahir
Passer du papier à la prise de vues réelles nécessite des ajustements. “Certaines choses parfaites sur papier doivent être réinventées pour l’écran”, précise le producteur des Gouttes de Dieu, dont la narration a dû être repensée. "Dans notre cas, deux grandes difficultés se posaient : d’une part, repenser la structure pour maintenir une tension dramatique adaptée au format sériel ; d’autre part, créer un angle franco-japonais, alors que le manga original est exclusivement composé de personnages japonais."
Ce travail d’équilibriste implique aussi les éditeurs. Pour la série One Piece, Benoît Huot a été consulté afin de vérifier certains choix d’adaptation : “Les ayants droit demandent une homogénéisation de la licence. On fournit des index de personnages, des traductions… Il faut rester le plus cohérent possible.” Résultat : ces séries attirent de nouveaux publics et renforcent le phénomène manga, dont la France reste le second pays le plus consommateur après le Japon.
De nouveaux adeptes des mangas grâce aux adaptations en animes et en séries
Selon l'éditeur spécialisé de Glénat, l'arrivée de ces productions constitue toujours une bonne nouvelle en librairie : "L'arrivée d'un anime ou d'une série permet un renouvellement du lectorat de deux manières. En premier lieu, ce sont des personnes qui n'ont jamais entendu parler de la série et la découvrent à l'écran pour ensuite se pencher vers le manga. Et en second lieu, ce sont de personnes qui connaissent un petit peu les univers de One Piece ou des Gouttes de Dieu et se plongent dedans totalement."
Benoît Huot précise cependant que la plupart du temps, les lecteurs ne reprennent pas la lecture du début mais se tournent vers les tomes qui leur permettent de connaître la suite de l'histoire proposée en série. Un mélange des médiums pour raconter une même histoire qui "permet à ces lecteurs, qui étaient jeunes et ont grandi, vieilli, mûri, ont fondé des familles, de transmettre ces histoires qu'ils aiment tant." Un cercle vertueux où, de la page à l’écran, l’aventure ne fait souvent que commencer.

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