Décès : Thierry Cazeneuve, figure du cyclisme, est mort

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Thierry Cazeneuve

Thierry Cazeneuve @YP Medias

Le journaliste qui fut directeur du Critérium du Dauphiné est décédé à 74 ans.

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Il avait dans la voix un sourire qui semblait pouvoir résister à toutes les tempêtes. Il possédait l’énergie des aventuriers, la flamme des passionnés qui éclaire les longues soirées. Thierry Cazeneuve, longtemps rédacteur en chef du service des sports du Dauphiné Libéré était un chef d’orchestre généreux, infatigable, dont l’influence débordait largement le cadre de sa rédaction. Il est décédé samedi, à 74 ans.

Entré, comme son frère jumeau François, dans la carrière de journaliste dans les pas de leur oncle Georges, grand résistant et cofondateur du Dauphiné Libéré, à 22 ans, il occupe dans le journal une place de localier, avant de s’installer et de se distinguer au service des sports. Il trouvera dans la couverture des événements un formidable terrain d’expression (son frère ayant, lui, rejoint la chronique judiciaire). Avec le cyclisme et le rugby comme cibles. Sur les routes du Tour de France et des grands rendez-vous de la saison cycliste, il a longtemps partagé sa voiture avec Charly Mottet et Yves Perret. Le fruit de leurs réflexions était attendu à l’heure du café, avant de reprendre la route.

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Compagnon de Pierre Chany et Jean-Marie Leblanc de L’Équipe, de Jean Cormier du Parisien, de Jean-Yves Donor du Figaro ou de Gilles Le Roc’h de France-Soir, Thierry Cazeneuve faisait du reportage une façon de vivre, une confrérie qu’il entretenait avec soin. Avec lui, les souvenirs dansaient, trinquaient. L’amitié n’était pas un vain mot. Les étapes s’éternisaient longtemps après la ligne d’arrivée.

Directeur du Critérium du Dauphiné de 1988 à 2009, date de la vente de la course à ASO (propriétaire du Tour de France), Thierry Cazeneuve qui fut également président de la Ligue nationale de cyclisme (de 2003 à 2007) avait, à l’heure de la retraite, conservé un regard très aiguisé sur les épreuves du calendrier cyclistes, les coureurs et le travail des journalistes.

Dans L’Équipe, il avait résumé : « On ne guérit pas du Tour » et confié : « Les journalistes ont aussi le tort d’échafauder des scénarios, car ils créent leur propre ennui quand les choses ne se passent pas comme ils l’auraient souhaité, en oubliant que la scène du Tour ne nous appartient pas. »

Celui qui avait accompagné les succès de Bernard Hinault et Laurent Fignon, vu déferler les affaires Festina ou Armstrong contribuait à l’actualisation du livre référence de « La fabuleuse histoire du Tour de France » (Édition Minerva) et était devenu le président du prix Pierre Chany récompensant le meilleur article cycliste de l’année. Une manière, encore, de rester fidèle à sa passion et de célébrer encore et toujours l’amitié. Le monde du cyclisme qui s’apprête à ouvrir son calendrier a, le cœur serré, une profonde émotion en pensant à ce personnage truculent.

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