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Avec un ticket d’entrée à un milliard de dollars, le nouveau Conseil de la paix du président américain attire des alliés inattendus et suscite des inquiétudes concernant l’équilibre des forces mondiales.

Donald Trump tient la charte fondatrice signée lors de la première réunion de son Conseil de la paix, à Davos, le 22 janvier 2026. Donald Trump tient la charte fondatrice signée lors de la première réunion de son Conseil de la paix, à Davos, le 22 janvier 2026.

Donald Trump a inauguré, jeudi 22 janvier à Davos, en Suisse, son nouveau Conseil de la paix, en présence d’une vingtaine de dirigeants de pays ayant rallié cette instance placée sous sa coupe. « Une fois que ce conseil sera complètement formé, nous pourrons ​faire à peu près tout ce que nous voulons », a déclaré le président américain à l’occasion du Forum économique mondial.

S’autoproclamant faiseur de paix, Donald Trump, qui a quitté en fin d’après-midi la Suisse, a signé la charte fondatrice de ce Conseil de la paix qu’il va présider et qui est censé œuvrer au règlement des conflits dans le monde, « en coordination », a-t-il promis, avec les Nations unies.

M. Trump se vante d’avoir mis fin à huit guerres depuis son retour au pouvoir l’an dernier et se plaint amèrement de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix. Il a en effet promis que le nouvel organe agirait « en coordination » avec les Nations unies mais a dans le même temps de nouveau vilipendé l’ONU, que les Etats-Unis accusent d’inaction. « Sur les huit guerres que j’ai menées à terme, je n’ai jamais parlé aux Nations unies. On aurait pu croire que j’aurais dû le faire », a-t-il dit.

Le ticket d’entrée dans le Conseil coûte un milliard de dollars pour un siège permanent. Dans le parterre de dirigeants invités ayant accepté de s’y joindre se trouvaient certains de ses très fidèles alliés, tels le président argentin, Javier Milei, et le premier ministre hongrois, Viktor Orban. Le Maroc, la Turquie et l’Indonésie faisaient aussi partie de la vingtaine de signataires. Sur une cinquantaine d’invitations envoyées, environ 35 dirigeants ont déjà répondu positivement, avait fait savoir mercredi un haut responsable américain.

L’Arabie saoudite, la Turquie, l’Egypte, la Jordanie, l’Indonésie, le Pakistan, le Qatar et les Emirats arabes unis ont salué la création de ce Conseil, tout en soulignant dans une déclaration commune qu’il devrait s’agir d’une « administration transitoire » pour la bande de Gaza.

Donald Trump a par ailleurs déclaré que Vladimir Poutine avait accepté l’invitation, que Moscou a seulement dit « étudier ».

La France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont refusé de faire partie des signataires. « Nous avons de sérieux doutes quant à un certain nombre d’éléments de la charte du Conseil de paix concernant son champ d’action, sa gouvernance et sa compatibilité avec la Charte des Nations unies », a déclaré de son côté, tôt vendredi, le président du Conseil européen Antonio Costa à l’issue d’un sommet des Vingt-Sept à Bruxelles.

Des annonces fortes sur le Hamas, Gaza et le Groenland

Concernant le Hamas, ses membres « doivent déposer les armes et, s’ils ne le font pas, ce sera leur fin », a mis en garde M. Trump dans un bref discours à l’occasion de cette cérémonie.

Première annonce du Conseil, dont Israël a accepté de faire partie : le point de passage de Rafah entre l’Egypte et la bande de Gaza rouvrira « dans les deux sens » la semaine prochaine, a déclaré l’administrateur de ce territoire palestinien nouvellement nommé par cette alliance, Ali Shaath.

Le président américain a profité de l’occasion pour parler de son plan de « nouveau Gaza », comprenant la construction d’un complexe luxueux sur sa façade maritime, et affirmer que l’Iran souhaitait entamer des discussions avec les Etats-Unis.

A propos du Groenland, après des semaines de déclarations agressives, il a subitement annoncé mercredi soir « le cadre d’un futur accord » avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et levé ses menaces douanières autant que militaires. Donald Trump a agité le spectre de « grosses représailles » si les Etats européens commençaient à vendre des titres de dette américaine ou des actions dans le but de faire pression sur Washington.

Le Monde avec AFP

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