D’importants rassemblements ont lieu samedi dans plusieurs villes du Danemark et à Nuuk, la capitale groenlandaise, afin de protester contre les convoitises du président américain, qui continue d’afficher son intention de s’emparer du Groenland.
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« Notre histoire commune est riche en chapitres », assure Mette Frederiksen, la première ministre danoise
Sur Facebook, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, a partagé sa joie de « voir le formidable soutien apporté au Groenland et au peuple groenlandais ».
« Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont choisi de passer leur samedi à participer à des manifestations de soutien au Groenland. Drapeaux groenlandais et danois côte à côte. C’est formidable à voir. Notre histoire commune est riche en chapitres. Les photos d’aujourd’hui témoignent d’une communauté forte », a expliqué la dirigeante sociale-démocrate.
Début d’une manifestation à Nuuk, au Groenland
Quelques milliers de manifestants, dont le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, se sont rassemblés samedi dans le centre de Nuuk, capitale du Groenland, pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d’afficher son ambition de s’emparer de l’immense territoire autonome danois.
Sous une pluie fine, les manifestants – dont le chef du gouvernement juché sur un tas neige et agitant le drapeau groenlandais – coiffés de casquettes avec les mots « Make America Go Away » (« faites partir les Etats-Unis », détournement du slogan MAGA) manifestaient en chantant des chants traditionnels inuits, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse sur place.
Des milliers de manifestants à Copenhague
Manifestation en soutien au peuple groenlandais à Copenhague, le 17 janvier 2026. Des familles, des personnes âgées, des Danois, des Groenlandais… Tous sont venus dire, samedi, dans un froid glaçant, que « le Groenland n’est pas à vendre ». Un message répété encore et encore depuis plus d’un an, mais que le président des Etats-Unis refuse d’entendre. Les milliers de manifestants, réunis dans la capitale danoise, espèrent que leur mobilisation va changer les choses, sans toutefois se faire beaucoup d’illusions.
Dans le cortège, beaucoup rappellent l’alliance historique du Danemark avec les Etats et les sacrifices des soldats danois, déployés en Afghanistan et en Irak, aux côtés des Américains. « C’est une trahison », estime le vétéran Gerth Sloth Berthelsen, dont le père vit au Groenland. Sur sa casquette rouge sont inscrits les mots « Make America Go Away ».
Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Copenhague (Danemark))
Le cortège arrive devant l’ambassade des Etats-Unis à Copenhague
Manifestation en soutien au peuple groenlandais à Copenhague, le 17 janvier 2026.
Le cortège de manifestants se dirigeant vers l'ambassade des Etats-Unis de Copenhague, en soutien au peuple groenlandais, le 17 janvier 2026. Alors que le cortège est en train d’arriver devant l’ambassade des Etats-Unis à Copenhague, Dehlia Hannah s’est arrêtée sur le bord de la route, avec ses deux fils, Jules, 6 ans, et Emile, 4 ans, pour regarder la manifestation. « Le Groenland fait partie du Danemark. Les gens sont là pour dire à Donald Trump qu’il ne peut pas le prendre, parce qu’ils savent qu’il veut juste voler ce qui a sous la terre. »
Originaire de New York, cette Américaine de 46 ans vit au Danemark depuis dix ans. « Quand je me suis installée ici, j’étais tellement soulagée de pouvoir laisser derrière moi le stress et la tension de vivre aux Etats-Unis. Je pensais avoir une vie heureuse et tranquille avec mes enfants. Et puis un matin, je me suis réveillée avec cette nouvelle réalité. C’est extrêmement choquant et complètement absurde. »
Ayant obtenu la naturalisation il y a six mois, elle est soulagée de pouvoir se dire danoise, même si « les gens ici sont capables de distinguer les Américains de l’administration Trump ».
Devant l'ambassade des Etats-Unis de Copenhague, le 17 janvier 2026. Anne-Françoise Hivert ( envoyée spéciale à Copenhague (Danemark))
Sur Le Monde aujourd’hui
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Bonjour,
Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, est resté plus discret depuis les déclarations de Donald Trump sur le Groenland. L’ancien premier ministre néerlandais, dans une posture inconfortable à cause de la pression du président américain, est néanmoins à la manœuvre. Afin d’éviter toute confrontation avec M. Trump, il concentre ses prises de parole sur un seul sujet : la sécurisation de l’Arctique. Vendredi 9 janvier, il a ainsi échangé avec Marco Rubio afin d’en discuter, expliquent Anne-Françoise Hivert et Philippe Jacqué.
Bonjour,
Jeudi, de nombreux responsables européens, dont Ursula von der Leyen, ont répété leur soutien aux Danois et aux Groenlandais. « Nous poursuivrons notre travail sur la sécurité de l’Arctique avec nos alliés, nos partenaires, y compris les Etats-Unis », a affirmé la présidente de la Commission européenne.
De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a également rappelé la position européenne, le 22 décembre 2025, après la nomination d’un envoyé spécial américain pour le Groenland, Jeff Landry : « Tout changement de statut relève de la seule décision des Groenlandais et des Danois. Nous attendons de tous nos partenaires qu’ils respectent leur souveraineté et leur intégrité territoriale et qu’ils honorent leurs engagements internationaux. »
« Le Danemark est un petit pays avec une petite économie et une petite armée », affirme Stephen Miller, proche conseiller de Donald Trump
« Le Groenland est grand comme un quart des Etats-Unis. Le Danemark, sans lui manquer de respect, est un petit pays avec une petite économie et une petite armée. Il ne peut pas défendre le Groenland », a déclaré Stephen Miller, proche conseiller de Donald Trump, sur Fox News, vendredi soir.
A Copenhague, les onze parlementaires du Congrès américain ont au contraire affiché leur soutien, au dernier jour de leur visite où ils ont rencontré la première ministre danoise, le chef du gouvernement groenlandais, des chefs d’entreprise et des représentants au Parlement danois.
Le sénateur démocrate Chris Coons, qui dirige la délégation, a salué samedi devant la presse « deux cent vingt-cinq années » d’alliance avec le Royaume du Danemark. Il a assuré qu’il n’existait « pas de menaces immédiates pesant sur le Groenland ». « Mais nous partageons de réelles préoccupations concernant la sécurité dans l’Arctique à l’avenir, à mesure que le climat change, que la banquise recule et que les routes maritimes évoluent », a-t-il dit, en soulignant qu’il fallait « examiner des moyens de mieux investir dans la sécurité arctique ».
Les protestations samedi surviennent trois jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté l’impossibilité de s’entendre dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur l’avenir du territoire autonome. Alors que plusieurs dirigeants européens ont affiché leur soutien au Danemark, membre fondateur de l’OTAN, le président américain a menacé vendredi de droits de douane les pays qui ne soutiendraient pas ses visées sur le Groenland.
📷 La colère des manifestants à Copenhague, en quelques affiches
Pancarte en français, lors de la manifestation en soutien au peuple groenlandais à Copenhague, le 17 janvier 2026.
« Pas touche, stop aux criminels de guerre, le Groenland appartient aux Groenlandais », peut-on lire en danois sur cette pancarte lors de la manifestation en soutien au peuple groenlandais à Copenhague, le 17 janvier 2026.
« Pas touche au Groenland », est-il écrit en anglais sur cette pancarte, à Copenhague, le 17 janvier 2026.
«Migrants, restez chez vous, nous ne sommes pas à vendre », annonce en anglais ce dessin, lors de la manifestation en soutien au peuple groenlandais à Copenhague, le 17 janvier 2026. 1 compte dès 7,99 €/mois
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Des milliers de manifestants à Copenhague : « J’ai tellement peur que Trump crée un fossé entre l’Europe et les Etats-Unis »
Manifestation en soutien au peuple groenlandais à Copenhague, le 17 janvier 2026. La manifestation de soutien au Groenland vient de commencer à Copenhague. Plusieurs milliers de personnes, brandissant des drapeaux groenlandais, sont réunies sur la place de l’hôtel de ville, en plein cœur de la capitale danoise.
Lilllian Nobelgaard, 78 ans, est venue du nord du Sjælland. Ancienne infirmière, elle a été envoyée plusieurs fois en mission au Groenland. « Je connais des gens qui y vivent. J’adore le Groenland. Nous devons être forts ensemble », dit-elle.
A ses côtés se tient Karin Nannberg, 81 ans, résidente de Copenhague. « C’est tellement important que tous les pays de l’OTAN soient ensemble. J’ai tellement peur que Trump crée un fossé entre l’Europe et les Etats-Unis. Ce serait tellement dangereux. Je suis d’accord avec la première ministre danoise, Mette Frederiksen, quand elle dit que si l’OTAN est cassé, tout s’arrête. J’ai vécu toute ma vie avec la “pax americana” et Trump est en train de la détruire. »
Toutes les deux disent leur « angoisse » face à la situation. « Je pense que c’est le sentiment que tous ceux qui sont réunis ici aujourd’hui partagent », confie Lillian.
Anne-Françoise Hivert ( envoyée spéciale à Copenhague (Danemark))
Choqués par les menaces du chef de la Maison Blanche pour s’emparer de l’île inuite, ses habitants doivent se rassembler, samedi, à Nuuk, la capitale, pour manifester leur colère. En quelques semaines, l’attrait exercé jusqu’ici par le rêve américain s’est évanoui.
Au Groenland, la méthode Trump a dressé la population contre les Etats-Unis
Par Isabelle Mandraud
Le rire, l’incrédulité, l’indignation, la peur. Depuis un an, l’humeur des Groenlandais a beaucoup varié en fonction des déclarations de la Maison Blanche à Washington. S’y ajoute désormais une franche colère, après que Donald Trump a répété sur tous les tons qu’il comptait bien s’emparer, de gré ou de force, de l’île inuite vaste comme quatre fois la France, mais peuplée seulement de 56 600 habitants. Il suffit pour le mesurer d’aller voir dans son atelier de Nuuk, la capitale, Kim Kleist-Eriksen, sculpteur de tupilaks, ces petits monstres vengeurs façonnés dans des défenses de morse, des os de baleine ou des bois de rennes très prisés dans l’art inuit. Sur son smartphone, il montre, sans commentaires, l’une de ses dernières créations commandées par un client local : un tupilak déchaîné muni de dents démesurées tenant d’une main la tête du président américain.
Au Danemark, des mairies, des écoles et d’autres bâtiments publics ont hissé le drapeau groenlandais
Ces derniers jours, l’Erfalasorput, le drapeau groenlandais, a fleuri devant les mairies, les écoles et d’autres bâtiments publics au Danemark, en soutien au peuple du territoire autonome, et comme un geste de résistance face aux velléités américaines. Il a aussi été hissé exceptionnellement devant le Parlement, à Copenhague, vendredi 15 janvier.
Signe de l’engouement pour le drapeau blanc et rouge, symbolisant le soleil sur la glace et la mer, ses fabricants au Danemark disent avoir vu une explosion des ventes. « Environ 90 % de toutes nos commandes en ligne cette semaine concernaient des drapeaux groenlandais. C’est une forte augmentation par rapport aux 3 à 5 % habituels », affirme Peter Osterbye, directeur général de Dahls Flagfabrik, sur le site Web de Radio IIII. Les commandes émanent de compagnies, d’administrations, mais aussi de particuliers.
Julia Stilling, qui produit des drapeaux avec sa mère au sein de la société Stilling Flag à Tollose, observe la même tendance qu’au début de la guerre en Ukraine : « Nous utilisons des drapeaux lorsque tout va bien, mais aussi lorsque tout va mal. Les drapeaux sont un moyen de montrer son soutien. Nous espérons simplement que lorsque tout cela sera terminé, nous pourrons hisser les drapeaux groenlandais de manière positive », confie-t-elle à la chaîne DR.
Depuis 2016, le drapeau groenlandais est hissé devant les administrations publiques chaque 21 juin, en l’honneur de la fête nationale groenlandaise, jour du solstice d’été.
Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
Le Groenland, autonome mais constitutif du royaume du Danemark
Avec ses 57 000 habitants répartis sur 2,2 millions de kilomètres carrés, ce qui représente la plus faible densité de population au monde, l’immense île arctique est géographiquement plus proche du continent américain que de l’Europe.
Colonisée par les Danois au XVIIIe siècle, elle se trouve à quelque 2 500 kilomètres de la puissance tutélaire, qui lui octroie toujours un cinquième de son PIB annuel, sous forme de subventions. L’autre pilier de l’économie locale est la pêche.
Autonome depuis 1979, le Groenland a son drapeau, sa langue et ses institutions, mais la justice, la politique monétaire, étrangère, de défense et de sécurité dépendent toujours de Copenhague. A partir de 2009, un nouveau statut permet au Groenland de disposer de ses ressources naturelles. Copenhague garde la main sur l’armée, la monnaie et les relations internationales de l’île.
Le Groenland s’est alors vu attribuer une autonomie et la possibilité de déclarer son indépendance via la tenue d’un référendum. La loi entrée en vigueur à l’époque prévoit que le Parlement local, Inatsisartut, peut invoquer une disposition demandant la tenue de négociations d’indépendance entre le Danemark et le Groenland – un quelconque accord doit alors être soumis au vote du Parlement danois.
Le chapitre 8 de la loi sur l’autonomie du Groenland stipule que si le peuple groenlandais décide de demander l’indépendance, des négociations doivent s’engager entre Nuuk et Copenhague pour aboutir à un accord définissant les modalités du divorce.
La question de la contribution financière, environ 4,5 milliards de couronnes (602 millions d’euros) versées chaque année par Copenhague au Groenland et qui correspond à plus d’un cinquième de son PIB, figure au cœur des discussions.
L’appétence américaine pour le territoire de glaces n’est pas nouvelle. Le Groenland appartient à la « zone d’intérêt » américaine telle que définie par la doctrine Monroe en 1823.
La majorité des habitants est actuellement favorable à l’indépendance, même si celle-ci suscite des craintes face aux ambitions territoriales de Donald Trump. Le Groenland répète ne pas être à vendre et vouloir décider seul de son avenir. Selon le dernier sondage à ce sujet, publié en janvier 2025, 85 % des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux Etats-Unis, et seuls 6 % y sont favorables.
Contrairement au Danemark, le Groenland ne fait pas partie de l’Union européenne, dont il s’est retiré en 1985, trois décennies avant le Brexit. En revanche, les Groenlandais sont bien des citoyens européens. Ses 57 000 habitants – dont plus de 19 000 dans la capitale, Nuuk – sont à plus de 90 % des Inuits.
Les Etats-Unis et le Danemark sont des alliés au sein de l’OTAN. « S’ils envahissent le Groenland, ils envahissent l’OTAN », selon Elisabet Svane, correspondante politique en chef du journal danois Politiken, citée par la BBC. « C’est là que ça s’arrête. L’article 5 devrait être déclenché. Et si un pays de l’OTAN envahit l’OTAN, il n’y a plus d’OTAN. » Une annexion du Groenland signerait l’arrêt de mort de l’Alliance atlantique, avait averti la première ministre danoise, Mette Frederiksen.
Les visées de Trump sur l’île arctique ont des effets sur les politiques danoises à l’égard de la population inuite et sur l’expression du nationalisme groenlandais, explique la géographe Marine Duc dans un entretien au « Monde ».
Pourquoi le Groenland est-il convoité ?
Territoire autonome du Danemark grand comme quatre fois la France hexagonale mais recouvert à 81 % de glace, le Groenland fascine pour ses hypothétiques ressources minières et son importance géostratégique, qui font l’objet de la convoitise persistante du président américain, Donald Trump.
Voici les principales raisons de cet intérêt :
- Secteur minier peu exploité
Depuis 2009, il revient aux Groenlandais de décider de l’usage de leurs matières premières.
Le gouvernement local, dont la pêche constitue la principale source de revenus, vante les richesses de son sous-sol, même si seules deux mines sont en activité et les productions sont limitées.
A l’heure où augmente la demande pour les métaux et les minéraux, la course aux ressources inexploitées s’accélère et le Groenland pourrait faire figure d’eldorado, en dépit d’un environnement polaire inhospitalier et d’infrastructures balbutiantes.
L’accès aux ressources minérales du Groenland est jugé crucial par les Américains, qui ont signé en 2019 un mémorandum sur la coopération dans ce secteur. Les Européens leur ont emboîté le pas quatre ans plus tard avec leur propre accord de collaboration.
Les sols groenlandais sont extrêmement bien cartographiés, ce qui a permis d’établir une carte détaillée des ressources. L’UE a ainsi identifié 25 des 34 minéraux de sa liste officielle de matières premières essentielles, y compris les terres rares.
Amaroq, qui exploite une mine d’or sur le territoire, entend ouvrir une mine de terres rares, Black Angel. Celle-ci pourrait entrer en production dès 2027 ou 2028 grâce à l’existence préalable d’infrastructures, le site ayant été en activité dans le passé.
Amaroq pourrait y extraire zinc, plomb et argent, mais aussi des éléments critiques comme le germanium, le gallium et le cadmium.
Sur la côte ouest, un gisement d’anorthosite est exploité par Lumina Sustainable Materials depuis 2019.
Avec son projet Tanbreez (tantale, niobium, REE – rare earth elements, « terres rares » –, zirconium), Critical Metals, groupe coté au Nasdaq, compte ouvrir cette année une mine de terres rares près de Qaqortoq (Sud), avec un démarrage de l’extraction à grande échelle prévu pour l’an prochain.
- Emplacement stratégique
Le Groenland est un territoire autonome où la justice, la politique monétaire, étrangère, de défense et de sécurité dépendent de Copenhague.
Sa capitale étant plus proche de New York que de Copenhague, le Groenland fait partie de la zone d’intérêt des Etats-Unis, note l’historienne Astrid Nonbo Andersen, de l’Institut danois des études internationales.
Washington détient une base militaire active dans le nord-est de l’île, à Pituffik (anciennement Thulé). Elle était utilisée en tant que poste d’alerte face à l’URSS pendant la guerre froide et reste un maillon essentiel du bouclier antimissile américain.
Pour pallier le manque de surveillance de l’espace aérien et sous-marin à l’est du Groenland, qui pourrait poser problème à mesure que la fonte des glaces libère les routes maritimes, le Danemark investit dans des patrouilleurs arctiques, des drones et veut augmenter sa surveillance aérienne et ses radars côtiers.
Situé entre l’Atlantique Nord et l’Arctique, à proximité des Etats-Unis, du Canada et de la Russie, le Groenland occupe une position géographique stratégique.
Donald Trump accuse Copenhague de ne pas bien assurer la sécurité de ce gigantesque territoire face à la Russie et à la Chine. Le Danemark, membre de l’OTAN, rejette ces affirmations : il rappelle avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique.
Des manifestations prévues au Groenland et au Danemark
- Manifestations au Groenland
Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont signalé leur volonté de participer aux rassemblements dans l’immense île arctique et au Danemark, à Copenhague, à Aarhus (centre), Aalborg (Nord) et Odense (Sud), à l’initiative de plusieurs organisations groenlandaises.
Un appel à manifester à Nuuk samedi, à 13 heures (16 heures, heure de Paris), a également été lancé pour s’opposer aux « plans illégaux des Etats-Unis de prendre le contrôle du Groenland ». Les manifestants défileront ensuite jusqu’au consulat américain, munis de drapeaux groenlandais. Sur la page Facebook de l’événement, quelque 900 personnes ont dit leur intention d’y participer, dans un territoire qui compte environ 57 000 habitants.
« L’objectif est d’envoyer un message clair et unanime en faveur du respect de la démocratie et des droits humains fondamentaux au Groenland », a expliqué Uagut, l’organisation nationale pour les Groenlandais au Danemark, sur son site.
Les organisateurs, Uagut, le mouvement citoyen « Ne touchez pas au Groenland » et Inuit – un regroupement d’associations locales groenlandaises –, veulent profiter de la présence d’une délégation du Congrès américain à Copenhague pour faire entendre leurs voix.
« Nous exigeons le respect du droit de notre pays et de notre peuple à l’autodétermination. Nous exigeons le respect du droit international et des principes juridiques internationaux. Ce n’est pas seulement notre combat, c’est un combat qui concerne le monde entier », a déclaré Avijâja Rosing-Olsen, organisatrice du mouvement.
Selon le dernier sondage sur le sujet, publié en janvier 2025, 85 % des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux Etats-Unis. Seuls 6 % y sont favorables.
- Manifestation au Danemark
La manifestation à Copenhague se déroulera entre 12 heures et 14 heures, avec un arrêt devant l’ambassade américaine vers 13 heures.
Bonjour, bienvenue dans ce live consacré au Groenland. Des manifestations sont prévues samedi dans plusieurs villes danoises et dans la capitale groenlandaise, Nuuk, afin de protester contre les ambitions territoriales de Donald Trump, qui continue d’afficher son intention de s’emparer du territoire autonome rattaché au Danemark.
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