Selon le commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (Norad), ces appareils militaires, qui doivent rejoindre la base de Pituffik, « soutiendront diverses activités prévues de longue date » sur le territoire autonome danois.

Live animé par Christophe Sales et Pierre Bouvier

Lors d’une manifestation contre les ambitions territoriales de Donald Trump, à Nuuk, le 17 janvier 2026. - OLIVIER LABAN-MATTEI/MYOP POUR « LE MONDE » Lors d’une manifestation contre les ambitions territoriales de Donald Trump, à Nuuk, le 17 janvier 2026. OLIVIER LABAN-MATTEI/MYOP POUR « LE MONDE »

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Menace sur le Groenland : des élus britanniques appellent à boycotter la Coupe du monde

L’heure étant à la surenchère, des députés de la Chambre des communes britanniques ne sont pas en reste. En réponse aux projets de Donald Trump d’annexer le Groenland, deux d’entre eux ont appelé au boycott de la Coupe du monde, rapporte le Guardian.

L’ancien ministre conservateur Simon Hoare et le député libéral-démocrate de Sutton et Cheam, Luke Taylor, ont laissé entendre que l’Angleterre et l’Ecosse, ainsi que toute autre nation britannique qui se qualifierait par les barrages, devraient se retirer du tournoi pour protester contre M. Trump.

M. Hoare a déclaré que le gouvernement devait « répondre par le feu » (« fight fire with fire ») et embarrasser le président américain. Il a également suggéré que le roi pourrait annuler sa visite d’Etat prévue aux Etats-Unis au printemps. S’exprimant à la Chambre des communes, Simon Hoare a déclaré : « Nous devons essayer de comprendre ce qui fait vibrer cet homme. Il est susceptible, il a un ego surdimensionné et il n’aime pas être embarrassé. » « La visite d’Etat doit-elle avoir lieu cette année ? Nos équipes de football doivent-elles jouer dans des stades américains pour la Coupe du monde ? Ce sont des choses qui embarrasseraient le président chez lui. Nous devons maintenant répondre par le feu. »

Luke Taylor a ajouté : « Je rejoins [M. Hoare] pour demander au gouvernement s’il envisagera d’annuler la visite du roi aux Etats-Unis, ainsi qu’un boycott de la Coupe du monde, afin de montrer à Donald Trump que la seule chose à laquelle il réagit est son propre orgueil. »

La Coupe du monde débutera le 11 juin. L’Ecosse doit disputer son premier match le 14 juin, l’Angleterre le 17 juin.

Le Norad annonce l’arrivée d’aéronefs à la base spatiale de Pituffik, au Groenland

Dans un message sur X, le commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (Norad) annonce que « des appareils du Norad arriveront prochainement à la base spatiale de Pituffik [anciennement base de Thulé], au Groenland. Aux côtés des appareils opérant à partir de bases situées aux Etats-Unis continentaux et au Canada, ils soutiendront diverses activités du Norad planifiées de longue date, s’appuyant sur la coopération de défense durable entre les Etats-Unis, le Canada, ainsi que le Royaume du Danemark ».

Dans son communiqué, Washington vise à normaliser ce déploiement, insistant sur le fait qu’il a été pleinement coordonné avec le Danemark, sans toutefois dissiper les interrogations liées à la mise en alerte de la 11e division aéroportée en Alaska.

Face à Donald Trump et aux « tyrans », Amnesty International appelle l’Europe à résister et à défendre l’ordre mondial d’après-guerre

L’Europe doit cesser de vouloir « apaiser » le président américain, Donald Trump, mais lui résister, ainsi qu’aux autres « tyrans » déterminés à détruire l’ordre fondé sur des règles mises en place après la seconde guerre mondiale, a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, dans un entretien avec l’Agence France-Presse (AFP) en marge du Forum économique mondial, à Davos. Selon elle, « nous avons besoin de beaucoup plus de résistance » car « la crédibilité de l’Europe est en jeu ».

Mme Callamard exhorte les gouvernements à faire preuve de davantage de « courage » et à savoir « dire non » : « Qu’ils arrêtent de croire qu’on peut négocier avec des tyrans, qu’ils cessent de penser qu’on peut accepter les règles des prédateurs sans devenir soi-même leur victime. Ça doit cesser. »

« Nous traversons une phase de destruction de l’ordre fondé sur des règles », dénonce-t-elle, déplorant qu’il y ait des « superpuissances » mondiales et régionales qui semblent « déterminées à détruire ce qui a été établi » après la seconde guerre mondiale.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, il y a un an, celui-ci a pris « toute une série de décisions qui ont conduit à l’effondrement de nombreuses règles dans le monde », tandis que la Russie détruisait le système en « agressant l’Ukraine », a-t-elle déclaré.

Depuis un an, la politique suivie par les dirigeants européens a été celle de « l’apaisement », selon elle. « Nous avons cherché à apaiser le tyran, le prédateur qui vit à Washington, DC. Où cela nous a-t-il menés ? A toujours plus d’attaques. A toujours plus de menaces », a-t-elle jugé.

Rappelant que le projet européen n’est pas qu’économique mais porte aussi sur des valeurs et le respect de l’Etat de droit, Mme Callamard dit espérer que les dirigeants européens « verront dans les défis actuels un moyen de réaffirmer le projet européen ». « Cela exige de cesser la politique d’apaisement » qui « ne fonctionne tout simplement pas », affirme-t-elle, appelant les Européens à « résister ».

Ursula von der Leyen dit avoir averti une délégation du Congrès américain de la « nécessité de respecter la souveraineté du Groenland »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dit avoir insisté sur « la nécessité de respecter sans équivoque » la souveraineté du Groenland et du Danemark au cours d’une rencontre, lundi, avec une délégation bipartite du Congrès américain au Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

« C’est d’une importance capitale pour notre relation transatlantique. Dans le même temps, l’Union européenne reste prête à continuer de travailler étroitement avec les Etats-Unis, l’OTAN et d’autres alliés, en étroite coopération avec le Danemark, afin d’avancer sur nos intérêts communs en matière de sécurité », a-t-elle déclaré sur les réseaux sociaux.

« Les droits de douane vont à l’encontre [des] intérêts communs » de l’Union européenne et des Etats-Unis, a ajouté Mme von der Leyen, après que le président américain, Donald Trump, a menacé d’imposer des droits de douane à huit pays européens s’ils continuaient à s’opposer à sa volonté d’annexer le Groenland.

Le point sur la situation, lundi 19 janvier à 21 heures

  • Arrivée de militaires danois au Groenland. Un avion de la compagnie Atlantic Airways transportant des militaires danois a atterri, lundi soir, à Nuuk, la capitale du Groenland, rapportent la chaîne danoise DR et la chaîne publique TV 2.
  • Copenhague et Nuuk proposent d’envoyer une mission de l’OTAN au Groenland. Mark Rutte, le secrétaire général de l’Alliance atlantique, n’a pas fait de déclaration, se contentant, dans un message sur X, de généralités sur la coopération, sans aborder les menaces de Donald Trump.
  • L’Union européenne serait malavisée de prendre des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis, menace le secrétaire au Trésor américain.
  • « L’Europe dispose d’un éventail d’outils pour protéger ses intérêts », rappelle Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne.
  • Donald Trump reste évasif sur l’éventuel usage de la force pour annexer le Groenland et conseille aux Européens de se concentrer sur l’Ukraine.
  • Venezuela, le Groenland et l’Ukraine : trois cardinaux catholiques américains estiment que le rôle moral des Etats-Unis est remis en question.
  • Le chancelier allemand veut « essayer » de voir Donald Trump mercredi, à Davos, en Suisse, affirmant vouloir « éviter autant que possible toute escalade » douanière. Selon Friedrich Merz, les surtaxes douanières de Trump nuiront autant aux Américains qu’aux Européens.
  • Les Etats-Unis ont « un besoin vital de l’Europe », selon le chef de la diplomatie française.
  • La France invite les ministres des finances du G7 à aborder, mercredi, les tensions autour du Groenland et le soutien à l’Ukraine en guerre, a annoncé le ministère des finances français.

Sur Le Monde aujourd’hui

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Trois cardinaux catholiques américains estiment que le rôle moral des Etats-Unis est remis en question

Dans une déclaration commune, les cardinaux Blase Cupich (Chicago), Robert McElroy (Washington) et Joseph Tobin (Newark) ont averti que, sans vision morale, le débat actuel sur la politique étrangère de Washington s’enlisait dans « la polarisation, l’esprit partisan et les intérêts économiques et sociaux étroits ».

Les trois prélats citent spécifiquement le Venezuela, le Groenland et l’Ukraine dans leur communiqué – affirmant que ces dossiers « soulèvent des questions fondamentales sur l’usage de la force militaire et le sens de la paix » – tout en dénonçant les réductions de l’aide internationale lancées l’an dernier par l’administration Trump. « Le droit souverain des nations à l’autodétermination apparaît bien trop fragile dans un monde en proie à des conflits toujours plus graves. L’équilibre entre l’intérêt national et le bien commun est désormais défini en des termes d’une polarisation extrême. Le rôle moral de notre pays face au mal dans le monde, la défense du droit à la vie et à la dignité humaine, ainsi que le soutien à la liberté religieuse sont tous remis en question. »

« Nous renonçons à la guerre en tant qu’instrument d’intérêts nationaux restreints et proclamons que l’action militaire ne doit être considérée que comme un dernier recours dans des situations extrêmes, et non comme un instrument normal de la politique nationale », ont-ils écrit.

« Nous prônons une politique étrangère qui respecte et fait progresser le droit à la vie humaine, la liberté religieuse et le renforcement de la dignité humaine à travers le monde, notamment par le biais de l’assistance économique. »

Arrivée de militaires danois au Groenland

Un avion de la compagnie Atlantic Airways transportant des militaires danois a atterri lundi soir à Nuuk, la capitale du Groenland, rapportent la chaîne danoise DR et la chaîne publique TV 2.

Dans la journée, l’armée danoise avait annoncé à la chaîne DR que des troupes de combat étaient en route pour le Groenland, décrivant ce déploiement comme une « contribution substantielle ». Ces troupes sont accompagnées du chef de l’armée de terre, Peter Boysen.

Depuis mercredi dernier et l’annonce d’un renforcement de la présence militaire, des soldats du Danemark ainsi que de plusieurs alliés européens de l’OTAN affluent vers le Groenland. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre de l’exercice « Arctic Endurance ».

Le général de division Soren Andersen, chef du Commandement Arctique et coordinateur de l’exercice, avait déclaré samedi à la radio-télévision groenlandaise KNR qu’au moins 100 soldats sont stationnés à Nuuk et 100 autres à Kangerlussuaq.

« L’Europe dispose d’un éventail d’outils pour protéger ses intérêts », rappelle Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne

En réponse aux menaces de Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland ou d’imposer des droits de douane pour parvenir à ses fins, Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, a déclaré dans un message publié sur X, lundi, que l’Europe resterait ferme : « La sécurité de l’Arctique est un intérêt transatlantique commun, et c’est un sujet que nous pouvons aborder avec nos alliés américains. Mais les menaces de droits de douane ne sont pas la bonne méthode. La souveraineté n’est pas négociable. Nous n’avons aucun intérêt à chercher l’affrontement, mais nous resterons fermes. L’Europe dispose d’un éventail d’outils pour protéger ses intérêts. »

cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas (Gauche), la ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vivian Motzfeldt (Droite) ainsi que ministre danois de la défense, Troels Lund Poulsen, au siège de l’UE, à Bruxelles, le 19 janvier 2026. cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas (Gauche), la ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vivian Motzfeldt (Droite) ainsi que ministre danois de la défense, Troels Lund Poulsen, au siège de l’UE, à Bruxelles, le 19 janvier 2026.

La prudence du secrétaire général de l’OTAN après sa rencontre les ministres danois et groenlandais

Troels Lund Poulsen, le ministre de la défense danois, et Vivian Motzfeldt, la ministre des affaires étrangères du Groenland, ont rencontré Mark Rutte, le secrétaire général de l’Alliance atlantique. Ce dernier n’a pas fait de déclaration, se contentant, dans un message sur X, de généralités sur la coopération, sans aborder les menaces de Donald Trump :

Le ministre danois de la défense, Troels Lund Poulsen (à gauche), et la ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vivian Motzfeldt, au siège de l’OTAN à Bruxelles, le 19 janvier 2026. Le ministre danois de la défense, Troels Lund Poulsen (à gauche), et la ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vivian Motzfeldt, au siège de l’OTAN à Bruxelles, le 19 janvier 2026.

« Je viens de rencontrer [Troels Lund Poulsen] et (…) Vivian Motzfeldt. Nous avons discuté de l’importance cruciale de l’Arctique — y compris du Groenland — pour notre sécurité collective, et de la manière dont [le Danemark] renforce ses investissements dans des capacités-clés. Nous continuerons à travailler ensemble, en tant qu’alliés, sur ces questions importantes. »

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Copenhague et Nuuk proposent d’envoyer une mission de l’OTAN au Groenland

Le Danemark et le Groenland ont proposé la création d’une mission de surveillance de l’OTAN au Groenland, a déclaré lundi le ministre de la défense danois à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte.

« Nous l’avons proposée, le secrétaire général en a également pris note, et je pense que nous pouvons maintenant, espérons-le, obtenir un cadre définissant comment cela peut se concrétiser », a dit Troels Lund Poulsen, en présence de Vivian Motzfeldt, la ministre des affaires étrangères du Groenland, à la télévision danoise.

Bonjour,

En effet, le Pentagone a ordonné à quelque 1 500 soldats d’active d’être prêts à se déployer dans le Minnesota, où les autorités fédérales mènent une vaste opération d’application de la loi sur l’immigration, ont déclaré dimanche deux responsables de la défense américains, cités par l’agence Associated Press ou le Washington Post.

Les militaires concernés appartiennent à deux bataillons d’infanterie de la 11th Airborne Division de l’armée américaine, une unité basée en Alaska réputée pour ses capacités à opérer dans des conditions arctiques rigoureuses. Ces troupes ont reçu des ordres de préparation au déploiement (« prepare-to-deploy »), a précisé l’un des responsables sous couvert d’anonymat, soulignant qu’elles pourraient être envoyées dans le Midwest si le président Donald Trump invoque l’Insurrection Act, une loi rarement utilisée du début du 19ᵉ siècle qui permettrait d’employer des soldats d’active comme force de police sur le sol américain.

L’information a été relayée et interprétée entre autres par Malcolm Nance, un analyste américain de la sécurité nationale, ancien officier du renseignement de la marine américaine, écrivain et commentateur médiatique, connu pour ses positions très critiques à l’égard de Donald Trump et de la Russie de Vladimir Poutine.

Dans un message sur X, lundi, il affirme qu’« il s’agit d’une très mauvaise tentative de déception stratégique [désinformation militaire]. J’ai prévenu à plusieurs reprises cette année que la mise en alerte de cette unité spécifique pour un déploiement est un indicateur sans équivoque et avec un haut niveau de confiance d’une invasion du Groenland. »

L’Union européenne serait malavisée de prendre des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis, menace le secrétaire au Trésor américain

Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, à Davos, le 19 janvier 2026. Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, à Davos, le 19 janvier 2026.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, ‍a mis ​en garde lundi les Européens contre toute mesure de rétorsion ⁠envers les Etats-Unis dans la confrontation qui les ​oppose sur le ‍sort du Groenland. « Je pense que ce ​serait très ‍malavisé », a-t-il déclaré ​à ‌des journalistes qui l’interrogeaient à ​ce sujet en ‌marge du Forum de Davos. « Je pense que tout le monde doit le prendre [le président Trump] au mot », a-t-il souligné, évoquant la menace de surtaxes douanières brandie par le chef de ‌la Maison ​Blanche.

« Le président [Trump] voit le Groenland comme un actif stratégique pour les Etats-Unis. Nous n’allons pas sous-traiter à quelqu’un d’autre la sécurité dans notre hémisphère », a encore dit Scott Bessent.

Donald Trump reste évasif sur l’éventuel usage de la force pour annexer le Groenland, et conseille aux Européens de se concentrer sur l’Ukraine

Lors d’un bref entretien téléphonique avec la chaîne NBC News, le président américain a refusé de dire s’il excluait la possibilité de s’emparer du Groenland par la force. « Pas de commentaire », a-t-il déclaré au média.

Par ailleurs, il a de nouveau exprimé sa frustration à l’égard de la Norvège concernant le prix Nobel de la paix, affirmant que « la Norvège le contrôle totalement, malgré ce qu’ils disent. Ils aiment dire qu’ils n’y sont pour rien, mais ils ont tout à voir avec cela », a-t-il ajouté.

Trump a également fait part de son agacement face aux dirigeants européens qui se préoccupent du Groenland : « L’Europe devrait se concentrer sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine, car, franchement, on voit bien où cela les a menés. C’est sur cela que l’Europe devrait se concentrer, pas sur le Groenland. »

Le silence embarrassé des alliés européens de Donald Trump sur le Groenland

Les dirigeants d’Europe centrale connus pour leur admiration pour Donald Trump se font très discrets sur ses menaces contre le Groenland et les réponses de l’Union européenne. Lundi, le premier ministre tchèque, Andrej Babis, a refusé de soutenir explicitement la souveraineté du Danemark sur ce territoire. « Les Etats-Unis sont le chef de file de l’OTAN et nous privilégions nettement un accord au sein de l’Alliance atlantique, les déclarations ne servent à rien », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à Prague. Face aux critiques suscitées par ses déclarations, il a fini par affirmer sur X qu’il « ne fait aucun doute » que « le Groenland est un territoire danois » mais « que (…) le dialogue [est privilégié par rapport] aux déclarations ».

A Budapest, le gouvernement de Viktor Orban garde un silence total et inhabituel depuis samedi et les menaces de représailles tarifaires de Donald Trump. Au début de janvier, lors de sa conférence de presse annuelle, M.Orban avait estimé que le sujet du Groenland « devait être réglé au sein de l’OTAN », mais sans jamais critiquer les menaces américaines.

De son côté, la Slovaquie a affirmé dimanche qu’elle « considère le Groenland comme faisant partie du Danemark » et « rejette les guerres tarifaires », tout en appelant « à s’asseoir à la table des négociations plutôt que de faire des déclarations fracassantes ». Le premier ministre slovaque, Robert Fico, était justement avec Donald Trump à Mar-a-Lago samedi quelques heures après ses menaces contre huit pays européens, mais il n’a apparemment pas discuté avec le président américain du Groenland. En revanche, il a estimé qu’ils avaient eu « un accord complet pour considérer l’UE comme une institution en crise profonde ».   

Jean-Baptiste Chastand (Vienne, correspondant régional)

Le sujet du Groenland sera abordé mercredi par les ministres des finances du G7

La France invite les ministres des finances du G7 à aborder, mercredi, les tensions autour du Groenland et le soutien à l’Ukraine en guerre, a indiqué le ministère français à l’Agence France-Presse (AFP) lundi. « Le ministre a convoqué le premier G7 Finances [de la présidence française en 2026] et a invité l’ensemble de ses homologues mercredi en visioconférence », a annoncé le ministère de l’économie, ajoutant avoir mis à l’ordre du jour « les priorités de la présidence française du G7 », « le soutien à l’Ukraine » et « le sujet Groenland ».

Les Etats-Unis ont « un besoin vital de l’Europe », selon le chef de la diplomatie française

« Si certains semblent aujourd’hui l’oublier, rappelons que les Etats-Unis ont un besoin vital de l’Europe », a déclaré lundi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, dans un discours devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques. Le ministre français a exhorté les Européens à dire « non aux Etats-Unis quand ils touchent à ce que l’Europe a de plus intimes : sa démocratie, ses frontières ».

« Les grandes entreprises du numérique réalisent un quart de leur chiffre d’affaires et sans doute la moitié de leurs profits en Europe », a-t-il argué. « Les pays de la zone euro détiennent 3 000 milliards d’euros d’actifs de plus que les Américains n’en détiennent en Europe », a-t-il ajouté, en affirmant : « Personne ne sort jamais gagnant d’une guerre commerciale. »

De plus, les Européens disposent « d’instruments très puissants » pour se défendre contre toute atteinte à leurs intérêts essentiels, « qui [leur] permettent de restreindre l’accès au marché européen et refermer [leurs] marchés publics », a-t-il poursuivi. Et de mettre en garde : « On aurait tort de l’oublier. »

Bonjour,

Merci pour vos questions.
Si les pays visés par les menaces de surtaxes douanières de Donald Trump font bloc, il faut en effet souligner l’hétérogénéité politique des Etats membres, Giorgia Meloni en Italie et Viktor Orban en Hongrie entretenant une certaine proximité idéologique avec Donald Trump.

La première ministre italienne a affirmé dimanche que la menace brandie par Donald Trump était une « erreur » et qu’elle ne partageait « évidemment pas » cette position. « J’ai parlé à Donald Trump et je lui ai dit ce que je pensais », a déclaré Giorgia Meloni à des journalistes lors d’un déplacement à Séoul, se positionnant en médiatrice entre l’Europe et le président américain : « Nous devons reprendre le dialogue, éviter une escalade, et c’est ce à quoi je travaille. »

Dans le même temps, elle a déclaré qu’elle comprenait l’importance stratégique du territoire, arguant qu’il devait être protégé des menaces russes et chinoises. « Je suis d’accord avec l’attention que porte l’administration américaine au Groenland et à l’Arctique en général », a-t-elle déclaré, suggérant que les Etats-Unis avaient peut-être mal interprété la décision européenne d’envoyer des troupes sur l’île arctique : « Il semble clairement qu’il y ait eu un problème de compréhension et de communication » ; les mouvements de troupes européens doivent être considérés sous cet angle, non comme « une initiative contre les Etats-Unis, mais plutôt contre d’autres acteurs », a-t-elle soutenu.

Quant au premier ministre hongrois, Viktor Orban, il avait déclaré au début de janvier lors d’une conférence de presse que le sujet du Groenland était directement lié à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et que, par conséquent, la question devait être traitée en interne.

Bonjour Charlotte,

L’outil anticoercition sur lequel le président français, Emmanuel Macron, souhaite s’appuyer face aux menaces de surtaxes douanières de Donald Trump est un outil commercial puissant dont le bloc s’est doté en 2023. Mais il n’a, jusqu’à présent, jamais été utilisé. Pensé comme un instrument de dissuasion, il vise à répondre à tout pays qui utiliserait des armes commerciales pour faire pression sur l’un des 27 Etats membres de l’Union européenne (UE). Il permet en particulier de limiter les importations provenant d’un pays, ou son accès à certains marchés publics, et de bloquer certains investissements.

En 2023, son utilisation avait été envisagée dans le conflit qui opposait la Lituanie à la Chine. Le possible recours à cet instrument a été soulevé au printemps 2025 pour répondre aux droits de douane annoncés par Donald Trump. Mais les Vingt-Sept n’étaient pas passés à l’acte, au grand dam de certains eurodéputés et analystes qui avaient mis en garde contre le faible effet dissuasif d’une mesure si elle n’est jamais appliquée. Les menaces proférées samedi par le président américain en lien avec le Groenland ont redonné vigueur à ce débat.

Les bourses européennes, bousculées par les menaces douanières américaines, toujours dans le rouge à la mi-journée

Les marchés boursiers européens sont dans le rouge lundi, accusant le coup des menaces de droits de douane de Donald Trump contre plusieurs pays du Vieux Continent qui s’opposent à sa volonté d’annexer le Groenland. A la mi-séance, vers 14 h 30, Paris perdait 1,40 %, Francfort 1,10 % et Milan 1,23 %. Seule Londres limitait ses pertes à 0,36 %.

Le chancelier Merz veut « essayer » de voir Trump mercredi

Le chancelier allemand a déclaré lundi qu’il « va essayer de rencontrer le président Trump mercredi » à Davos, en Suisse, affirmant vouloir « éviter autant que possible toute escalade » douanière. « Nous voulons simplement essayer de résoudre ce problème ensemble, et le gouvernement américain sait que nous pourrions également réagir de notre côté », a déclaré Friedrich Merz, qui doit participer cette semaine, comme Donald Trump, à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos.

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