Friedrich Merz a affirmé vouloir « éviter autant que possible toute escalade » douanière. A la suite des menaces américaines, les pays européens s’organisent. En France, Emmanuel Macron réunit un conseil de défense sur la situation internationale.
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Les Etats-Unis ont « un besoin vital de l’Europe », selon le chef de la diplomatie française
« Si certains semblent aujourd’hui l’oublier, rappelons que les Etats-Unis ont un besoin vital de l’Europe », a déclaré lundi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, dans un discours devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques. Le ministre français a exhorté les Européens à dire « non aux Etats-Unis quand ils touchent à ce que l’Europe a de plus intimes : sa démocratie, ses frontières ».
« Les grandes entreprises du numérique réalisent un quart de leur chiffre d’affaires et sans doute la moitié de leurs profits en Europe », a-t-il argué. « Les pays de la zone euro détiennent 3000 milliards d’euros d’actifs de plus que les Américains n’en détiennent en Europe », a-t-il ajouté, en affirmant : « Personne ne sort jamais gagnant d’une guerre commerciale. »
De plus, les Européens disposent « d’instruments très puissants » pour se défendre contre toute atteinte à ses intérêts essentiels, « qui nous permettent de restreindre l’accès au marché européen et refermer nos marchés publics », a-t-il poursuivi. Et de mettre en garde : « On aurait tort de l’oublier ».
Bonjour,
Merci pour votre question. Si les pays visés par les menaces de surtaxes douanières de Donald Trump font bloc, il faut en effet souligner l’hétérogénéité politique des États membres, Giorgia Meloni en Italie et Viktor Orbán en Hongrie entretenant une certaine proximité idéologique avec Donald Trump.
La première ministre italienne a affirmé dimanche que la menace brandie par Donald Trump était une « erreur » et qu’elle ne partageait « évidemment pas » cette position. « J’ai parlé à Donald Trump et je lui ai dit ce que je pensais », a déclaré Giorgia Meloni à des journalistes lors d’un déplacement à Séoul, se positionnant en médiatrice entre l’Europe et le président américain : « Nous devons reprendre le dialogue, éviter une escalade, et c’est ce à quoi je travaille. »
Dans le même temps, elle a déclaré qu’elle comprenait l’importance stratégique du territoire, arguant qu’il devait être protégé des menaces russes et chinoises. « Je suis d’accord avec l’attention que porte l’administration américaine au Groenland et à l’Arctique en général », a-t-elle déclaré, suggérant que les États-Unis avaient peut-être mal interprété la décision européenne d’envoyer des troupes sur l’île arctique : « Il semble clairement qu’il y ait eu un problème de compréhension et de communication » ; les mouvements de troupes européens doivent être considérés sous cet angle, non comme « une initiative contre les États-Unis, mais plutôt contre d’autres acteurs », a-t-elle soutenu.
Quant au premier ministre hongrois, Viktor Orban, il avait déclaré début janvier lors d’une conférence de presse que le sujet du Groenland était directement lié à l’OTAN et que, par conséquent, la question devait être traitée en interne.
Bonjour Charlotte,
L’outil anticoercition sur lequel le président français, Emmanuel Macron, souhaite s’appuyer face aux menaces de surtaxes douanières de Donald Trump est un outil commercial puissant dont le bloc s’est doté en 2023. Mais il n’a, jusqu’à présent, jamais été utilisé. Pensé comme un instrument de dissuasion, il vise à répondre à tout pays qui utiliserait des armes commerciales pour faire pression sur l’un des 27 Etats membres de l’Union européenne (UE). Il permet en particulier de limiter les importations provenant d’un pays, ou son accès à certains marchés publics, et de bloquer certains investissements.
En 2023, son utilisation avait été envisagée dans le conflit qui opposait la Lituanie à la Chine. Le possible recours à cet instrument a été soulevé au printemps 2025 pour répondre aux droits de douane annoncés par Donald Trump. Mais les Vingt-Sept n’étaient pas passés à l’acte, au grand dam de certains eurodéputés et analystes qui avaient mis en garde contre le faible effet dissuasif d’une mesure si elle n’est jamais appliquée. Les menaces proférées samedi par le président américain en lien avec le Groenland ont redonné vigueur à ce débat.
Les bourses européennes, bousculées par les menaces douanières américaines, toujours dans le rouge à la mi-journée
Les marchés boursiers européens sont dans le rouge lundi, accusant le coup des menaces de droits de douane de Donald Trump contre plusieurs pays du Vieux Continent qui s’opposent à sa volonté d’annexer le Groenland. A la mi-séance, vers 14 h 30, Paris perdait 1,40 %, Francfort 1,10 % et Milan 1,23 %. Seule Londres limitait ses pertes à 0,36 %.
Le chancelier Merz veut « essayer » de voir Trump mercredi
Le chancelier allemand a déclaré lundi qu’il « va essayer de rencontrer le président Trump mercredi » à Davos, en Suisse, affirmant vouloir « éviter autant que possible toute escalade » douanière. « Nous voulons simplement essayer de résoudre ce problème ensemble, et le gouvernement américain sait que nous pourrions également réagir de notre côté », a déclaré Friedrich Merz, qui doit participer cette semaine, comme Donald Trump, à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos.
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Les surtaxes douanières de Trump nuiront autant aux Américains qu’aux Européens, met en garde le chancelier allemand
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a mis en garde, lundi, contre les menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump, affirmant qu’elles nuiront autant aux Américains qu’aux Européens. « En règle générale, ce sont ceux [vivant] dans les pays auxquels les importations sont destinées qui paient les droits de douane. Dans ce cas, ce seraient les consommateurs américains qui paieraient les droits de douane, mais ceux-ci nuiraient bien sûr aussi à notre économie, à l’économie européenne, et en particulier à l’économie allemande », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Berlin, disant espérer vouloir éviter « l’escalade ».
Le point sur la situation, lundi 19 janvier à 14 heures
- Les dirigeants européens se réuniront jeudi soir en sommet extraordinaire, a annoncé, lundi, une porte-parole du Conseil, alors que les Etats-Unis menacent de droits de douane renforcés les pays européens – dont la France – qui s’opposent à leur projet de conquérir le territoire autonome danois.
- Face à ces menaces, les Européens s’employaient, lundi, à forger leur riposte. Parmi les contre-mesures envisagées figure le gel de l’accord douanier américano-européen conclu à l’été 2025, ou encore l’entrée en vigueur de droits de douane sur des produits américains d’une valeur de 93 milliards d’euros. Le président français a demandé pour sa part l’activation de l’instrument « anticoercition » de l’UE en cas de nouveaux droits de douane américains, outil puissant adopté en 2023 et jamais utilisé.
- La Commission européenne a prôné lundi le « dialogue » plutôt que « l’escalade », a affirmé, le même jour, un porte-parole de l’exécutif européen, Olof Gill, même si l’Union européenne dispose d’« outils » et est « prête à réagir » si le président américain venait à mettre ces menaces commerciales à exécution.
- Le premier ministre britannique, Keir Starmer, s’est dit déterminé, lundi, à « travailler avec nos alliés en Europe et avec les Etats-Unis » et à « maintenir le dialogue », soulignant qu’une guerre commerciale n’était « dans l’intérêt de personne ».
- Les Européens doivent réagir vite et bien face aux menaces américaines contre le Groenland, a déclaré, lundi, le ministre de l’économie français, Roland Lescure, précisant que le G7 Finances allait discuter de ce sujet lors d’une réunion « dans les jours qui viennent ». De son côté, son homologue allemand, Lars Klingbeil, a déclaré que les Européens « ne céderont pas au chantage ». « L’Europe donnera une réponse claire et unanime », a-t-il assuré.
- En France, Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de sécurité et de défense nationale sur les questions internationales, lundi midi. La réunion devait être consacrée au Groenland, à l’Iran et à la Syrie.
- Le gouvernement français organise, lundi, un débat sans vote au Parlement sur le rôle de la France dans les crises internationales. L’Assemblée nationale, à 17 heures, puis le Sénat, à 21 h 30, seront saisis de ces sujets au titre de l’article 50-1 de la Constitution. Après avoir écouté une déclaration du gouvernement, les parlementaires débattront à tour de rôle.
- Dans une lettre destinée au premier ministre norvégien, Donald Trump a déclaré qu’il ne se sentait plus obligé « de penser uniquement à la paix », puisqu’il n’a pas reçu le prix Nobel de la paix. Le président américain a ouvertement fait campagne pour ce prix, qui a été décerné en 2025 à la vénézuélienne Maria Corina Machado.
📷 Les forces de défense danoises déployées sur l’île dans le cadre de l’opération « Arctic Endurance »
Depuis le 15 janvier, des soldats danois, renforcés par des militaires de plusieurs pays européens – parmi lesquels cinq Français –, ont rejoint la mission « Arctic Endurance » au Groenland, une opération interalliée décidée en urgence par le Royaume du Danemark.
Le patrouilleur HDMS « Vaedderen » de la marine danoise appareille au large de Nuuk, au Groenland, le 18 janvier 2026.
Cette image, diffusée le 16 janvier 2025 par les forces de défense danoises, montre deux avions de chasse F-35 danois ravitaillés en vol par un Airbus A330 de l’armée de l’air française, au-dessus du Groenland.
Une photo diffusée le 18 janvier 2025 par les forces de défense danoises montre des soldats danois lors d’un exercice de tir, au Groenland. Les menaces de Donald Trump sur les surtaxes douanières « ne changent pas » la position du Groenland, affirme son premier ministre
Les menaces de surtaxes douanières agitées par Donald Trump ne changent pas la position du Groenland, soucieux de son droit à l’autodétermination face aux visées américaines, a affirmé lundi le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.
Dans un message posté sur Facebook, M. Nielsen dit se féliciter du soutien de pays étrangers, vu « non pas comme une ingérence, mais comme une reconnaissance claire du fait que le Groenland est une société démocratique, avec le droit de prendre seul ses propres décisions ». « Les récentes déclarations des Etats-Unis, y compris les menaces de droits de douane, ne changent rien à cette ligne. Nous ne nous laisserons pas mettre sous pression », assure-t-il.
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Un sommet extraordinaire des dirigeants européens prévu pour jeudi soir
Les dirigeants européens se réuniront jeudi soir en sommet extraordinaire afin d’évoquer les menaces répétées de Donald Trump concernant le Groenland et les droits de douane, a annoncé une porte-parole du Conseil.
Le sommet en question, prévu à Bruxelles à partir de 19 heures, portera sur « les relations transatlantiques », a précisé lundi la porte-parole de cette instance, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’Union européenne.
Bonjour, et merci pour vos questions.
Il ressort de plusieurs sondages d’opinion qu’outre-Atlantique, le soutien à une annexion du Groenland par les Etats-Unis demeure faible. Les Américains s’opposent majoritairement à l’achat du Groenland, t massivement à une prise de contrôle du territoire autonome danois par la force militaire.
On peut notamment citer un récent sondage CBS-YouGov selon lequel 86 % des Américains – dont 70 % chez les républicains – sont hostiles à l’usage de la force pour prendre le contrôle de l’île inuite, tandis que 70 % s’opposent à l’idée d’un rachat. Nous vous invitons à lire cet article de l’institut d’études YouGov sur ce sujet. Un sondage Reuters-Ipsos publié la semaine dernière révélait que seulement 17 % des Américains approuvaient les efforts de Donald Trump pour acquérir le Groenland.
Dans un entretien au Monde, l’historienne Maya Kandel, spécialiste de la politique étrangère américaine, explique que, si l’opération au Venezuela est approuvée par le mouvement MAGA (Make America Great Again) – les MAGA voyant les Amériques comme une extension de leur territoire, « leur hémisphère », leur sphère d’influence –, le dossier du Groenland est, en revanche, considéré comme une « lubie », une « obsession » personnelle du président, y compris chez les trumpistes de l’administration.
La chercheuse ajoute que les interventions extérieures américaines risquent de fragiliser la base MAGA du président Trump, élu sur une promesse isolationniste et le slogan « no more wars ». Différents sondages montrent des Américains avant tout préoccupés par l’inflation et le coût de la vie. C’est sur ces sujets qu’ils vont voter lors des élections de mi-mandat, en novembre.
L’Union européenne prône le « dialogue » plutôt que « l’escalade » face à Trump
La Commission européenne a prôné lundi le « dialogue » plutôt que « l’escalade » face aux menaces répétées de Donald Trump sur le Groenland et les droits de douane. L’Union européenne dispose toutefois d’« outils » et est « prête à réagir », si le président américain venait à mettre ces menaces commerciales à exécution, a affirmé un porte-parole de l’exécutif européen, Olof Gill.
La mission militaire au Groenland en coopération avec des Européens est une « mission de longue durée »
Dans un entretien au Monde, le général de division Soren Andersen, commandant des forces danoises au Groenland, annonce qu’après la phase de « reconnaissance » les exercices se prolongeront « pendant un an, peut-être deux », avec « des capacités différentes » et la venue de « forces spéciales ».
Au Groenland, la mission militaire en coopération avec des Européens se poursuivra « pendant un an, peut-être deux »
Par Isabelle Mandraud
Une activité inhabituelle règne au siège de l’Arktisk Kommando, le commandement arctique interarmées des forces danoises, à Nuuk, la capitale du Groenland. Depuis le 13 janvier, face aux menaces réitérées de Donald Trump de prendre le contrôle de l’île inuite, des soldats allemands, danois, français, norvégiens, suédois ou britanniques, y ont été amenés depuis l’aéroport afin d’assister à des briefings, chargés, pour certains, de lourds paquetages. Il s’agit pour la plupart de toutes petites équipes venues pour de courts séjours – les Allemands ont quitté le Groenland après quarante-huit heures. Mais les tensions avec les Etats-Unis ne cessent de s’accroître. Et Donald Trump menace désormais de relever les droits de douane pour huit pays européens qui ont dépêché au Groenland des militaires.
Emmanuel Macron réunit un conseil de défense sur la situation internationale
Le président français va réunir lundi à midi un conseil de défense et de sécurité nationale sur la situation internationale, a annoncé l’Eysée. Le chef de l’Etat, les chefs militaires et les ministres concernés vont notamment aborder la question du Groenland, alors que les Etats-Unis menacent de droits de douane renforcés les pays européens, dont la France, qui s’opposent à leur projet de conquérir ce territoire autonome danois. Ils vont aussi parler de la Syrie et de l’Iran.
Pour la Russie, Donald Trump entrerait dans l’histoire pour avoir annexé le Groenland
Si les Etats-Unis prenaient le contrôle du Groenland, le président américain « entrerait dans l’histoire mondiale », a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lundi matin, au cours de sa conférence de presse quotidienne. M. Peskov a précisé qu’il ne cherchait pas à savoir si une telle mesure était bonne ou mauvaise, mais qu’il constatait simplement un fait.
Berlin annonce des « contre-mesures » de la part des Européens face au « chantage » de Donald Trump
« Nous ne céderons pas au chantage. L’Europe donnera une réponse claire et unanime », a assuré lundi le ministre de l’économie allemand, Lars Klingbeil, lors d’une conférence de presse avec son homologue français, Roland Lescure. Evoquant des « contre-mesures concertées » en préparation, M. Klingbeil a évoqué le gel de l’accord douanier américano-européen, ou encore l’entrée en vigueur de taxes sur des produits américains importés et gelés jusqu’au 6 février.
Il a aussi évoqué la « boîte à outils » de l’Union européenne (UE) pour répondre « au chantage économique », une référence à l’instrument anticoercition qui permet en particulier de limiter les importations provenant d’un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements.
De son côté, M. Lescure a dit espérer que cette « arme de dissuasion » fonctionnera, et qu’« on en restera là ». L’Europe doit « affirmer [sa] puissance », tout en essayant de faire « baisser la pression », a-t-il défendu. « Mais malheureusement, il est possible que l’on puisse être amené à prendre des décisions qui ne feront du bien à personne », a relevé le ministre français, annonçant une réunion ministérielle prochaine du G7 pour parler notamment de la crise concernant le Groenland.
L’Union européenne a les « outils » pour « que le chantage cesse », assure le commissaire européen Stéphane Séjourné
L’Union européenne (UE) dispose des « outils » pour dissuader Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays s’opposant à une annexion du Groenland par les Etats-Unis, a assuré lundi sur France Inter le commissaire européen Stéphane Séjourné, pour qui « le Groenland ne sera jamais américain ». « Il faut que le chantage cesse, et je pense que l’administration américaine fait une erreur importante, c’est de tester les Européens sur deux principes fondamentaux de la construction européenne, qui sont l’autodétermination des peuples et la souveraineté territoriale des Etats membres de l’UE, a-t-il déclaré. Si nous n’affirmons pas cela, c’est la course, et je ne sais pas où s’arrêtera ce désir de puissance et d’annexion du Groenland. »
Face aux menaces américaines, « nous avons les outils à notre disposition, et on doit s’en servir », a défendu le commissaire européen chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle, mettant en avant le « besoin d’unité » des Européens. « Nous sommes au stade de la menace du côté américain, nous devons être au stade également de la menace au niveau européen », a-t-il ajouté, rappelant que l’instrument anticoercition de l’UE, que le président Emmanuel Macron souhaite voir activer, est, « en quelque sorte, une arme de dissuasion qui doit permettre le dialogue et, surtout, d’éviter l’application des droits de douane ».
« Une guerre commerciale n’est dans l’intérêt de personne », estime Keir Starmer
Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a estimé lundi qu’une guerre commerciale – dont Donald Trump menace les Européens pour obtenir le territoire du Groenland –, n’était « dans l’intérêt de personne ». « Les alliances durent parce qu’elles sont construites sur le respect et le partenariat, pas sur la pression », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, ajoutant : « C’est pour cela que je dis qu’utiliser les droits de douane contre des alliés est une erreur totale. »
Il s’est dit déterminé à « travailler avec nos alliés en Europe et avec les Etats-Unis » et à « maintenir le dialogue ». « Nous travaillons étroitement avec les Etats-Unis, et nous ne devons pas perdre de vue que c’est dans notre intérêt national de le faire. Mais nous devons défendre nos valeurs », a-t-il insisté.
L’Union européenne prépare sa riposte : que sait-on des contre-mesures européennes en discussion face aux menaces de Donald Trump ?
- Les ambassadeurs de l’Union européenne sont parvenus dimanche à un large consensus pour intensifier les efforts visant à dissuader Donald Trump d’imposer des droits de douane aux alliés européens, tout en préparant des mesures de rétorsion au cas où ces droits seraient mis en œuvre.
- La veille, le président américain avait menacé huit pays, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, de l’imposition de nouvelles surtaxes douanières sur leurs exportations aux Etats-Unis, en raison de leur opposition à ses velléités de s’emparer du Groenland. Ces droits de douane, de 10 %, seraient effectifs à partir du 1er février et pourraient s’envoler à 25 % au 1er juin.
- Les dirigeants européens doivent discuter des différentes options lors d’un sommet extraordinaire des Vingt-Sept à Bruxelles « dans les jours qui viennent », a annoncé dimanche le président du Conseil européen, Antonio Costa. De source européenne, il devrait probablement avoir lieu jeudi.
- Parmi ces options figure l’activation de « l’instrument anticoercition » de l’Union européenne, permettant en particulier de limiter les importations provenant d’un pays, l’accès à certains marchés publics, et de bloquer certains investissements. C’est ce que propose le président français, Emmanuel Macron, à ses partenaires européens. Adopté par les Vingt-Sept en 2023, ce puissant outil commercial n’a, jusqu’à présent, jamais été utilisé.
- Une autre réponse possible serait de réactiver les mesures de représailles prévues sur une liste comprenant 93 milliards d’euros de marchandises américaines. Cette riposte, un temps envisagée, avait été suspendue après la conclusion, à l’été 2025, d’un accord commercial entre Washington et Bruxelles.
- Les menaces de droits de douane remettent en question cet accord commercial, qui devait être examiné par les eurodéputés dans les jours à venir. L’Allemand Manfred Weber, chef de la droite au Parlement européen, a clairement dit que, s’il était favorable à ce texte, une approbation n’était « pas possible à ce stade ».
- Les efforts de dialogue de l’UE seront probablement un thème central du Forum économique mondial de Davos, où Donald Trump doit prononcer un discours d’ouverture mercredi, marquant ainsi sa première participation à cet événement depuis six ans.
- De sources diplomatiques, aucune décision sur ce dossier n’a été prise à ce stade. « Toutes les options sont sur la table, des discussions auront lieu à Davos avec les Etats-Unis, et les dirigeants se réuniront ensuite », a résumé un diplomate européen à l’agence Reuters.
- Le président du Conseil européen, Antonio Costa, qui préside les sommets de l’UE, a assuré que les Etats membres de l’UE sont fermement engagés à soutenir le Danemark et le Groenland et à se défendre contre toute forme de coercition.
- Le député démocrate-chrétien allemand Jürgen Hardt a également évoqué ce qui pourrait être considéré comme un dernier recours « pour faire revenir le président Trump à la raison sur la question du Groenland » : un boycott de la Coupe du monde de football que les Etats-Unis accueillent cette année.
Donald Trump affirme au premier ministre norvégien ne plus « se sentir obligé de penser exclusivement à la paix »
Lundi matin, le premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, a confirmé avoir reçu un SMS de Donald Trump, la veille, dans l’après-midi. « Il faisait suite à un bref message que j’avais adressé plus tôt dans la journée au président Trump, en mon nom propre et au nom du président finlandais, Alexander Stubb. Dans [ce] message, nous lui avons fait part de notre position concernant l’augmentation des droits de douane qu’il a imposée à la Norvège, à la Finlande et à d’autres pays sélectionnés. Nous avons souligné la nécessité d’apaiser les tensions et avons demandé un entretien téléphonique entre Trump, Stubb et moi-même dans la journée. »
La réponse fut ce SMS de Donald Trump, où le milliardaire affirme ne plus « [se] sentir obligé de penser exclusivement à la paix », n’ayant pas reçu le prix Nobel, attribué en octobre 2025 à la Vénézuélienne Maria Corina Machado. « C’est Trump qui a décidé de partager ce message avec les autres dirigeants des pays de l’OTAN », précise Jonas Gahr Store au journal Aftenposten. Arrivant à une réunion organisée par la Confédération des entreprises norvégiennes à Sola, lundi matin, le premier ministre a expliqué qu’il avait, par le passé, rappelé plusieurs fois à Donald Trump que « [le prix Nobel de la paix] n’est pas attribué par la Norvège, ni par le gouvernement norvégien, ni par moi, mais par le comité Nobel ». Avant d’ajouter : « Ce message, il l’a eu. »
Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
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