Finale explosive, violence en tribune et conférence de presse annulée : le sacre chaotique du Sénégal pour une fin de CAN lunaire

il y a 1 day 2

Désordre, outrance et débordements. Si la 35e édition de cette Coupe d’Afrique devaient être marquée du sceau de la surprise, on ne s’attendait pas à ce qu’elle soit si mauvaise. L’histoire, bien sûr, retiendra qu’en ce dimanche pluvieux le Sénégal s’est paré, pour la deuxième fois de son histoire, du titre de champion d’Afrique. Un couronnement qui ne souffre d’aucune contestation d’un point de vue sportif, Yassine Bounou ayant retardé l’échéance avant de céder sur la frappe monstrueuse de Pape Gueye en prolongation. Mais la soirée restera aussi gravée dans le marbre pour tous les épisodes alentours qui auront éclipsé le sacre d’un Sadio Mané dont le talent et la sagesse auraient mérité d’être seuls mis en lumière.

Les débordements du public sénégalais suite à la décision de Jean-Jacques Ndala Ngambo d’accorder un penalty au Maroc au terme du temps réglementaire a en effet fait basculer cette finale dans une autre dimension. Celle de l’effroi et de la violence en l’occurrence, une partie des supporters des Lions de la Teranga criant non seulement à l’injustice, mais tombant surtout dans des accès de violences hallucinants à l’endroit de stadiers qui tentaient de contenir un envahissement de terrain. Des débordements coupables qui, à défaut de calmer les troupes de Pape Thiaw sur la pelouse ont au contraire vus le coach demander à ses joueurs de quitter le terrain en guise de protestation.

« L’image qu’on a donnée de l’Afrique est honteuse, a soufflé Regragui en conférence de presse. Un entraîneur qui demande à ses joueurs de se retirer… Ce qu’a fait Pape (NDLR : Thiaw) n’est pas classe. Il avait déjà commencé en conférence de presse. Maintenant, il est champion d’Afrique, il peut dire ce qu’il veut. »

Entre journalistes aussi, c’était tendu

Un comportement à propos duquel le coach sénégalais fera amende honorable un peu plus tard dans la soirée présentant ses « excuses au football » et regrettant d’avoir réagi à chaud. « On aurait pas du le faire, a-t-il conclu. On accepte les erreurs d’arbitrages, ça peut arriver. »

Des excuses tardives qui ne sont arrivées qu’après que la soirée ait pris un autre tournant inattendu en conférence de presse. Les provocations, qui s’étaient aussi propagées en tribune de presse durant la rencontre, se sont ainsi poursuivies à l’arrivée de Pape Thiaw en conférence sous les applaudissements d’une partie de l’audience, les sifflets d’une autre.

Un auditorium soudain aux allures de kop, les mauvais, chacun défendant sa sélection comme un orphelin à qui l’on a injustement tiré l’oreille. La faute, cette fois, à un soi-disant journaliste, qui n’a rien trouvé de mieux que de filmer ses confrères sénégalais à l’arrivée de Thiaw et ce malgré leur refus. Il n’en a pas fallu davantage pour que le ton monte, les noms d’oiseaux s’échangent et que la salle s’embrase, certains des présents choisissant de prendre partie pour l’un ou l’autre des deux camps sans vraiment savoir ce qui les opposait. Un capharnaüm qui a évidemment fait monter la température des lieux et piqué des nerfs déjà à vifs depuis l’épisode de la fin du temps réglementaire. Dans une atmosphère de plus en plus électrique, une légère bousculade a fini de décider du reste des opérations de communication de la soirée.

La conférence de presse annulée

Alors que Walid Regragui a tenu l’exercice médiatique durant un petit quart d’heure malgré les questions volontairement provocatrices de certains journalistes réclamant sa démission, tandis que Pape Gueye, élu homme du match, a lui aussi, répondu à ses obligations, Pape Thiaw, lui, n’en aura pas l’occasion. Pour partager les émotions de son succès, dire sa joie que le missile de Pape Gueye lui a procuré, s’expliquer aussi sur le comportement de ses joueurs et les siens au moment où le Sénégal a fait mine de quitter la pelouse et pourquoi pas en dire davantage sur l’échange, vraisemblablement tendu, qu’il a eu avec Walid Regragui à l’issue du match, il aurait fallu que le nouveau roi du continent puisse prendre la parole et répondre aux questions de l’assistance.

Faute d’avoir su apaiser le conflit en contrebas, de se sentir assurer la sécurité du vainqueur du jour sur scène, la CAF, par l’intermédiaire d’un de ses chefs de presse a tranché dans le vif. Après avoir, durant de longues minutes demandé à chacun de se calmer, ce dernier a annoncé la nouvelle au micro. « Pour des raisons de sécurité, la conférence de presse est annulée, » a-t-il lancé en emmenant un Pape Thiaw incrédule en dehors des lieux.

Une décision qui a encore plus mis en colère une partie de la presse sénégalaise furieuse que la CAF ne soit pas en mesure d’assurer le bon déroulement de ce que qui était prévu et de laisser le vainqueur être questionné. Le dénouement d’une soirée qui restera dans les mémoires, et pas que pour les bonnes raisons.

Lire l’article en entier