La caméra montre une pièce aux cloisons uniformément grises, seulement meublée par quatre chaises et une table, grises aussi. Aucun élément n’accroche le regard : pas de cadres accrochés aux murs, pas de bibelots, ni de plantes vertes. Pas de fenêtre et une lumière artificielle blafarde. Rien, ici, n’est fait pour mettre à l’aise le visiteur – un commercial en costume cravate, qui s’impatiente sur son siège – et c’est voulu. Au cinéma ce 18 mars, le film « La Guerre des prix », d’Anthony Déchaux, dépeint les négociations entre la grande distribution et les industriels de l’agroalimentaire, qui se déroulent, chaque année, entre le 1er décembre et le 1er mars. Les professionnels du secteur ont trois mois pour trouver un accord sur les tarifs, qui conditionne les prix de vente au public. Pas un jour de plus.
Fille de paysans et cheffe de rayon frais en Normandie, Audrey Dumont – incarnée par Ana Girardot – se voit promue à la centrale d’achat parisienne de son enseigne. Elle va superviser les contrats nationaux sur les yaourts en binôme avec Fournier, dit « le Baron ». Olivier Gourmet est magistral dans le rôle de ce patron d’hypermarché impitoyable, prêt à tout pour faire plier son interlocuteur. À commencer par pousser le chauffage à fond dans le « box », cette salle anonyme consacrée aux négociations. Le commercial convoqué cuit à petit feu en attendant qu’entrent Fournier et Dumont. « Le coup de la température est un classique. Beaucoup de gens m’en ont parlé », assure Anthony Déchaux, 44 ans, qui signe là son premier long-métrage.










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