« Il y a une émotion à entendre une voix directement » : au théâtre, le micro porte-t-il vraiment la bonne parole ?

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ENQUÊTE - Œdipe Roi, Hamlet, Oublie-moi... Les systèmes HF sont de plus en plus souvent utilisés sur scène. Un procédé qui n’est pas sans conséquence sur le jeu des comédiens.

En 1989, Muriel Mayette-Holtz joue une fille de joie dans La Célestine de Fernando de Rojas mis en scène par Antoine Vitez dans la cour du Palais des papes à Avignon. « Je ne portais pas de micro. Aujourd’hui, ce serait inimaginable », s’exclame la directrice du Théâtre national de Nice qui joue ces jours-ci en Suisse, et toujours sans micro, Tartuffe de Molière. « Nous sommes surhabitués à avoir des écouteurs », regrette-t-elle. Ce que confirme Michel Maurer, ingénieur du son des spectacles de Wajdi Mouawad : « Nous avons toujours un objet sur ou dans l’oreille, nous écoutons des choses en permanence. Le pouvoir discriminateur de l’oreille est atteint. Elle perd cette notion naturelle et ludique de l’écoute. »

Selon lui, cela est dû à un changement culturel et à un effet de mode : « On s’isole, reprend-il. Nous sommes dans un rapport de bruit ambiant, nous nous habituons à un univers sonore, mais qui n’est plus réel. Nous ne sommes plus libres de notre écoute. »

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Le Figaro

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