PORTRAIT - Le grand philosophe allemand, théoricien de la discussion, de la modernité et du « patriotisme constitutionnel », est mort en Bavière à l’âge de 96 ans.
Mondialement connu pour une œuvre aussi complexe qu’influente, qui concerne autant l’avenir de la démocratie que celui de l’Europe, le philosophe allemand Jürgen Habermas est mort à Starnberg, en Bavière, à l’âge de 96 ans. « Jürgen Habermas était presque devenu le philosophe d’État de l’Allemagne démocratique », déclarait, voici quelques années, le ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer. On ne pouvait mieux dire tant Habermas s’était identifié au projet européen d’une République fédérale allemande qui se voulait définitivement guérie de ses démons nationalistes.
Né en 1929 à Düsseldorf, le jeune Jürgen a 10 ans quand la Seconde Guerre mondiale éclate et sera embrigadé en 1944 dans les Jeunesses hitlériennes. Il est affecté d’un bec-de-lièvre et souffrira d’un sentiment d’exclusion qui déterminera sa réflexion sur la communication, qui se trouve au cœur de son œuvre philosophique. Jeune étudiant, il attire l’attention, en 1953, par un article paru dans le Journal universel

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