Alors que les professeurs pâtissent parfois d’une image écornée auprès des familles, le ministre de l’Éducation nationale a tenu à leur rendre hommage ce jeudi matin.
Passer la publicité Passer la publicité«Le contexte a changé, mais pas la mission», assure Édouard Geffray. Harcèlement scolaire, agressions sexuelles, laïcité mise à mal... L’Éducation nationale connaît ces derniers mois de multiples affaires, de quoi fragiliser le lien de confiance entre l’école et les familles. En ce début d’année civile, le nouveau ministre n’a pas dérogé à la règle de présenter ses vœux à la communauté éducative. Cette fois-ci, non pas dans l’imposante Sorbonne, mais en plus petit comité, au lycée hôtelier Drouant (17e arrondissement de Paris), restrictions budgétaires obligent. Au total, une centaine d’enseignants ont été conviés, mais pas n’importe lesquels. «Vous avez tous un point commun : nous nous sommes rencontrés ces trois derniers mois lors de mes déplacements», explique d’entrée Édouard Geffray. L’occasion, comme chaque année, de remercier ceux qui travaillent auprès des 12 millions d’élèves du pays, mais surtout de revaloriser leur métier, souvent décrédibilisé.
Ne pas confondre autorité et autoritarisme
«Si j’ai choisi de vous parler, c’est parce que notre société parle trop souvent de vous comme des “moyens humains”», a déclaré Édouard Geffray ce jeudi 22 janvier matin. Avant d’ajouter : «Un professeur, c’est d’abord une incarnation, une voix, un regard, un geste.» Le ministre a également insisté sur la nécessité de redorer le blason de la profession d’enseignant. Alors que les élèves évoluent dans un climat scolaire toujours plus perturbé, les personnels d’éducation peinent parfois à cadrer leurs classes. D’autant que leur autorité est souvent discréditée par les parents eux-mêmes. Au Figaro, Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc) confiait le 16 janvier dernier : « Nos métiers sont très dévalorisés dans la société , à la fois par les adultes mais donc aussi par leurs enfants. Ce qui crée un problème de respect de l’autorité des enseignants. Dès qu’un parent remet en cause une punition que nous donnons à un enfant, nous perdons toute crédibilité. » Pour Édouard Geffray, «l’autorité n’est pas un gros mot». «Ce n’est pas l’autoritarisme. C’est la condition d’accès à l’autonomie par l’hétéronomie», détaille le ministre. Et de préciser : «Pour que je puisse un jour me fixer mes propres règles, je dois avoir appris enfant à respecter celles des autres.»
Faisant référence aux hussards noirs, surnom donné par Charles Péguy aux instituteurs sous la IIIe République après le vote des lois scolaires Jules Ferry, le ministre a toutefois insisté : «Je ne crois pas que nous ayons besoin de retrouver des hussards noirs et de revenir 150 ans en arrière. Mais nous avons besoin de la même combativité et du même esprit [chez les enseignants] : celui d’être des sentinelles de la raison.» De quoi inspirer les professeurs, présents dans la salle. «Être enseignant, c’est une vocation, pas seulement un métier. Le ministre l’a très bien résumé», confie Anne Jouffroy, professeur d’EPS à Barentin (Seine-Maritime). Un avis partagé par Nathalie Richert, professeur d’économie-gestion à Grenoble. «L’école, c’est la transmission du savoir, mais aussi des valeurs. Dans l’académie de Grenoble, nous faisons face à de nombreuses difficultés, comme c’est le cas ailleurs. Nous nous sentons reconnus par le ministère, et cela donne du crédit à notre travail», conclut-elle.

il y a 2 hour
1











English (US) ·