Le musée Guimet bat son record de fréquentation historique grâce aux mangas

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Le musée national des Arts asiatiques parisien se félicite d’avoir attiré plus de 153 628 visiteurs en quatre mois. Cela n’était plus arrivé depuis l’exposition Angkor et dix siècles d’art khmer qui avait dépassé les 120.000 visiteurs en 2004.

Il est assez rare qu’un établissement comme le musée national des Arts asiatiques, couramment appelé musée Guimet, puisse se réjouir à ce point sur les réseaux.

Et pourtant, voici ce qui a surgi ce matin sur Facebook et Instagram : «MERCI ! Avec 153 628 visiteurs, l’exposition « Manga. Tout un art! » se place comme l’exposition la plus fréquentée de toute l’histoire du musée Guimet! Un vague manga sans précédent qui a ouvert les portes du musée à un public jeune (20% de moins de 18 ans et 15% de 18-25 ans), souvent accompagné de ses parents ou de ses grands-parents, venu s’initier aux origines du manga et découvrir planches originales et chefs-d’œuvre de nos collections.»

La série Lone Wolf and Cub, écrit par Kazuo Koike et dessiné par Goseki Kojima, est prépubliée en 1970. © Olivier Delcroix

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Ce message enjoué ressemble à un tsunami. Et l’on ne peut bien sûr s’empêcher de penser à la vague d’Okusai... Avec Estelle Bauer, conservatrice des collections Japon, le co-commissaire de l’exposition Didier Pasamonik n’en revient toujours pas : «C’est une belle surprise, confie-t-il au Figaro. Mon sentiment est que cette exposition a été en soi un petit miracle. Car il n’était pas évident de boucler un tel programme de prêts d’œuvres en collaboration avec les Japonais en un délai aussi court. Et pourtant, nous y sommes parvenus. Le miracle s’est poursuivi avec cette fréquentation record absolue de l’établissement. Le musée n’avait pas atteint un tel niveau de visites depuis près de vingt ans. Il devait alors s’agir de l’exposition Angkor et dix siècles d’art khmer en 2004- 2005 qui avait dépassé les 120.000 visiteurs.»

Le film d’animation Akira de Katsuhiro Otomo est sorti en 1988. © Olivier Delcroix

L’autre information importante du communiqué du Guimet concerne le brassage des générations: «Merci à tous nos visiteurs d’avoir permis à Guimet de vivre ainsi un brassage de générations inédit dans son histoire! Il est temps de remballer les œuvres, et de remercier pour leur générosité les prêteurs sans qui nous n’aurions pas pu monter cette exposition hors normes…»

À ce sujet, Pasamonik précise : «Cette exposition a eu la vertu d’expliquer aux visiteurs habitués du musée que les mangas constituent un art en soi, de haute qualité qui ne souffrait pas d’être comparé au patrimoine japonais ancien, dit-il. Bien au contraire, on y décelait une continuité qui inscrivait les mangas dans une longue tradition de la narration et du dessin. C’était toute la volonté de la présidente du musée Yannick Lintz. Hélas, cette exposition ne sera pas prolongée à cause des ayants droit japonais. Et puis, la Corée vient d’arriver. Une autre exposition se prépare...»

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