DÉCRYPTAGE - Catastrophique en Ligue 1, l’AS Monaco défie le Real de Kylian Mbappé, ce mardi (21h), au Santiago-Bernabéu, à l’occasion de la 7e journée de Ligue des champions.
Alerte rouge sur le Rocher. Dominé par le promu Lorient (1-3), vendredi à Louis-II, l’AS Monaco traverse une période noire en Ligue 1. Six défaites lors des sept derniers matchs de championnat (une seule victoire face… au PSG, le 29 novembre), 16 buts encaissés sur la période, des blessures en cascade… Rien ne va plus pour le club de la Principauté, désormais relégué à la 10e place. Très loin, trop loin de ses ambitions européennes de départ.
Alors, ce mardi (21h), la Ligue des champions, qui lui réserve un déplacement sur la pelouse de Real Madrid, peut-elle faire office de remède ? Une victoire historique au Santiago-Bernabéu, face à l’équipe de Kylian Mbappé - elle aussi malade - assurerait a minima une qualification en barrages aux Monégasques. Mais quels sont les motifs d’espoir pour un collectif en totale déliquescence ?
L’ASM plombée par son mercato estival
La défaite face aux Merlus lorientais, dernière débâcle en date, est venue mettre en lumière tous les maux de Monaco cette saison. Les joueurs offensifs dont Maghnes Akliouche - qui espère disputer la Coupe du monde avec les Bleus - n’ont plus aucune inspiration. Handicapé par des cartons rouges à répétition (Zakaria, Coulibaly, Idumbo...), le milieu de terrain manque de stabilité tandis que l’animation défensive est indigne d’un club de ce standing. Conséquences directes d’un mercato estival totalement raté.
L’été dernier, le directeur général de l’ASM, Thiago Scuro, doté de moyens limités, avait tenté des coups en attirant des CV ronflants libres sur le marché : Paul Pogba, Ansu Fati et Eric Dier. Paris perdants. Ancien défenseur central de Tottenham et du Bayern Munich, l’Anglais Dier symbolise la fragilité de l’arrière-garde monégasque, qui a vu le Belge Wout Faes débarquer en prêt de Leicester il y a quelques jours. Alignée d’entrée face à Lorient, la première recrue de l’hiver a immédiatement affiché ses limites et n’est pas qualifiée pour disputer la fin de phase de ligue de Ligue des champions. Cela tombe mal, d’autant que Christian Mawissa et Mohamed Salisu sont blessés au même poste.
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Paul Pogba dans un tunnel sans fin
Ces absences s’ajoutent donc à celle de Pogba, véritable mirage depuis son arrivée en grande pompe pour se relancer à 32 ans après sa longue suspension pour dopage. En six mois de compétition, le champion du monde 2018 n’a disputé que 30 minutes en Ligue 1 (face à Rennes, Paris et Brest). Et les pépins physiques s’accumulent à l’entraînement. «Le plan mis en place depuis l’arrivée de Paul ne fonctionne pas comme prévu, a reconnu la semaine dernière Thiago Scuro, chahuté par les supporters en colère de l’ASM. Ce plan change selon les situations auxquelles on fait face. Ce n’est rien de très grave. Mais ces petites blessures à différents endroits du corps rendent le processus complexe. Tout le monde travaille dur pour trouver des solutions à son sujet, le club et lui. On continue de pousser pour lui donner ce qui a été convenu à son arrivée. On doit continuer à mener ce plan, même s’il est devenu plus long. Paul, aussi, croit en lui et a confiance en sa capacité à se reconstruire.»
À l’instant T, il n’y a pas eu d’effet Pogba à Monaco. Pour «La Pioche», le rêve du Mondial américain s’envole au fil des jours pendant que l’ASM ne parvient pas à masquer cet échec, tant les problèmes sont nombreux à côté. Au milieu du marasme, l’entraîneur Sébastien Pocognoli (38 ans), qui avait remplacé début octobre Adi Hütter sur le banc monégasque, ne trouve pas les solutions. Au point d’être déjà menacé ? «On est jugé sur les résultats mais je le serai aussi par rapport à la gestion de cette période difficile, a assumé le coach belge vendredi. Ça demande certaines qualités. Il va falloir continuer à mobiliser les troupes et très certainement l’aspect mental.»
Déçu d’un Monaco «pas assez courageux», Pocognoli assure toutefois qu’il va «continuer à pousser et à soutenir [ses] joueurs même si on attend plus de certains. Mais baisser les bras ne serait pas une solution.» Si tout est à jeter en Ligue 1, l’ASM reste en course pour briller en Coupe de France (8e de finale à jouer à Strasbourg) et en Ligue des champions, où il faudra encore recevoir la Juventus Turin à Louis-II (le 28 janvier) après le Real Madrid. «On a plus qu’intérêt, sur le plan collectif mais aussi individuel, à être au niveau», a prévenu Pocognoli avant de retrouver la C1. Message envoyé à tout son groupe dont fait à nouveau partie Ansu Fati, un «garçon souriant, investi» et un «joueur important s’il est prêt physiquement», selon son coach.
L’espoir dans les pieds d’Ansu Fati ?
Meilleur buteur du club cette saison (7 buts) et décisif contre Lorient, l’ancien prodige du Barça n’avait plus joué depuis… le succès face au PSG, en raison d’une blessure aux ischio-jambiers. Jusqu’ici, l’attaquant espagnol n’a pas montré toute l’étendue de son talent mais il a au moins le mérite de marquer de temps en temps. Contrairement au Danois Mika Biereth, qui traverse une interminable crise de confiance. À l’image de l’ensemble de son équipe. Dans ces conditions, et avec un groupe très amoindri (le gardien Lukás Hrádecký et Takumi Minamino sont aussi blessés au genou), il est difficile de croire à l’exploit monégasque en terre madrilène. Mais la maison brûle également à Madrid… Qui va remporter le choc de la crise ?

il y a 7 hour
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