Matt Damon épingle les recettes éculées de Netflix pour ses productions et la cancel culture

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Matt Damon joue un policier dans le film d’action The Rip, diffusé depuis le 16 janvier sur Netflix.

Matt Damon joue un policier dans le film d’action The Rip, diffusé depuis le 16 janvier sur Netflix. UPI/ABACA

Dialogues qui répètent l’intrigue pour un public distrait, scènes d’action réparties tout au long du film... À l’affiche de The Rip, diffusé sur la plateforme américaine, l’acteur s’inquiète des techniques d’écriture utilisées par le géant du streaming.

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Cette liberté de parole indique leur importance dans le monde du divertissement. Alors même que leur film, The Rip, est diffusé sur Netflix, Matt Damon et Ben Affleck peuvent se permettre d’épingler les techniques d’écriture très formatée de la plateforme. « Netflix se dit : “Est-ce qu’on peut avoir un gros coup de théâtre dans les cinq premières minutes ?”. On veut que les gens restent captivés. Et ce ne serait pas si mal de répéter l’intrigue trois ou quatre fois dans les dialogues, parce que les gens sont sur leur téléphone en regardant », témoigne Matt Damon, dans le podcast américain très populaire, The Joe Rogan Experience, dont il était l’invité avec Ben Affleck. Il ne faut effectivement pas attendre plus de deux minutes pour que The Rip, l’histoire d’une équipe de flics de Miami à feu et à sang, réalisée par Joe Carnahan et coproduite par le duo de comédiens, connaisse sa première scène d’action.

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Éloge de la série Adolescence

« La méthode classique de Netflix pour réaliser un film d’action consiste généralement à avoir trois scènes marquantes. Une dans le premier acte, une dans le deuxième, une dans le troisième. La grande scène avec toutes les explosions, celle absorbant la majeure partie du budget, est dans le troisième acte. C’est en quelque sorte le final », complète Matt Damon, qui forme avec Ben Affleck un solide duo de cinéma depuis Will Hunting  (1997). « Cela va vraiment commencer à empiéter sur la façon dont nous racontons des histoires. »

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À ses côtés, Ben Affleck opine. La série « Adolescence est géniale sans rien faire de tout cela (...) Cela démontre qu’il n’est pas nécessaire de faire toutes ces conneries pour que les gens » apprécient, estime l’acteur, citant une minisérie phénomène sortie l’an dernier sur Netflix. L’Angleterre a pris la décision de la montrer dans l’ensemble des collèges.

Pour autant, le streaming ne représenterait pas une « menace existentielle », selon Ben Affleck qui veut croire que des foules se rendront en salles cet été pour voir L’Odyssée de Nolan, dans lequel joue son ami Matt Damon. Qui confiait plus tôt à propos de l’expérience cinématographique : « On est entouré de gens qu’on ne connaît pas, (...) on vit cette expérience ensemble. Je dis toujours que c’est un peu comme aller à l’église : on y va à l’heure prévue, le film ne nous attend pas ».

Polémique en 2021

Au détour de l’entretien mené par Joe Rogan, podcasteur conservateur qui a pris ses distances avec Donald TrumpMatt Damon s’est aussi exprimé sur la cancel culture. Il se dit « certain » que des acteurs visés par une polémique « auraient préféré aller en prison pendant 18 mois » plutôt que d’être dans le viseur d’associations. « Le problème avec le fait d’être publiquement lynché, c’est que ça ne s’arrête jamais, déplore-t-il. Et cela vous suivra jusqu’à la tombe. »

Lui-même avait reçu une volée de bois vert en 2021. Confession destinée à soutenir l’évolution des mentalités, il avait raconté en interview avoir pu employer un terme homophobe par le passé. Au cours d’une blague. Péché avoué, à moitié pardonné ? Que nenni... Devant la bronca suscitée, l’acteur a dû rétropédaler et jurer n’y avoir jamais eu recours régulièrement.

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