Rugby : les finalistes du Top 14 pourront jouer avec le XV de France l’été

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DÉCRYPTAGE - La nouvelle convention signée entre la Fédération et la Ligue aménage la mise à disposition des internationaux. Autres nouveautés, la constitution d’un groupe d’experts pour veiller à la santé des joueurs et une contribution financière supplémentaire de la LNR en faveur du monde amateur.

C’est le fruit de neuf mois de travail commun entre la Fédération Française de Rugby (XV de France et clubs amateurs) et la Ligue Nationale de Rugby (clubs professionnels de Top 14 et Pro D2). Des échanges «constructifs, intelligents et qui se projettent vers l’avenir, souligne une source partie prenante des discussions. Même quand ça crispe, on a su trouver les solutions».

Cette nouvelle convention régissant les relations entre les deux instances jusqu’en 2031 a été approuvée ce lundi par le comité directeur de la LNR et le comité d’orientation politique de la FFR. Elles seront très certainement ratifiées par les assemblées générales respectives le 4 février. Et ce, même si la Fédération est sortie grande gagnante de ces négociations, se servant de la menace de la subdélégation qu’elle accorde à la Ligue pour l’organisation des compétitions professionnelles, argument massue que Florian Grill avait brandi dans nos colonnes il y a quelques mois.

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Ce «document-socle de notre écosystème impulse les orientations stratégiques dans les domaines sportifs, financiers et structurels», poursuit notre interlocuteur. Le Figaro en dévoile les grandes lignes, notamment sur le sujet le plus sujet à frictions : la mise à disposition des internationaux par les clubs.

Galthié conserve 42 Bleus, mais…

Fabien Galthié (comme son successeur au-delà du Tournoi des six nations 2028) pourra continuer à s’entraîner avec un groupe élargi de 42 joueurs lors des trois fenêtres internationales (Tournoi, été, automne). Avec cependant quelques aménagements à la marge. SI le principe des 28 joueurs protégés est acté, les 14 «partenaires d’entraînement» ne passeront plus ces périodes à multiplier les allers-retours entre Marcoussis et leurs clubs respectifs, eux qui sont libérés le mercredi soir pour jouer en Top 14 le week-end. Un «système de rotation» sera désormais mis en place. En novembre, un même joueur ne pourra être appelé que deux semaines sur trois et pas plus de trois fois lors des cinq semaines du Tournoi des six nations. Autre aménagement, un club qui comptera déjà huit joueurs ou plus dans la liste des 28 «premium» ne pourra pas être sollicité pour composer les quatorze partenaires d’entraînement. Par exemple, le Stade Toulousain et l’UBB, qui fournissent régulièrement au moins huit internationaux, ne fourniront plus de partenaires d’entraînement.

«Ce sont, au départ, des propositions des managers des clubs. Elles ont été acceptées très rapidement. Cela va créer un équilibre entre les clubs dans la composition du groupe élargi. Ce sont de petits réglages qui peuvent paraître des détails mais qui sont importants dans la gestion, compliquée, de ces semaines, par les managers.» Autre changement, qui concerne cette fois France 7. En vue des JO 2028 à Los Angeles, à partir de la saison prochaine, trois joueurs par club, et non plus un seul, pourront être sollicités. «Mais le volume restera le même, soit 12 semaines de mise à disposition par an. Soit sur un seul joueur, soit réparties entre 2 ou 3 joueurs.»

Les finalistes du Top 14 sélectionnables en juin

Les années paires, les tournées d’été et de novembre sont remplacées par le Championnat des nations, dont la première édition aura lieu cette année. Avec un premier rendez-vous pour les Bleus fixé au 4 juillet à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Soit une semaine après la finale du Top 14. Les finalistes étaient exempts ces dernières années, puis cinq ont été autorisés en juin dernier. Désormais, il n’y aura plus de limite. Fabien Galthié pourra sélectionner tous ceux qu’il souhaite. «Mais en tenant compte de leur état physique et mental, évalué en bonne intelligence avec les managers des clubs concernés, selon un principe de dialogue et de confiance».

Certains principes sont cependant conservés. 28 joueurs sélectionnés à l’issue des barrages, puis un deuxième groupe après les demi-finales et un dernier à l’issue de la finale. Soit 14 joueurs. Et les finalistes retenus ne sont toujours pas autorisés à disputer le premier des trois matchs dans l’hémisphère sud. Est-ce que cela peut changer à l’avenir en avançant la date du dernier acte du championnat ? «Non, elle reste fixée au dernier week-end de juin jusqu’en 2031. Ce rendez-vous est excessivement important pour l’économie du top 14. Avancer la finale aurait eu des effets en chaîne nombreux et pas souhaitables…»

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Un groupe d’experts au chevet des joueurs

Grande nouveauté de cette convention, un groupe d’experts, composé de techniciens, de préparateurs physiques, de médecins de clubs et de personnalités scientifiques, va être constitué. Il devra, au terme de la saison 26-27, rendre des recommandations sur la charge de travail des joueurs, afin de mieux prévenir les blessures. Mais leur travail «ne se limitera pas au périmètre de la quarantaine d’internationaux, il portera sur la santé physique et mentale des joueurs professionnels en général».

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La Ligue va verser 13 M€ supplémentaires au rugby amateur

La partie financière a, selon nos informations, été la plus âprement discutée. Et la LNR a dû se plier aux exigences de la FFR, réclamant une plus grande rétribution du rugby professionnel en faveur du rugby amateur. La Ligue a donc fini par accepter de verser 13 millions d’euros supplémentaires chaque saison. De l’argent en plus pour aider au développement du rugby dans les petits clubs de province et les nouveaux territoires. «Un investissement vertueux, tourné vers l’avenir, qui est permis par la croissance des droits TV du Top 14 et de Pro D2 sécurisés jusqu’en 2032», justifie notre source. «Le rugby amateur manque d’éducateurs, il y a une tendance à la disparition du rugby dans les villages ou les quartiers les plus excentrés. Pour augmenter le nombre de licenciés, il fallait un effort financier de la Ligue.» Afin de maintenir le vivier du rugby professionnel.

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