Cette fois, il n’est plus présumé innocent. L’animateur Jean-Marc Morandini est désormais définitivement reconnu coupable de corruption de mineurs après la non-admission de son pourvoi par la Cour de cassation, selon une décision rendue ce mercredi 14 janvier par la chambre criminelle de la plus haute juridiction française. Il reste cependant à l’antenne de CNews, où il officie depuis une dizaine d’années.
Condamné en appel à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende par la cour d’appel de Paris en mars 2025, il est également inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais) et frappé d’une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs.
Une peine alourdie en appel
Dans cette affaire, Jean-Marc Morandini était accusé d’avoir envoyé des messages à deux jeunes de 15 ans, en 2013 et 2015-2016. Avec le premier, il évoquait des scénarios sexuels, tandis qu’il demandait au second d’envoyer une photo de lui dénudé. La justice l’a reconnu coupable d’avoir aussi demandé en 2009 à un adolescent de 16 ans de se dénuder et de se masturber lors d’une audition pour le remake d’un film qui n’a jamais vu le jour.
Il avait été condamné en première instance par le tribunal correctionnel de Paris à une peine d’un an de prison assortie d’une période de sursis probatoire de deux ans, avant que sa sanction ne soit alourdie lors de son procès en appel. Dans une deuxième affaire, l’animateur a été condamné en appel pour harcèlement sexuel en janvier 2025. Il s’est là encore pourvu en cassation, dossier pour lequel la Cour n’a pas encore rendu de décision.
L’animateur maintenu à l’antenne
Pour CNews, la présomption d’innocence brandie depuis le début de l’affaire pour maintenir l’homme de 60 ans à l’antenne ne tient plus. Pourtant, la chaîne a confirmé ce mercredi en fin d’après-midi que l’animateur restait. Toujours à la présentation de « Morandini Live » du lundi au vendredi de 10h35 à 12 heures sur le canal 14 de la TNT, il sera bien au rendez-vous ce jeudi malgré ce revers juridique.
« Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice et il reste à l’antenne sur CNews », a fait savoir la chaîne auprès de l’AFP, sans répondre à nos multiples sollicitations. Le sexagénaire envisage désormais de porter son cas devant la Cour européenne des droits de l’Homme face à une décision de la Cour de cassation qu’il qualifie de « particulièrement injuste », a-t-il annoncé avec ses avocats dans un communiqué.
Son maintien à l’antenne reste incompréhensible pour les parties civiles : « Il n’est désormais plus présumé innocent. La justice par trois fois a reconnu qu’il a fait souffrir des mineurs. Le tout au moyen de son aura médiatique », a réagi auprès du Parisien Me Anthony Mottais, avocat de l’une des victimes de Jean-Marc Morandini.
Emoi en interne
Sa réintégration dans les locaux de Canal + avait déjà suscité l’émoi en interne : le syndicat + Libres de Canal + avait dénoncé en septembre son arrivée au sein de la rédaction alors que la justice lui interdisait d’exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs. Jusqu’alors, l’animateur passé par Direct 8, Europe 1 ou encore NRJ 12, tournait sa quotidienne depuis 2017 hors du siège de la chaîne, dans un studio des Champs-Élysées. Après avoir annoncé son départ des lieux en juillet 2025, il a été rapatrié dans les locaux aux côtés des autres animateurs et présentateurs de CNews.
Dix ans après le début de l’affaire, CNews rompt définitivement avec la ligne fixée lors de l’arrivée du présentateur. « En cas de condamnation, Jean-Marc Morandini et iTélé (devenu CNews) ont d’ores et déjà prévu qu’il quitterait le groupe sans indemnités », annonçait dans un communiqué le groupe Canal + en août 2016 après l’arrivée mouvementée de l’animateur sur ses antennes. Cette venue avait entraîné la plus longue grève audiovisuelle en France pendant 31 jours sur la chaîne info, qui s’était soldée par le départ de plusieurs dizaines de journalistes.












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