DÉCRYPTAGE - À l’issue du triomphe du Sénégal en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, dimanche soir à Rabat, face au Maroc (1-0), dans un chaos total, découvrez ce qui a plu... et déplu à la rédaction du Figaro.
TOPS
Pape Gueye, lueur dans la pénombre
94e minute de jeu. La 35e finale de la Coupe d’Afrique des nations entre le Sénégal et le Maroc - qui a vu les Lions de la Teranga l’emporter à Rabat (1-0) - , vient de reprendre après de nombreux incidents en tribunes et sur le terrain, à la suite d’une décision surréaliste de l’arbitre principal. À ce moment-là, le milieu de terrain sénégalais Pape Gueye déclenche un tir monumental des 30 mètres pour venir nettoyer la lucarne de Yassine Bounou et sceller le sort de cette rencontre à la tournure inédite. Seul et unique buteur du match, libérateur de tout un pays, au bout d’une soirée qui ne ressemblera à aucune autre.
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Sadio Mané, roi des Lions et du Sénégal
Même s’il n’a pas trouvé le chemin des filets dimanche soir, l’ancien attaquant de Liverpool ou encore du Bayern Munich a tout donné. Aucun tir cadré au compteur pour le n° 10 des Lions de la Teranga, mais un abattage impressionnant. En bon et vaillant capitaine, c’est lui qui est allé chercher ses coéquipiers, alors rentrés au vestiaire, pour les ramener sur la pelouse et aller au bout de cette finale. Un comportement exemplaire pour l’icône de son pays, qui s’adjuge une deuxième CAN à 33 ans. Légendaire.
Yassine Bounou, gardien de Rabat
Longtemps durant cette finale, le Maroc s’en est remis à son dernier rempart en état de grâce. Si les Lions de l’Atlas ont pu arriver jusqu’à la prolongation, c’est bien grâce à lui. Auteur de six arrêts sur sept tirs subis, le portier d’Al-Hilal a été héroïque, jusqu’à s’incliner sur la frappe magistrale de Pape Gueye (94e). Mais quel match de sa part.
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Édouard Mendy, l’arrêt de la justice
Même s’il a été moins en vue que son homologue marocain, le portier du Sénégal a été présent au bon moment. Le gardien de 33 ans ne s’est pas laissé avoir par la panenka lunaire tenté par Brahim Diaz sur penalty (90e+8). Un arrêt décisif et déterminant dans la victoire des Lions de la Teranga. Deux autres parades également à mettre à son crédit. Grand rendez-vous, grand gardien.
FLOPS
Brahim Diaz couvert de honte
Terminer comme ça... quelle tristesse. Étincelant tout le long du tournoi, le meneur de jeu marocain a traversé la finale tel un fantôme jusqu’à s’écrouler dans la surface sénégalaise à la suite d’un contact avec Diouf, dans les arrêts de jeu (98e). Verdict ? Penalty. Et la suite... Une panenka sortie de nulle part lorsque le jeu a repris - après les nombreux incidents - , pour se faire justice lui-même, terminant directement dans les gants d’Édouard Mendy. Un manque de lucidité hallucinant de sa part, qui corrèle avec son caprice et sa colère puérile envers l’arbitre principal, afin d’obtenir le penalty quelques minutes auparavant. Remplacé en prolongation, le milieu de terrain du Real Madrid ne pouvait qu’essuyer ses larmes sur le banc de touche, écrasé par l’enjeu de cette finale. Une fin de tournoi absolument cauchemardesque pour le joueur de 26 ans. Une bonne période de convalescence ne sera pas de refus pour lui.
Achraf Hakimi fantomatique
Était-il sur la pelouse ? C’est à se poser la question. À l’instar de son coéquipier Brahim Diaz, l’autre cadre des Lions de l’Atlas a été transparent. Lui qui revenait de sa blessure à la cheville en début de compétition, est monté en puissance au fur et à mesure des matches... jusqu’à passer complètement au travers lors de cette finale. Coupable d’un marquage trop léger sur Pape Gueye, entraînant l’ouverture du score de ce dernier (94e), le latéral droit du PSG, excellent habituellement, n’a pas répondu présent au moment où on l’attendait. En espérant qu’il se remette vite la tête à l’endroit à son retour à Paris, car le PSG a besoin de lui.
Un arbitrage tout bonnement scandaleux
Jean-Jacques Ndala Ngambo. Ce nom est tristement entré dimanche soir dans l’histoire de la CAN. Mis sous pression par le banc et les joueurs marocains dans le temps additionnel, l’homme au sifflet s’est complètement liquéfié sous la pression en accordant un penalty bien trop généreux aux Lions de l’Atlas, alors qu’il venait de refuser un but aux Sénégalais pour moins que ça. Une décision surréaliste et dénuée de bon sens, qui a transformé la finale en véritable pugilat. Ce qu’il s’est passé par la suite est tout simplement honteux et dramatique, reflétant le pire de ce que le football peut engendrer. «Arbitrage maison» ou pas, Monsieur Ndala Ngambo a sa part de responsabilité dans l’avènement de ce chaos, et les choses auraient pu prendre une tournure encore plus catastrophique. (Ne devrait pas retoucher à un sifflet pour un moment.)
L’image cataclysmique pour la CAN et le foot africain
Cette CAN 2025 au Maroc avait pour but d’être une vitrine, un léger avant-goût avant la Coupe du monde 2030, qui sera également organisée en Espagne et au Portugal. De ce fait, les choses s’étaient bien déroulées, dans de beaux stades, avec des infrastructures modernes... jusqu’à la fin de la finale, où les événements ont pris une tournure consternante. Insultes, échauffourées, bagarres entre les deux bancs et les sélectionneurs, incidents en tribunes, jets de chaises, invasion de la pelouse... Cet ultime match du tournoi a basculé dans la confusion, le chaos et l’anarchie la plus totale, réduisant à néant tout le travail effectué auparavant.
Parce que, malheureusement, des scènes aussi dramatiques ne s’effaceront pas des esprits en un claquement de doigts. Même si ces dernières ont été provoquées par une décision lunaire d’un arbitre qui n’avait pas les épaules pour assumer cette rencontre, le prix à payer pour la Coupe d’Afrique des nations va être lourd. Très lourd. Jamais un scénario aussi tumultueux et des réactions disproportionnées à ce point - encore plus lors d’une finale - n’ont annihilé le jeu comme ça. Avec une telle violence. Le football vivifie les émotions, oui, peut-être même trop... Dimanche soir, les différents acteurs, marocains comme sénégalais, qui faisaient ce dernier rendez-vous de la CAN, ont été concassés, broyés par une pression dantesque, rétrogradant le ballon au deuxième, voire troisième plan. Au grand dam du football africain, qui a perdu dimanche soir.

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