Cette fin de match et cette scène continueront sans doute à faire parler pendant longtemps. Et ont peut-être créé un précédent dans l’histoire du football. Dimanche soir, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations à Rabat (Maroc), une partie de l’équipe sénégalaise, haranguée par son sélectionneur Pape Thiaw, a quitté le terrain en protestation d’une décision arbitrale.
Une scène ubuesque qui a donné lieu à une longue interruption du jeu, entre le moment où Jean-Jacques Ndala a attribué un penalty au Maroc (90e +8) et le moment où ce penalty a été manqué par Brahim Diaz (90e +24). Au lendemain de ce match, et alors que le Sénégal en liesse célèbre ses héros, il reste une question : les Sénégalais restent-ils quelque chose ?
D’emblée il faut le dire : il est hautement improbable que l’issue du match soit remise en question. La rencontre a repris, les Sénégalais l’ont emporté en prolongations et le résultat a été homologué. Rien dans les règlements, ni de la Confédération africaine de football (CAF) ni de l’IFAB (International Football Association Board) ne laisse penser que cela puisse être changé.
La CAF aurait pu donner le Sénégal « perdant et définitivement éliminé »
Cependant, et la CAF et l’IFAB prévoient des sanctions si une équipe ou des joueurs venaient à quitter le terrain. Dans les articles 64 et 82 de son règlement, l’organisateur de la compétition prévoit : « Si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, hormis les cas de force majeure admis par la Commission d’organisation ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours ».
Dans la loi 12 de l’IFAB, « fautes et incorrections », le fait de « quitter délibérément le terrain sans l’autorisation de l’arbitre » est sanctionné d’un avertissement. Mais le fait de le faire en protestation à une décision arbitrale est un facteur aggravant. Toujours dans la Loi 12, chapitre 4 (mesures disciplinaires), est passible d’une exclusion le fait de « quitter délibérément la surface technique pour signifier sa désapprobation ou se plaindre auprès d’un arbitre/agir de manière provocatrice ou offensante. »
A défait d’avoir été sanctionnés sur le terrain ce dimanche, soir, les Sénégalais doivent s’attendre à l’être dans les prochaines semaines. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a en effet appelé, ce lundi, « les instances disciplinaires compétentes de la CAF (Confédération africaine de football) » à prendre « les mesures appropriées ». Dans son communiqué, Infantino indique : « Nous condamnons fermement le comportement (...) de quelques joueurs sénégalais et des membres du staff technique. Il est inadmissible de quitter le terrain de cette manière, et la violence ne saurait être tolérée dans notre sport; elle est tout simplement inacceptable. Nous devons toujours respecter les décisions prises par les arbitres, sur et en dehors du terrain. Les équipes doivent jouer dans le respect des Lois du Jeu, car tout autre comportement met en péril l’essence même du football ».
« Les scènes déplorables dont nous avons été témoins aujourd’hui doivent être condamnées et ne jamais se reproduire », ajoute-t-il. Pape Thiaw et les siens doivent donc s’attendre à des sanctions qui pourraient s’appliquer éventuellement lors de la prochaine Coupe du monde où le Sénégal évoluera dans la même groupe que l’équipe de France.












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