L’image tournera sans doute en boucle dans la tête de Brahim Diaz pendant un bon moment, comme tous ces joueurs qui ont manqué l’immanquable au pire moment.
Dimanche soir, l’attaquant marocain du Real Madrid a tenté — et complètement manqué — une panenka (un pénalty tiré en lob, d’un ballon piqué) à la dernière seconde de la finale de la CAN face au Sénégal. Un geste qui, tenté dans ce genre de matchs, vous fait automatiquement rentrer dans la légende, bonne ou mauvaise. Que Diaz se rassure : avant lui, d’autres s’y sont essayés.
L’originale : Antonín Panenka
La première de toutes, celle qui a donné son nom aux autres. Finale du Championnat d’Europe 1976 à Belgrade, entre la Tchécoslovaquie et l’Allemagne de l’Ouest (une autre époque…). Après le raté d’Uli Hoeness pour les Allemands, Antonin Panenka s’élance pour le tir au but ultime, qui peut offrir le sacre aux Tchécoslovaques.
Devant le légendaire Sepp Maier, Panenka s’élance… Et pique son ballon ! Du jamais-vu. Un geste tellement révolutionnaire que Panenka lui donne son nom, onze ans avant Rabah Madjer et sa talonnade restée dans les annales.
La Marocaine : Ilies Belmokhtar
Même maillot, même compétition, même enjeu, mais pas le même échelon : quelques mois seulement avant Brahim Diaz, le 19 avril 2025, le jeune joueur de l’AS Monaco Ilies Belmokhtar avait offert la CAN U17 au Maroc en concluant la séance de tirs au but par une panenka, face au Mali.
Au rang des panenka marocaines, mais pas en finale, on peut aussi rappeler celle d’Achraf Hakimi, lors du Mondial 2022, au bout de la séance de tirs au but du 1/8e de finale face à l’Espagne.
La légendaire : Zinedine Zidane
Il en faut, du courage, pour envoyer un geste comme ça en finale de la Coupe du monde. Mais le 9 juillet 2006, pour ce qui allait être le dernier match de sa carrière face à 75 550 personnes à Berlin, Zinedine Zidane a décidé de prendre celui qu’il avait en stock à deux mains.
À la 7e minute, face à Gianluigi Buffon, l’un des plus grands gardiens de l’histoire, le geste est si pur qu’il touche deux fois la barre, rentre d’abord dans le but puis en sort. Sans doute la plus belle Panenka de l’histoire du football.
La glorieuse : Alexis Sánchez
Comme Antonin Panenka, c’est sur le tir au but décisif d’une séance haletante qu’Alexis Sánchez décide de dégainer une panenka en finale de la Copa America 2015. Petit élément de pression supplémentaire : il s’agissait d’offrir au Chili, face à l’ogre argentin, son tout premier titre continental, lors de la compétition organisée à domicile.
Le geste n’est pas extravagant : un tout petit piqué qui vient doucement mourir au fond des filets. Mais il est réussi, et c’est le principal : Alexis Sánchez peut exulter, et avec lui toute une nation.
L’insolite : Mickaël Landreau
Les yeux plus gros que le ventre, Mickaël Landreau ? En finale de la Coupe de la Ligue 2004 avec le FC Nantes, le portier aurait pu être un héros : après deux tirs au but arrêtés, il se présente comme le 7e tireur nantais et a la balle de match au bout du pied. Mais face à Teddy Richert, il tente l’impensable : une Panenka, facilement captée par son confrère.
Cruelle, l’histoire viendra lui faire regretter ce geste : le tir au but suivant est réussi par Pedretti côté sochalien, alors que Pascal Belhommeau manque sa tentative pour Nantes. Sochaux est sacré… et Landreau peut s’en mordre les gants.
L’erreur de jeunesse : Neymar
Avant de devenir l’une des références mondiales de l’exercice, Neymar a aussi été un jeune feu follet, aussi fou que sa crête. En finale aller de la Coupe du Brésil 2010, le prodige brésilien obtient un pénalty et veut se faire justice lui-même… Mais sa Panenka ne trompe pas le portier adverse.
Heureusement pour le Ney, Santos remporte la manche aller 2-0 et malgré leur défaite lors de la manche retour (1-2), ils sont sacrés. Et Neymar, avec 11 réalisations, termine meilleur buteur de la compétition.
La sentimentale : Dimitri Liénard
Un gamin du coin qui a marqué une Panenka pour offrir à son club son premier trophée majeur depuis près de 15 ans. Champion de National (2016) et de Ligue 2 (2017) avec Strasbourg, Dimitri Liénard, né à Belfort à 140 km de là, a aussi offert au RCSA une Coupe de la Ligue en 2019.
Au terme d’un terrible 0-0 au stade Pierre-Mauroy, Strasbourg et Guingamp ont réglé les débats aux tirs au but. Une séance qui a rapidement tourné à l’avantage des Strasbourgeois, si bien que Liénard, troisième tireur, s’est senti suffisamment en confiance pour tenter — et réussir — ce geste.











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