« Tu m’écoutes, tu m’interromps pas ! » : Patrick Sébastien ulcéré face à Tristan Waleckx dans « Complément d’enquête »

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« L’échange a été un peu tendu », avait prévenu France 2. La chaîne n’a pas menti. Mardi, installé sur la scène du Paradis Latin, Tristan Waleckx, le présentateur de « Complément d’enquête », a pu faire réagir Patrick Sébastien au portrait que son magazine lui consacre ce jeudi soir à partir de 23 heures.

Une présence dans les célèbres fauteuils rouges de l’émission qui était loin d’être acquise. Après avoir initialement accepté de laisser les journalistes du service public le suivre, Patrick Sébastien a finalement refusé de participer à leur reportage. En cause, leur volonté de revenir sur son concert polémique de juillet dernier dans un camping naturiste du Cap d’Agde (Hérault).

Lors de ce dernier, une spectatrice montée sur scène aurait pratiqué une fellation sur l’animateur, et ce devant un public en partie composé de mineurs. Une affaire révélée d’abord par Mediapart, sur laquelle « Complément d’enquête » revient dans son numéro, nouvelles pièces à l’appui. Et le magazine de révéler que le parquet de Béziers a ouvert une enquête préliminaire dans ce dossier après un signalement de l’association Osez le féminisme - Patrick Sébastien sera entendu fin avril.

« Il y a une volonté de me nuire »

« Il y a une volonté de me nuire (…) dans tout ce reportage » et « dans cette affaire » du Cap d’Agde, réagit l’ex-animateur du « Plus grand cabaret du monde » au cours de son échange d’une vingtaine de minutes avec Tristan Waleckx, filmé dans les conditions du direct, à sa demande. Sur cette affaire précise du concert, Patrick Sébastien souligne qu’il n’y a « pas de plainte » contre lui. Il réaffirme aussi ne pas avoir vu de mineurs dans la salle. Et reproche aux organisateurs, s’ils ont bien été présents, de les avoir laissé entrer dans ce qu’il compare à un « temple du libertinage ».

Il invite aussi à se tourner vers la spectatrice. « C’est pas à moi qu’il faut s’en prendre, c’est à la dame. Moi, j’ai rien fait, (…) j’aurais dû arrêter le spectacle et porter plainte contre elle, c’est ça que je vais dire au procureur », commente-t-il au cours de l’échange. Avant de marteler une nouvelle fois sa version des faits selon laquelle la scène était en réalité mimée. Quand Tristan Waleckx le relance sur la possibilité qu’il s’agisse d’une fellation bien réelle, Patrick Sébastien s’emporte : « Tu n’en sais rien, t’as vu ma bite ? ».

Tutoyant tout au long de l’interview le journaliste de France 2, comme il a l’habitude de le faire avec nombre de ses interlocuteurs, le septuagénaire a du mal à cacher son agacement. La voix et les mains parfois tremblantes, il tente avec difficulté de réprimer sa colère comme il le reconnaît lui-même : « Je ne devrais pas m’énerver donc je vais me calmer ».

Refusant de répondre aux questions de son interlocuteur sur ses ambitions politiques, il s’agace d’être relancé à plusieurs reprises sur le sujet alors qu’il n’a pas fini de parler. « Attends, attends, juste une chose : si c’est toi qui parle, je n’ai rien à faire ici. Je peux parler ? Donc tu m’écoutes, tu m’interromps pas », lance-t-il au présentateur de « Complément d’enquête » en haussant le ton. « Je peux parler putain ? ! », lâchera-t-il même un peu plus tard.

« Une commande de Madame Ernotte »

Au cours de ce qui ressemble souvent à un « dialogue de sourds », l’ex star de France 2 tire surtout à boulets rouges sur le reportage qu’il vient de voir. Un « portrait à charge » selon lui, un « festival de manipulation » rempli de « trucs bidons » signé par un « prétendu journaliste ». À l’en croire, ce numéro du magazine relève d’un « complot », d’une « commande de Mme Ernotte », la présidente de France Télévisions, cible régulière de ses attaques depuis son départ avec fracas du groupe public en 2019. Et de s’emporter une nouvelle fois : « C’est un truc d’enculés, excuse-moi d’être grossier. Ce n’est pas journalistique ».

La rédaction du magazine de France 2 - « des gens malhonnêtes et malveillants » - est aussi la cible de son courroux. Tout comme son présentateur : « T’es pas un journaliste » lance-t-il par exemple à Tristan Waleckx. Ou plus tard : « J’ai envie d’expliquer qui je suis mais pas à toi ». Et de promettre qu’il le dira aux téléspectateurs, mais « en d’autres occasions ».

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