Cette fois-ci, il n’y a eu que peu d’allusions politiques dans cette 98e cérémonie des Oscars. Hormis le « non à la guerre, libérez la Palestine », lancé par Javier Bardem sur scène, la prise de partie la plus forte a sûrement été la remise de l’Oscar du meilleur documentaire.
La petite statuette a été décernée à « Mister Nobody contre Poutine » réalisé par David Borenstein et Pavel Talankin. Ce film retrace l’histoire d’un jeune instituteur russe menant une résistance silencieuse contre la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Poutine grimé en Pinocchio
Ce documentaire utilise près de deux années d’images tournées par Pavel Talankin lui-même pour montrer comment Moscou endoctrine les élèves avec des messages pro-guerre. Le vidéaste documente même sa propre persécution et son exil inéluctable. « Une chronique poignante et intime », selon le Hollywood Reporter.
En poste à Karabach, au fin fond de l’Oural, connue pour être l’une des villes les plus polluées au monde à cause de son usine de cuivre, Pavel Talankin devient, avec le début de la guerre en 2022, au fur et à mesure des images tournées, un lanceur d’alerte malgré lui.
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Il y raconte de l’intérieur les consignes émanant du Kremlin imposant aux enseignants de livrer l’explication officielle sur « l’opération militaire spéciale » visant à « dénazifier » l’ennemi. On peut y voir notamment la cérémonie du drapeau, nouvel élément du rituel scolaire, tandis que les enfants, certains âgés de 8 ou 10 ans, doivent apprendre par cœur des analyses géopolitiques qu’ils n’ont pas la maturité ni le recul pour comprendre.
Il suffit de toute façon de jeter un coup d’œil à l’affiche du film pour comprendre sa position politique. On y voit l’enseignant en question assis… Sur le nez allongé de Vladimir Poutine, caricaturé façon Pinocchio pour dénoncer ses mensonges.










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