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Un sondage américain met en avant une plus grande tolérance parentale au sujet des jurons et gros mots dans la bouche de leurs enfants. La chercheuse et codirectrice du sondage a commenté ces résultats et donné quelques conseils.
Et si les parents d’aujourd’hui étaient plus tolérants au sujet des gros mots ?
C’est en tout cas ce que laisse entrevoir un sondage américain mené par l’hôpital pour enfants de l’Université du Michigan (États-Unis).
Ce sondage, dont l’échantillon est représentatif des parents américains, est basé sur les réponses de 1 678 parents ayant au moins un enfant âgé de 6 à 17 ans. Les parents ont été interrogés en août 2025.
Il en ressort que seulement la moitié des parents estiment que les enfants ne devraient jamais dire de gros mots (47 %). 35 % pensent que cela dépend du contexte, 12 % des parents estiment que tout dépend du juron en question, et 6 % estiment même que cela n’est pas un problème.
Pourquoi dire des gros mots ?
Le sondage met en avant des préoccupations d’âge, preuve que les parents sont conscients des différences entre jeune enfant et adolescents, puisque les parents d’adolescents (13-17 ans) sont plus enclins à dire que cela dépend du contexte, tandis que les parents de jeunes enfants (6-12 ans) sont plus enclins à dire que jurer n’est jamais acceptable.
Côté fréquence des gros mots, la plupart des parents affirment que leur enfant ne jure jamais (44 %) ou rarement (32 %) ; tandis que 24 % indiquent que leur enfant jure occasionnellement ou fréquemment.
Quant aux raisons qui poussent les enfants à jurer, les parents sont là aussi bien conscients qu’elles peuvent différer : ce serait par habitude pour 41 % des parents, pour faire rire (36 %), pour attirer l’attention (21 %) ou « parce que c’est ainsi que les jeunes parlent actuellement » (27 %). Les adolescents jureraient davantage pour s’intégrer, là où les jeunes enfants utiliseraient les gros mots pour se faire remarquer ou faire rire.
« Les gros mots peuvent être une forme de monnaie sociale pour les jeunes », a souligné Sarah J. Clark, chercheuse et codirectrice de ce sondage. « Pour certains, c’est une question d’appartenance. Pour d’autres, c’est une façon de provoquer une réaction. Comprendre le “pourquoi” peut aider les parents à réagir plus efficacement », a indiqué l’experte, ajoutant que l’emploi de gros mots peut aussi survenir lorsque l’enfant n’arrive pas à exprimer ses émotions négatives autrement. Il est alors judicieux de l’y aider, en posant d’autres mots sur sa colère, sa tristesse etc., par exemple à l’aide d’un livre ou d’un support adapté.
Expliquer, rester cohérent, montrer l’exemple
Le dire d’arrêter, l’ignorer, le punir, lui expliquer pourquoi le mot n’est pas approprié… Les attitudes des parents vis-à-vis des gros mots de leurs enfants diffèrent du contexte et de l’âge de l’enfant.
« Les parents doivent examiner leurs propres attitudes afin de déterminer quels mots et quelles situations justifient une réaction. Les jeunes enfants peuvent ne pas se rendre compte que certains termes sont inappropriés ; les parents devront donc parfois leur en expliquer le sens, le contexte ou l’impact social pour favoriser la compréhension et l’empathie », conseille la spécialiste à l’origine du sondage. « Ces résultats montrent que les jurons ne sont pas seulement un problème de discipline. Ils sont liés aux relations entre pairs, aux normes familiales et à la façon dont les parents veulent guider le comportement sans réagir de manière excessive », a conclu Sarah J. Clark.
Conscients qu’ils ne sont pas tout blancs dans l’apprentissage des jurons chez leurs enfants, les parents sont 57 % à faire attention à leur langage, 39 % à réduire l’accès à certains médias, 28 % à demander à leur entourage de soigner leur langage. 20 % des parents sondés ont même avoué déconseiller à leur enfant certaines fréquentations, preuve de préoccupations allant au-delà du simple aspect linguistique.
Établir des règles, s’y tenir et tenir sa langue
Les auteurs de ce sondage invitent les parents à « établir des règles claires à la maison » pour aider l’enfant à savoir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, et estiment qu’une réaction « cohérente et mesurée face aux jurons est généralement plus efficace qu’une punition sévère ». Et lorsque l’enfant rapporte que ses camarades et amis disent des jurons, il faut y voir « l’occasion […] de réaffirmer [ses] propres convictions », tout en reconnaissant que les limites varient d’une famille à l’autre.
Mieux vaut également se tenir prêt à s’expliquer si un gros mot nous échappe en tant que parents, car un enfant dont on fixe des règles en matière de juron se fait généralement un malin plaisir à les rappeler à ses parents !

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