« Acte de censure » : après la perquisition de Violette & Co à Paris, l’éditeur du livre « taxé à tort d’antisémitisme » réagit

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C’est « indigne de l’État de droit ». La maison d’édition Social Bandit Media vient ainsi de s’exprimer pour dénoncer un « acte de censure » après la perquisition de la librairie parisienne Violette & Co début janvier, lors de laquelle les policiers ont recherché, en vain, un livre de coloriage accusé d’« incitation à la haine envers la population israélienne ».

Cette librairie lesbienne et féministe du XIe arrondissement, a été perquisitionnée, en vain selon son avocat, le 7 janvier en vue de saisir un cahier de coloriage pour les 6-10 ans intitulé « From the River to the Sea » (« De la rivière à la mer »). Lors de cette perquisition, « aucun livre n’a été trouvé ni saisi », avait indiqué vendredi le Parquet de Paris.

Pour Social Bandit Media, dans un communiqué, « toute atteinte » aux « libertés de création et de diffusion artistiques », protégées par la loi, « constitue des actes de censure ». La maison d’édition a indiqué avoir été informée « par la Commission de surveillance et de contrôle des publications à destination de la jeunesse (CSJP) » que son cahier fait l’objet d’un « avis défavorable à l’importation et à la diffusion en France » de la part de cette dernière.

Mais, ajoute-t-elle, « cet avis », rendu le 14 novembre et dont elle a eu connaissance « le 8 janvier », « n’a donné lieu à ce jour à aucun arrêté du ministre de l’Intérieur visant à interdire sa vente ou sa distribution, seule décision susceptible de justifier une (…) interdiction ».

« Forte connotation politique »

Dans cet avis consulté par l’AFP, la CSJP estime que « l’ouvrage présente un risque d’incitation indirecte à la haine et à la discrimination ».

Plus précisément, « son contenu est susceptible d’inciter à la haine envers (…) la population israélienne », selon la commission. Le cahier « contient des éléments à forte connotation politique et des prises de position à l’égard de l’État d’Israël sans contextualisation sur les raisons ayant conduit à sa création ».

« Par ailleurs le slogan de la rivière à la mer fait l’objet de controverses et est susceptible d’être lui-même interprété comme un appel à la suppression de l’État d’Israël ou à une remise en cause de sa légitimité et de la présence de sa population », écrit encore la CSJP. Ce slogan a été popularisé dans les années 1960 au sein de l’Organisation de libération de la Palestine et repris ensuite, notamment par le Hamas.

« La maison d’édition récuse les accusations infondées à l’encontre de ce livre taxé à tort d’antisémitisme et d’incitation à la haine », a indiqué son avocat, Tewfik Bouzenoune. Elle « conteste également la mise en œuvre d’une procédure pénale visant à censurer » le cahier. Une enquête a été ouverte au commissariat du XIe arrondissement pour « importation de publication destinée à la jeunesse comportant un contenu dangereux pour elle en raison de son caractère pornographique, illégal ou immoral », selon le Parquet de Paris.

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