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La première motion signée par La France insoumise, les communistes et les écologistes a été votée par 269 députés. Celle déposée par le Rassemblement national et l’Union des droites pour la République d’Eric Ciotti a obtenu 142 voix.
La présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, et le député LFI, Eric Coquerel, regardent le premier ministre, Sébastien Lecornu, à la tribune lors de l’examen de motions de censure, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 23 janvier 2026. Sans surprise, les deux motions de censure déposées par une partie de la gauche et par l’extrême droite après le premier 49.3 de Sébastien Lecornu sur le budget n’ont pas été adoptées par l’Assemblée nationale, vendredi 23 janvier. Elles font suite au recours à l’article 49.3 de la Constitution par le premier ministre, mardi, sur le volet recettes du projet de loi de finances.
La première motion signée par La France insoumise, les communistes et les écologistes a été votée par 269 députés. Quant à celle déposée par le Rassemblement national et l’Union des droites pour la République d’Eric Ciotti a obtenu 142 voix.
Or pour qu’une motion de censure soit considérée comme adoptée, il faut recueillir la majorité absolue des députés, soit 288 voix actuellement (deux sièges sur 577 sont actuellement vacants). Les deux motions de censure ayant été rejetées – en raison notamment de l’absence de vote des députés socialistes et des Républicains –, la première partie du budget est donc adoptée par l’Assemblée nationale. M. Lecornu devrait de nouveau engager la responsabilité de son gouvernement à la mi-journée vendredi, cette fois sur la partie dépenses et l’ensemble du texte.
Orateur pour les groupes de gauche qui ont signé la première motion, le président de la commission des finances, Eric Coquerel (La France insoumise) a estimé que « tout dans ce budget est une escroquerie », profitant de son discours pour faire le procès du bilan d’Emmanuel Macron qui a selon lui permis aux « ultra-riches » de « légalement s’enrichir ». « Depuis 2017, l’industrie recule (…), les faillites se succèdent. Depuis 2017, l’investissement recule, les conditions de vie reculent. Votre budget pour 2026 ne va rien arranger », a estimé M. Coquerel de la tribune de l’Assemblée.
Quelques minutes après, c’est au tour de la présidente du groupe du Rassemblement nationale, Marine Le Pen, de venir défendre sa motion de censure et de dénoncer le contenu du budget. « L’annonce de mardi dernier sonne comme la trahison du pacte solennel que vous aviez conclu, les yeux dans les yeux et quelques trémolos dans la voix, avec la représentation parlementaire et le pays », a-t-elle fustigé, estimant que M. Lecornu a « échoué politiquement à trouver une majorité pour porter un projet d’intérêt pour la France ».
M. Lecornu dénonce « l’obstruction » de certains groupes parlementaires
« Depuis l’automne, le gouvernement a fait un choix, assumé, transparent, celui de faire confiance aux débats parlementaires (…). Ce n’était pas une tactique, c’était une conviction », a répondu à la fin des discours des groupes parlementaires Sébastien Lecornu, rappelant l’adoption à l’automne du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, sans avoir recours au 49.3. Mais le premier ministre a regretté que « le débat se [soit figé] à partir du moment où la perspective d’un engagement de la responsabilité du gouvernement a été de nouveau évoquée par certains dans la presse ».
« Un phénomène bien connu est réapparu, a-t-il poursuivi. Chacun a commencé à regarder ailleurs. Certains ont poursuivi leur obstruction, non pas pour convaincre, mais pour empêcher une fois de plus toute issue. Organiser le blocage pour mieux le dénoncer ensuite. D’autres ont déserté les espaces de travail, comme si le compromis était devenu trop coûteux, trop exigeant, trop fatigant. »
Sur le fond du texte, Sébastien Lecornu a rappelé que la version retenue par l’exécutif « n’est pas la version initiale du gouvernement », assumant toutefois un texte dont l’objectif de déficit a été placé à 5 % par rapport au PIB. « C’est un texte issu du compromis, un texte travaillé et modifié, ajusté parfois au prix de renoncements pour le gouvernement lui-même, pour tenir compte des discussions et des équilibres recherchés dans cet hémicycle », a-t-il argué, ajoutant : « La gauche dira que c’est un budget de droite. La droite dira que c’est un budget de gauche, antienne bien connue. Et pendant ce temps, plus personne ou presque ne veut l’endosser. »
Le Monde avec AFP
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