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Economie. De grandes annonces et derrière une administration qui improvise. La proposition du président américain pour relancer le commerce maritime a un air de déjà-vu.
Publié le 14/03/2026 à 07:00
Le pétrolier Luojiashan est ancré à Mascate, alors que l'Iran promet de fermer le détroit d'Ormuz, dans un contexte de conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran, à Mascate, Oman, le 7 mars 2026.
REUTERS
Dans le chaos créé par les drones iraniens et les missiles occidentaux, l'idée a vite fait "pschitt". Donald Trump espérait relancer le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz en proposant un système d’assurance bon marché. Mais comme souvent avec le président américain, les discours enflammés peinent à se traduire par de véritables avancées sur le terrain. Spécialiste de la politique américaine au Cato Institute, Tad DeHaven décrypte pour L'Express le schéma de pensée du président américain, son désir de créer un fonds souverain qu’il pourrait gérer à sa guise sans l'aval du Congrès, mais aussi les nombreux problèmes soulevés par la gouvernance trumpiste.
L’Express : La proposition de Donald Trump visant à réduire le coût de l’assurance pour les navires transitant par le détroit d’Ormuz, est-elle adaptée à la situation ?
Tad DeHaven : Pas vraiment. Il s'agit d'un problème lié au risque de guerre, et pas simplement d'un manque d'argent. Les assureurs procèdent à une réévaluation agressive des tarifs. Les menaces physiques persistent, même si la Lloyd's a déclaré que la couverture dans le Golfe "restait actuellement en place", ce qui signifie que le marché est sous pression mais pas absent. Ce que Trump a décrit se présente comme une protection universelle et bon marché pour tout le commerce maritime. Or ce que la Société financière internationale pour le développement (DFC), qui doit servir de support à cette politique, a réellement annoncé, c'est un mécanisme de réassurance beaucoup plus restreint destiné à des navires répondant à certains critères avec des couvertures limitées. Cela peut aider à la marge, mais ne permettra pas de rétablir un trafic normal si les armateurs continuent de penser que le danger est trop grand.
En quoi cette annonce est-elle semblable aux autres interventions du président américain ?
Parce qu'elle suit le schéma habituel. Donald Trump commence par une déclaration radicale qui implique un contrôle personnel sur un problème ou une réserve d'argent, puis la bureaucratie se met en quête d'un mécanisme plus restreint qui puisse s'inscrire de manière plausible dans le cadre de la législation existante. Dans le cas du détroit d’Ormuz, le président américain a promis une assurance et des garanties à un prix très raisonnable qui bénéficieraient à tout le commerce maritime. Quelques jours plus tard, la DFC a lancé un programme de réassurance plus conditionnel, assorti de critères d'éligibilité, de couvertures limitées impliquant des intermédiaires privés.

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