Du haut de ses 170 ans, ce ginko du Loiret est sacré Arbre de l’Année 2025

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« Il y a eu un tel engouement autour de cet arbre et du concours que, très honnêtement, on aurait été déçus, pour toutes les personnes qui se sont mobilisées, s’il n’avait pas gagné », confie Coralie Loor, propriétaire du terrain sur lequel l’arbre est installé. « Aujourd’hui, on est vraiment très, très heureux », ajoute-t-elle.

Créé en 2011, le concours de l’Arbre de l’Année vise à mettre en lumière les arbres remarquables qui façonnent les paysages français, racontent une histoire et entretiennent un lien affectif fort avec celles et ceux qui les présentent. Les candidatures peuvent être portées par des particuliers, des familles, des associations, des communes ou encore des écoles.

Pour l’édition 2025, 120 candidatures, venues de toute la France, Outre-mer compris, ont été déposées. En septembre, un premier jury a retenu 13 arbres, chacun représentant une région. Soumis ensuite au vote du public entre le 8 novembre et le 22 décembre 2025, ils ont mobilisé 25 976 votants à l’échelle nationale.

Un « fossile » vivant de 27 m de haut

Avec son tronc de 5,1 m de circonférence et ses 27 m de hauteur, le ginkgo du parc du domaine Saint-Hilaire n’est ainsi pas passé inaperçu. Originaire de Chine, ce « fossile vivant », unique survivant d’une famille d’arbres apparue à l’ère primaire, aurait été planté au XIXᵉ siècle.

« On ne connaît pas la date exacte de sa plantation, mais on sait qu’il a été choisi par une femme qui vivait ici avec sa famille et qui avait une vraie sensibilité pour la botanique et le paysagisme, explique Coralie Loor. Elle avait dessiné le jardin elle-même et fait venir des plantes exotiques ».

La propriété, autrefois bien plus vaste, appartenait initialement à la famille Landron, une lignée de tanneurs locaux très connue, avant de devenir la maison d’un médecin. « Nous sommes les troisièmes propriétaires, mais l’arbre, lui, a traversé toutes ces époques », sourit-elle.

Si le ginkgo a atteint de telles dimensions, c’est aussi grâce à son environnement. « Nous sommes au bord de la Mauve, et il y a très probablement des sources sous le terrain, précise encore la propriétaire. Il a toujours eu de l’eau et aucun arbre à côté de lui, ce qui lui a permis de s’épanouir pleinement ».

Seul un élagage léger a été nécessaire il y a quelques années. « Il a été planté trop près de la maison, sans doute sans imaginer qu’il deviendrait aussi imposant. Certaines branches touchaient les fenêtres et pouvaient casser sous le poids de la pluie. »

Un mariage sous ses branches

Au fil du temps, l’arbre est aussi devenu un lieu chargé d’émotions. « Des personnes se sont demandé en mariage sous le ginkgo. Elles se sont mariées l’an dernier. C’était une petite cérémonie très chouette », raconte Coralie Loor.

Aujourd’hui transformée en maison d’hôtes, la propriété accueille des visiteurs venus parfois spécialement pour admirer l’arbre. « Tous nos clients le voient en arrivant. C’est la première chose qui les touche », souligne la propriétaire.

Si aucun événement n’est encore organisé sur place, cette reconnaissance ouvre des perspectives. « On nous a déjà proposé d’accueillir des concerts de musique classique. Le parc s’y prête, mais pour l’instant, nous étions très occupés par les travaux de la maison », explique Coralie Loor.

L’objectif reste avant tout la valorisation du patrimoine naturel local. « Ici, il n’y a pas qu’un arbre exceptionnel. Il y a aussi des jardins remarquables ouverts au public, comme le jardin Bocklin ou la Folie Hubert. On a envie de faire connaître notre territoire, qui n’est pas toujours assez reconnu. »

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