A la sortie du conseil des ministres, Sébastien Lecornu a dénoncé des tentatives « très claires de sabotage » de la part de LFI et du RN. Il a par ailleurs réaffirmé à plusieurs reprises son objectif de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut.
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Le point sur la situation, lundi 19 janvier à 21 heures
- Sébastien Lecornu s’est résigné, lundi, à recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote le budget de l’Etat à l’Assemblée nationale. Quelques mois après y avoir renoncé, le chef du gouvernement a officialisé, avec « regret » et « un peu d’amertume », le recours dès « mardi » à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.
- Le premier ministre a répété s’être engagé « sincèrement » à contenir le déficit public à 5 % du produit intérieur brut, sans augmenter la fiscalité des ménages et en assurant une « stabilité fiscale ».
- Le 49.3 sera activé mardi après-midi sur le volet recettes du projet de loi de finances, puis, sauf censure, une deuxième fois quelques jours plus tard sur la partie dépenses. Le texte irait ensuite rapidement au Sénat, puis reviendrait à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3. Selon le calendrier retenu, un budget définitif pourrait alors être promulgué autour de la mi-février.
- Le premier ministre a reçu le soutien d’Emmanuel Macron. En conseil des ministres, le chef de l’Etat a jugé que le compromis permettrait la « stabilité » et « au pays d’avancer », a rapporté la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
- La présidente du groupe La France insoumise, Mathilde Panot, avait déjà prévenu que ses députés déposeraient en retour une motion de censure du gouvernement, contre « un budget de malheur ». Marine Le Pen, cheffe des députés du Rassemblement national, a dénoncé « des annonces irresponsables pour acheter le PS [Parti socialiste] au mépris de l’intérêt national », et annoncé une autre motion de censure.
- Pour faire passer le budget de l’Etat, le premier ministre compte sur l’abstention des socialistes, qui semble acquise. « Je crois que les conditions sont réunies » pour éviter une censure du PS, a estimé, lundi soir, le patron des députés socialistes, Boris Vallaud, sur BFM-TV.
« On aurait dû sans doute dire aux socialistes à un moment “ça suffit” », réagit Marc Fesneau, questionnant la crédibilité de l’objectif de 5 % de déficit
« Quand vous ponctionnez les entreprises françaises, ça pèse sur les Français », a regretté dans L’Opinion Marc Fesneau, président des députés du Mouvement démocrate (MoDem). « On aurait dû sans doute dire aux socialistes à un moment “ça suffit” », a déploré le député, questionnant avec insistance la crédibilité de l’objectif de 5 % de déficit.
Bonsoir,
Oui, bien sûr, le voilà ! Pour rappel, pour qu’une motion de censure soit adoptée, il faut qu’elle recueille une majorité absolue de voix à l’Assemblée nationale, soit 288 votes (2 sièges sur 577 sont actuellement vacants).
« Grâce à notre pugnacité, au rapport de force que nous avons amorcé (…), des avancées sont allées dans le bon sens », affirme Boris Vallaud
Le président des députés PS est revenu sur les concessions faites aux socialistes par Sébastien Lecornu pour éviter le vote d’une motion de censure. Pour Boris Vallaud, le recours au 49.3 pour faire adopter sans vote le budget de l’Etat à l’Assemblée nationale « n’est pas une satisfaction ».
« Ce n’est jamais une satisfaction, quand on est parlementaire, de ne pas aller au bout d’un parcours parlementaire », a-t-il commenté sur BFM-TV, estimant que ces discussions avec le chef du gouvernement « n’ont pas été vaines ».
« Ce que nous nous sommes fixé comme responsabilité, c’est d’essayer d’être utile à la vie des Français et des Françaises », rappelle M. Vallaud, revenant sur les compromis politiques trouvés avec le premier ministre : forte hausse de la prime d’activité, gel de l’impôt sur le revenu, généralisation du repas étudiant à 1 euro, hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert, création de 2 000 postes dans l’éducation nationale, etc. « Je crois que les conditions sont réunies » pour éviter une censure du PS, a estimé lundi soir le patron des députés socialistes.
Le président du groupe Socialiste, Boris Vallaud, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 19 janvier 2026. « Il y a ceux qui jouent le jeu du débat parlementaire et ceux qui s’y refusent », a regretté le député socialiste, citant le Rassemblement national et La France insoumise. « Grâce à notre pugnacité, au rapport de force que nous avons amorcé (…), des avancées sont allées dans le bon sens », affirme M. Vallaud, estimant avoir « fait œuvre utile », sans pour autant « être fier de ce budget qui n’est pas le nôtre ».
Le premier ministre a confirmé qu’il va engager la responsabilité de son gouvernement en utilisant le 49.3 pour le budget, avec « regrets et un peu d’amertume ».
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Sur les concessions autour du budget 2026, Eric Coquerel dénonce « des petits cailloux autour d’un gigantesque volume de baisses et de coupes budgétaires ».
Pour Eric Coquerel, les dernières concessions budgétaires, ce sont « des petits cailloux autour d’un gigantesque volume de baisses et de coupes budgétaires (…) de plus de 20 milliards ».
Le président (La France insoumise) de la commission des finances est revenu sur les concessions faites aux socialistes, notamment la généralisation du repas étudiant à 1 euro et hausse de la prime d’activité, rappelant que ces mesures coûtaient respectivement « 80 millions d’euros et 700 millions d’euros ».
« A côté de ça, vous avez 13 milliards de coupes budgétaires, y compris sur des ministères qui concernent le travail et les personnes qui ont besoin de solidarité », tempère le député LFI, évoquant « quelques miettes sur la table » qui sont « un leurre ».
Transmission d’entreprise familiale : fin de l’exemption fiscale pour « les biens personnels », annonce Amélie de Montchalin
Le budget 2026 va mettre fin à une exemption qui a permis à des contribuables d’échapper à l’impôt en rangeant des « biens personnels » parmi les actifs d’une entreprise familiale, a annoncé lundi la ministre Amélie de Montchalin.
« Nous sortons tous les biens personnels, tous les biens somptuaires, des pactes Dutreil », a expliqué à la presse la ministre de l’action et des comptes publics, en référence à la loi de 2003 qui allège la fiscalité lors de la transmission des entreprises familiales, afin d’aider ces dernières.
« Seul le retour aux urnes permettra de sortir par le haut d’une crise de direction qui coûte cher à la France », estime Jordan Bardella
« Les marchandages d’appareils n’ont jamais constitué une majorité viable pour le pays. En annonçant le recours au 49.3, le premier ministre reconnaît que son gouvernement est minoritaire à l’Assemblée nationale et frappé d’illégitimité démocratique. Seul le retour aux urnes permettra de sortir par le haut d’une crise de direction qui coûte cher à la France », a commenté, sur X, le président du Rassemblement national (extrême droite), Jordan Bardella.
Les Ecologistes n’ont « aucune raison de ne pas censurer » le gouvernement, selon Marine Tondelier
Interrogée sur LCI, la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, a assuré que les députés de son parti n’avaient « aucune raison de ne pas censurer [le] gouvernement, car ce budget est mauvais pour les Français ». « Encore une preuve que les promesses des macronistes n’engagent que ceux qui les croient », a-t-elle ajouté au sujet de l’utilisation du 49.3.
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Ne disposant pas de la majorité absolue à l’Assemblée, le gouvernement a la possibilité de « passer en force » en ayant recours à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter directement un texte de loi, en l’occurrence le projet de loi de finances pour 2026.
Comment fonctionne l’article 49.3, qui a été déclenché par Sébastien Lecornu pour faire passer le budget ?
Par Lara Pino Lerro, Romain Imbach, Romain Geoffroy
Après trois mois de débats infructueux, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé, lundi 19 janvier, lors d’un conseil des ministres réuni pour l’occasion, qu’il recourait à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le budget de l’Etat. Une solution qu’il avait dans un premier temps écartée au nom de la recherche d’un compromis, mais qui s’est heurtée à un constat de blocage des débats à l’Assemblée nationale.
Emmanuel Macron salue une copie budgétaire qui garantit la « stabilité » et « permet au pays d’avancer »
Emmanuel Macron a estimé lundi en Conseil des ministres que la copie budgétaire de « compromis » proposée par le premier ministre, Sébastien Lecornu, pour 2026 garantissait la « stabilité » et permettait « au pays d’avancer », a rapporté la porte-parole du gouvernement.
Le président a souligné que ce travail avait « nécessité des compromis et des concessions de la part de chacun », a expliqué Maud Bregeon devant la presse. Cette équation budgétaire « permet de contenir le déficit à 5 % » du produit intérieur brut (PIB), « de garantir une stabilité et d’être cohérent avec la politique économique suivie », mais permet aussi « au pays d’avancer », a-t-il déclaré. « La feuille de route est remplie et nous devons toutes et tous la défendre, en défendre le résultat », a-t-il ajouté devant ses ministres, selon les propos rapportés.
Amélie de Montchalin annonce des « économies supplémentaires » sur les opérateurs de l’Etat
« Nous mettons l’ensemble de la puissance publique dans un cadre extrêmement rigoureux », a annoncé la ministre de l’action et des comptes publics, évoquant « un certain nombre d’économies supplémentaires » qui « seront demandées à un certain nombre d’acteurs, notamment pour que nous puissions optimiser ce qu’on appelle leur trésorerie, qu’il n’y ait pas d’argent dormant, que les impôts payés par les Français soient utilisés aussi vite que nécessaire ».
« C’est l’argent des Français, nous devons être très précautionneux avec l’impôt que nous collectons et très rigoureux de la manière dont il est dépensé », a commenté Amélie de Montchalin.
Le Rassemblement national déposera aussi une motion de censure, annonce Marine Le Pen
Après La France insoumise, c’est au tour du Rassemblement national d’annoncer son intention de déposer une motion de censure, une fois que Sébastien Lecornu aura engagé la responsabilité de son gouvernement.
« Compte tenu des annonces irresponsables pour acheter le PS au mépris de l’intérêt national, annonces qui se traduiront par plus d’impôts et plus de dette, le groupe RN déposera évidemment une motion de censure », a fait savoir sur X la présidente du groupe d’extrême droite à l’Assemblée, Marine Le Pen.
« Il est plus que temps que les députés qui ont prétendu diminuer les impôts et rétablir les comptes publics prennent enfin leurs responsabilités », a-t-elle ajouté.
Sébastien Lecornu reconnaît « un semi-succès et un semi-échec » sur les textes budgétaires
Appelant à être « humble », le premier ministre a estimé que l’examen des textes budgétaires – le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale –, a été, pour lui, « un semi-succès et un semi-échec ».
« Ca fonctionné sur la Sécurité sociale [dont le budget a été adopté par le Parlement], personne n’y croyait, et ça a eu un mérite énorme, de remettre du sérieux et du calme dans la vie politique du pays », a-t-il poursuivi, avant de revenir sur son choix d’avoir recours au 49.3 sur le budget.
« Je vous rappelle que l’abandon du 49.3 était demandé par les forces politiques à l’Assemblée nationale. Et vous voyez bien que ces lignes évoluent depuis quelques jours, tout simplement parce que tout le monde en arrive aussi à la conclusion que l’on va dans une impasse », a-t-il ajouté.
« Nous avons visé la stabilité fiscale », argue Sébastien Lecornu
Sur le fond du texte, le premier ministre a défendu la « stabilité fiscale » pour 2026, avant de préciser : « Les impôts pour les ménages seront les mêmes en 2026 qu’en 2025. Tous les instruments de fiscalité sur les entreprises pour 99,9 % des entreprises seront les mêmes en 2026 qu’en 2025. »
« C’est aussi ça, un des éléments des points de compromis que nous avons tenté de tracer avec les différents groupes politiques », affirme le premier ministre, évoquant « une copie de compromis » qui contraint le gouvernement à « engager sa responsabilité ».
Le premier ministre a précisé que « d’autres éléments sur la copie ser[aient] évidemment précisés dans les heures qui viendront », appelant « les parlementaires à prendre leur responsabilité ».
Sébastien Lecornu revient sur son engagement de l’automne de ne pas avoir recours au 49.3, évoquant une séquence politique qui a permis « un moment de clarification » et « un compromis »
« Sur un terrain plus politique et personnel, j’avais pris aussi un engagement (…), j’ai fait le pari de [me] dire que, après deux censures de deux gouvernements différents, il fallait gouverner différemment », commente Sébastien Lecornu, évoquant la nécessité de « partager le pouvoir avec les collectivités locales [et] avec les partenaires sociaux ».
« Ce pari, parce que c’est un pari, c’était de se dire qu’il fallait que le Parlement aille jusqu’au bout, jusqu’au bout des débats, jusqu’au bout de ses votes, jusqu’au bout de ses amendements pour, au fond, déjà avoir aussi un moment de grande clarification », rappelle le premier ministre, rappelant les « trois cent cinquante heures de débat » autour du budget 2026.
« Ça nous a amenés, chemin faisant, à avoir un compromis, puis un projet de loi de financement pour la Sécurité sociale », se félicite-t-il.
Le premier ministre confirme qu’il va engager la responsabilité de son gouvernement en utilisant le 49.3 pour le budget
« Nous avons décidé, je dois le dire à titre personnel, avec une certaine forme de regrets et d’un peu d’amertume, d’engager la responsabilité du gouvernement, ce que je ferai demain sur la partie recettes du projet de loi de finances », confirme le premier ministre depuis l’Elysée.
Le chef du gouvernement a « conscience » de revenir sur sa parole. « Mais, en même temps, pour tenir parole, il faudrait que je m’entête, et (…) on finirait par dire que je suis têtu, et je ne veux surtout pas avoir l’ego mal placé et être source de désordre », a poursuivi le premier ministre.
Mais, pour M. Lecornu, « ce n’est pas parce qu’on engage la responsabilité du gouvernement qu’on abandonne l’idée du compromis, du travail sur le fond. Et c’est pour cela que la semaine dernière, vendredi, j’ai commencé à dessiner à quoi pouvait ressembler cette copie finale », sur laquelle il engagera la responsabilité de son gouvernement.
Sébastien Lecornu dénonce les tentatives « très claires de sabotage de la part de La France insoumise et du Rassemblement national »
Concernant les débats de ces derniers mois sur le budget 2026, Sébastien Lecornu a dénoncé « des tentatives très claires de pression, de sabotage, notamment de la part de La France insoumise et du Rassemblement national ». De l’Elysée, le premier ministre dénonce également « la désertion de certains groupes politiques de l’opposition (…), je pense aux écologistes et aux communistes ».
« On a quelque chose qui a commencé à s’embourber, à s’enrayer, avec au fond cette circonstance un peu particulière d’un gouvernement qui veut que les débats aillent jusqu’au bout mais un Parlement qui a acté que les travaux, eux, ne pouvaient pas aller jusqu’au bout », poursuit le premier ministre.
Sébastien Lecornu réaffirme son objectif d’arriver à « 5 % de déficit »
« J’avais pris plusieurs engagements au mois d’octobre : donner un budget à la France dans les temps, c’est-à-dire avant le 31 décembre », a commencé Sébastien Lecornu, de l’Elysée, avant de reconnaître que « le calendrier n’a pas été complètement respecté, en tout cas pour le budget de l’Etat ».
Le premier ministre a rappelé son objectif de ramener le déficit « à 5 % » du produit intérieur brut pour le budget 2026. « La crédibilité de la signature de la France dépend effectivement beaucoup de cette parole donnée à 5 % », a-t-il ajouté.
L’allocution de Sébastien Lecornu à l’Elysée commence
Le premier ministre doit notamment expliquer son choix d’avoir recours à l’article 49.3 de la Constitution pour l’adoption du budget.
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