France-Angleterre (48-46) : les Bleus couronnés au bout d’un match dingue et d’un suspense insoutenable

il y a 1 day 3

Un éclair de Jalibert et tout au bout de l’action, une pénalité de Ramos, après la sirène. Quarante-sept mètres, légèrement en biais. Un Stade de France qui explose. Cela tient à ça un Tournoi des Six Nations. Dans une enceinte de Saint-Denis en ébullition, les Bleus ont donc réalisé le doublé, en coiffant l’Angleterre (48-46), après le trophée décroché la saison dernière. Une première depuis 2006-2007. Un succès à l’arraché. Hallucinant.

Dans ce duel des livides, qui avaient besoin de retrouver des couleurs après de belles humiliations, on n’a pas vu très clair pour commencer. Pour s’y repérer entre les maillots blancs des Anglais, et ceux bleu ciel des Français, en hommage à la tenue portée lors du premier Crunch en 1906, il aurait presque fallu des lunettes de soleil.

Après une rapide et gentillette cérémonie célébrant les 120 ans de cette rivalité, les Bleus au plastron pâle ont mis dans leurs gestes et leurs attitudes toute l’intensité qui leur avait manqué en Ecosse. Subissant et maîtrisant dans un premier temps les assauts anglais, ils sont sortis de leur boîte dès qu’ils l’ont pu. Diablement. Par le plus rapide d’entre tous, Louis Bielle-Biarrey.

L’ailier de Bordeaux-Bègles, décalé sur son aile gauche sur un petit coup de pied rasant de son arrière Thomas Ramos, a une nouvelle fois enrhumé tout ce qui se présentait devant lui pour finir derrière l’en-but (7-0, 7e). Le début d’un sérieux mano a mano. Car dans cette partie au rythme échevelé, les coups donnés ont été aussitôt rendus. Louis Bielle-Biarrey, encore lui, démarqué cette fois sur un coup de pied de son ouvreur Matthieu Jalibert, a doublé la mise (14-5, 13e), portant, après deux autres essais en seconde période, son record personnel à 30 sous le maillot du XV de France, à 10 longueurs seulement de Diaman Penaud, le premier de la classe, écarté avant le début du Tournoi par Fabien Galthié.

Trop de mou en défense

Si ces Tricolores vexés ont montré du piquant en attaque, ils ont en revanche laissé trop de mou dans leur défense. Car le XV de la Rose s’est infiltré un peu trop facilement dans ses arrières. Une équipe anglaise elle aussi touchée dans son orgueil, éparpillée lors de ses trois dernières sorties par les Ecossais (31-20), les Irlandais à Twickenham (21-42), puis à Rome la semaine dernière, la première défaite de son histoire face à l’Italie (23-18). Une équipe révoltée, mais une équipe forcément en manque de confiance. La preuve, elle n’a pas su tenir l’avantage pris au fil de cette première période intense.

Les Bleus, eux, ont eu le mérite de toujours rester dans la course, bénéficiant d’un essai de pénalité sur un maul écroulé juste avant la pause (24-27, 40e), puis prenant l’ascendant au retour des vestiaires et semblant désarçonner pour de bon leur adversaire sur un essai de l’ailier de Pau Théo Attissogbe après une série de passes dignes de la NBA et une pénalité jouée rapidement (38-27, 49e). Il n’en a rien été. Car ces Tricolores sont décidément friables et laissent des munitions en route comme sur l’interception victorieuse du deuxième ligne Ollie Chessum (51e). Ils se sont donc retrouvés sous pression jusqu’au bout

De quoi nourrir quelques doutes. Car à un an et demi de la Coupe du monde en Australie (1er octobre au 13 novembre 2027), on ne peut pas dire qu’on en sache beaucoup plus sur cette équipe de France. Plus joueuse qu’à l’automne dernier où elle avait subi la loi des Sud-Africains (17-32) sur cette même pelouse de Saint-Denis, mais capable de s’effondrer en Ecosse (50-40) comme elle ne l’avait encore jamais fait en six ans sous l’ère Galthié (4 essais encaissés en 20 minutes à Edimbourg).

Pour les certitudes, il ne reste donc plus beaucoup de matchs pour s’étalonner d’ici au Mondial. Une première partie du Championnat des Nations cet été, avec un XV de France forcément remanié contre les All Blacks en Nouvelle-Zélande le 4 juillet, une semaine après la finale du Top 14. Puis une saison complète. C’est tout.

Lire l’article en entier