Tous les passionnés de jeux vidéo connaissent le principe du « cheat code » ou « code de triche » si l’on veut rester fidèle à l’autre langue de ce Crunch. Une série de touches à taper sur votre manette pour que votre personnage virtuel devienne invincible ou qu’il hérite d’une arme surpuissante. Vous avez saisi l’idée ? Transposée au rugby du XV de France version Galthié, cela donne Louis Bielle-Biarrey, sa vitesse de barjot et son torrent d’essais.
Absolument jouissif ou affreusement rageant selon votre côté de la Manche, le show LBB a électrisé ce Crunch avec un quadruplé dingue infligé au XV de la Rose. Une performance historique pour le jeune homme de 22 ans, qui compte désormais plus d’essais - 29 - que de sélections - 27 - dans cette équipe de France, victorieuse des Anglais sur le fil ce samedi soir (48-46), qu’il a découverte en 2023, juste avant la Coupe du monde à domicile.
La recette ? Quitte à se répéter depuis l’éclosion du phénomène, sa vitesse qui relègue au rang de simples plots l’immense majorité des hommes que l’ailier de Bordeaux-Bègles croise sur un terrain.
Ses partenaires l’ont bien compris et savent qu’en le cherchant au pied en profondeur, il y a de fortes chances que le phénomène aille finir son footing dans l’en-but sous le regard dépité de ceux chargés de maîtriser la menace.
Encore un Tournoi historique
Dès la 4e minute, Thomas Ramos tente l’astuce, mais se loupe. Trois minutes plus tard, la semelle de l’arrière toulousain, qui avait envoyé Bielle-Biarrey vers un essai décoiffant sur la même aile face aux All Blacks en novembre 2024, fait mouche. Les Anglais n’ont pas compris l’idée ? Matthieu Jalibert l’adapte à sa sauce à la 13e minute. Un coup de pied, de l’espace, et Bielle-Biarrey surgit.
Vous n’en avez pas assez ? On remet ça en seconde période pour permettre à son équipe de rebasculer en tête (66e). Ajoutez-y un autre essai, celui-là en pur finisseur après la pause (42e), et vous obtenez un morceau d’histoire de ces France-Angleterre.
Auteur de cinq essais dans cette édition du Tournoi des Six Nations avant ce Crunch, Louis Bielle-Biarrey est devenu le premier joueur à atteindre la barre des neuf, dépassant le record qu’il avait égalé l’an dernier. Ses anciens codétenteurs, Cyril Nelson Lowe et Ian Scott Smith, avaient atteint cette marque en 1914 et 1925. Lui écrit l’histoire de son sport à l’heure du rugby moderne.
Mais le réduire à ses lignes de stats est réducteur. « LBB » a enrichi son jeu, et s’est notamment amélioré dans les airs. On l’a vu s’élever dans le ciel de Saint-Denis pour volleyer la balle, et même s’imposer avec autorité au cœur de la seconde période. On veut chipoter ? Il y a ce premier essai anglais, où le Girondin est un peu juste, et ses deux plaquages manqués.
On préfère retenir son engagement, ses sprints pour aller perturber le buteur anglais Fin Smith sur les transformations, et surtout ces incroyables chevauchées qui sont déjà à ranger parmi les classiques d’un rugby français dont, sauf incident, il deviendra un jour le meilleur marqueur à la place de son partenaire de club, Damian Penaud, qui stagne à 40 unités depuis que Fabien Galthié a décidé de se passer de lui. Louis Bielle-Biarrey, lui, marque déjà l’histoire. À grandes enjambées.










English (US) ·