Hamnet, F1, Marty Supreme... Où voir les films en lice pour la statuette suprême avant les Oscars ?

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La cérémonie se tient dans la soirée du dimanche 15 mars. Les longs-métrages inscrits dans la catégorie reine sont visibles en salle, sur MyCanal, Netflix, ou à la location sur les plateformes VOD.

F1 de Joseph Kosinski

Au cinéma (séances rares), sur MyCanal et à la location en VOD

Un vétéran brisé sort de sa retraite trente ans après un terrible accident pour sauver la mise d’un vieux copain dont l’écurie est menacée par la faillite. Ruben Cervantes, patron de l’Apex Grand Prix, sait qu’en allant chercher son vieil ami Sonny Hayes (Brad Pitt), vieux pilote des années 1990, il risque le tout pour le tout. Il espère que le héros transmettra toute son expérience à une jeune recrue douée mais trop pressée de se faire une place au soleil, le « rookie » Joshua Pearce. F1 repose sur la rivalité entre deux pilotes. Même si l’intrigue semble parfois cousue de fil blanc, il serait malvenu de bouder son vrombissant plaisir. O. D. 

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L’avis du Figaro : à voir 

Hamnet de Chloé Zhao

Au cinéma

Désargenté, William Shakespeare enseigne pour rembourser les dettes de son père dans la campagne anglaise de la fin du XVIe siècle. Il s’éprend de la fille aînée de la maison. Les jeunes gens se plaisent et se veulent. L’harmonie est brisée par la mort de leur fils Hamnet, qui plonge sa mère dans la prostration, quand Shakespeare y puise l’inspiration de sa tragédie Hamlet. Chloé Zhao ressurgit là où on ne l’attendait pas. En résulte un récit qui désarçonne au départ par son sentimentalisme. Puis la grande faucheuse entre en scène et Hamnet bascule dans le foudroyant et le viscéral. La rage animale de Jessie Buckley le transforme en une expérience cathartique face à la mort et à l’absence. C. J.

L’avis du Figaro : à voir

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Marty Supreme de Josh Safdie

Au cinéma

Ce type est insupportable. Il se croit tout permis. D’un autre côté, voilà quelqu’un de terriblement attachant. À New York, en 1952, il vend des chaussures dans la boutique de son oncle. Sa vraie passion est le tennis de table. À l’époque, à part lui, personne en Amérique ne considère ce passe-temps comme un sport. Marty va leur montrer, à tous. Il braque son patron pour s’offrir le voyage à Londres, où a lieu le championnat. Il envisage de créer sa propre marque de balles, escroque un homme d’affaires avec l’épouse duquel il couche. Les humiliations n’effraient pas le héros. Marty Supreme est un marathon mené à la vitesse d’un sprint par un Josh Safdie survitaminé. On sort de là étourdi et ravi de l’être. É. N. 

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Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson  

Au cinéma (séances rares) et à la location en VOD

La pagaille règne. À la frontière mexicaine, des migrants s’entassent dans des camps de rétention. Des révolutionnaires à moitié hippies posent des bombes partout. La répression ne plaisante pas. Bienvenue en Amérique. Laquelle ? Celle d’aujourd’hui ou d’après-demain ? La date n’est pas précisée. DiCaprio s’agite, hagard, en ex-terroriste, le cerveau ramolli par les tonnes de drogue qu’il a absorbées. Il faut fuir, toujours fuir. Cela s’effectue à un rythme d’enfer. Anderson mène sa tragicomédie comme on conduit une Ford Mustang sur une route déserte : pied au plancher. C’est la bonne méthode. Le résultat oscille entre burlesque et inquiétude, interrogatoires musclés et sociétés secrètes, sexualité torride et dénonciation. Tel est notre monde. Il n’est guère glorieux, mais quel spectacle ! É.N.

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L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho 

Au cinéma (séances rares)

Un cadavre se décompose au beau milieu d’une station-service isolée dans le désert. Des chiens commencent déjà à pointer leurs museaux. Primé à Cannes, le long-métrage plonge en le chahutant le spectateur dans le Brésil des années 1970, au cœur de la dictature. En 1977, le régime pourchasse ses ennemis avec la plus vive énergie. Marcello fait partie de ceux-là. Fuyant São Paulo, cet intellectuel arrive à Recife pour prendre un nouveau poste dans l’administration. Wagner Moura, prête ses traits à ce protagoniste mystérieux, toujours sur le qui-vive. L’Agent secret tisse alors des liens entre hier et aujourd’hui, et s’affirme comme un film sur la mémoire. L’histoire d’un homme qui veut rester fidèle à ses valeurs dans un pays où tout le monde lui crie de les oublier. O. D.

L’avis du Figaro : à voir

Valeur Sentimentale de Joachim Trier

Sur MyCanal et à la location en VOD

Agnès et Nora voient leur père débarquer après de longues années d’absence, à l’enterrement de leur mère. Il ne manquait plus que ça. Ce cinéaste sur le retour n’a donc aucune pudeur. Qu’est-ce qu’il croit ? Il ne suffit pas de revenir, de claquer dans ses doigts, de proposer à Nora d’être la vedette de son nouveau projet. Refus de l’intéressée. Puisque c’est comme ça, il se rabat sur une star hollywoodienne. Joachim Trier filme avec une douceur veloutée, tchékovienne, ces ego qui se percutent. Valeur sentimentale, grand prix au dernier Festival de Cannes, balaie avec grâce la gamme des sentiments les plus violents, à la façon d’un Bergman contemporain. Le compliment n’est pas mince. É.N

L’avis du Figaro : à voir absolument

Sinners de Ryan Coogler 

Au cinéma (séances rares), sur MyCanal et à la location en VOD

Michael B. Jordan joue le double rôle des frères jumeaux Smoke et Stack, de retour dans leur ville natale du Mississippi, en 1932, après avoir tenté de se faire une place dans la pègre de Chicago. Les frangins achètent une grange pour la transformer en établissement qui tient du débit de boissons, de la salle de jeux et du dancing. Ils embarquent dans l’aventure leur jeune cousin, un musicien porté sur la bouteille, un couple d’épiciers chinois, et des anciennes amours prêtes à rallumer la flamme. Ryan Coogler ose un croisement habile entre La Couleur pourpre, de Steven Spielberg, et Une nuit en enfer, de Robert Rodriguez. Indéniablement l’une des plus belles réussites de Warner depuis longtemps. É. S.

L’avis du Figaro : à voir 

Bugonia de Yorgos Lanthimos 

Au cinéma (séances très rares)

Emma Stone dirige une multinationale spécialisée dans les produits pharmaceutiques et les pesticides. Deux illuminés qui la rendent responsable de tous les maux décident de la kidnapper. Un redneck aux allures de hippie et son cousin, à moitié retardé, la séquestrent dans le sous-sol de leur ferme perdue au milieu de nulle part. La violence ne sera pas que psychologique. L’un des complotistes n’hésite pas à l’électrocuter avec du 400 volts. La prisonnière lui tient tête. Il ne s’agit pas d’un mince exploit. Bugonia  est une belle mécanique. Chaque séquence est source de surprises. Ce Misery à l’envers mélange gore et politique, insolence et originalité. Le cynisme a son couvert mis. L’ennui est absent. Remake d’un film sud-coréen de 2003, ce long-métrage de Yorgos Lanthimos est une aventure, une montagne russe. Nihiliste, sardonique, le réalisateur ne révolutionne peut-être pas le septième art, mais il a le mérite de le secouer. Le cocktail réveillera le plus assoupi des publics. É. N.

Frankenstein de Guillermo del Toro

Sur Netflix 

Le cinéaste mexicain n’a jamais retrouvé la poésie de ses débuts en posant ses valises à Hollywood, mais il avait su continuer à transmettre son goût des monstres et du bizarre. Après un Pinocchio en stop motion, il revient à la prise de vue réelle en adaptant le roman de 1818 qui le hante depuis l’enfance. Il faut près de deux heures trente à Del Toro pour narrer l’histoire de Victor Frankenstein, bien décidé à vaincre la mort après la perte de sa mère adorée. Del Toro injecte un peu de La Belle et la Bête. Un peu de Hulk aussi. Bien sûr, le monstre n’est pas celui qu’on croit. Del Toro, Tim Burton sans humour, signe un spectacle techniquement irréprochable et soigné. Mais sa créature indestructible et ses turpitudes laissent étrangement indifférent. É. S.

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Train Dreams de Clint Bentley

Sur Netflix 

Train Dreams  suit le destin d’un bûcheron itinérant qui, dans l’Amérique de la côte Pacifique des années 1910, va de chantier en chantier abattre des arbres pour construire des voies ferrées. Orphelin, sans éducation, l’homme a bien du mal à trouver une direction à son existence jusqu’à sa rencontre à l’Église avec Gladys. Ensemble, ils construisent une cabine aux abords d’une rivière. Mais ce refuge est détruit dans un gigantesque feu de forêt. Sa femme et sa fille sont portées disparues. Comment se reconstruire dans un tel maelstrom de destruction et de chagrin ? Réflexion contemplative sur le temps qui passe, les bonheurs éphémères, Train Dreams est aussi un portrait de l’industrialisation. La disparition d’un certain mode de vie. C. J.

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