Flanqué de son capitaine Antoine Dupont, Fabien Galthié est apparu détendu en conférence de presse une heure et demie après la fin du match. Soulagé d’avoir conservé son titre au terme d’une victoire sur le fil contre l’Angleterre (48-46), le sélectionneur a surtout souligné sa satisfaction d’avoir décroché un deuxième trophée de suite.
Avez-vous eu peur durant ce match au scénario incroyable ?
FABIEN GALTHIÉ. Peur, est-ce que c’est le mot qui convient ? Je ne sais pas. Cela a été âpre, complexe. Je ne suis pas certain que l’on ait le temps d’avoir peur. Cela a été dur jusqu’au bout.
Ce titre est-il plus appréciable ou non que celui de l’année dernière ?
On a gagné deux fois la compétition en suivant (auparavant le XV de France avait réalisé le Grand Chelem en 2022) mais pas avec la même équipe. Des joueurs ont changé. La structure de l’équipe a été modifiée. Et la compétition aussi a changé. Cette année, on a gagné les trois premiers matchs puis il a fallu se battre pour rapporter un point en Ecosse (défaite 50-40). C’est un Tournoi qui a une énorme valeur sportive, une énorme compétitivité. C’est monstrueux.
Comment qualifier ce match où les défenses ont été transpercées à de nombreuses reprises ?
Comment le qualifier ? Je dirais victoire finale. Quand on voit la complexité des rencontres, je ne vais pas bouder mon plaisir. Sur l’analyse, on s’est rendu compte que ces deux matchs n’ont pas été faciles. On avait idéalement commencé lors des trois premiers (victoires 36-14 contre l’Irlande, 12-54 au pays de Galles et 33-8 face à l’Italie) et on pensait peut-être que ce serait plus simple. On a rapporté six points au classement grâce au jeu des bonus sur les deux dernières rencontres. On a appris ce jeu des bonus. Avant la mi-temps, le choix de prendre la pénaltouche nous permet de marquer. Ce qui est incroyable dans ce match, c’est que ça s’inverse à chaque fois. Nous sommes allés chercher la dernière pénalité. C’est le fruit de l’apprentissage.
« Louis Bielle-Biarrey marche sur les traces d’Antoine Dupont »
Que pouvez-vous dire de Louis Bielle-Biarrey qui a marqué quatre essais et porte son total avec les Bleus à 29 ?
C’est l’arme fatale. Il est incroyablement prolixe. Les qualificatifs sont difficiles à trouver, comme l’an dernier. Louis Bielle-Biarrey va peut-être être élu meilleur joueur du Tournoi des Six Nations comme l’an dernier. Il marche sur les traces d’Antoine Dupont.
Avec autant d’essais encaissés, l’équipe de France est-elle vraiment armée dans la perspective de la Coupe du monde dans un an et demi en Australie ?
Pour le moment, on a gagné une grande compétition mais ça fait partie des points à améliorer, c’est juste.
Lors de ce second mandat, le XV de France gagne des titres mais semble moins régulier que pendant le premier...
Il y a des points d’amélioration. Il nous reste encore un Tournoi des Six Nations. On va essayer d’être encore meilleurs. Demandez aux autres nations. Quand dans la presse on annonce que l’on va faire le Grand Chelem après le premier match, je trouve que c’est un manque de respect pour nos adversaires. On a conscience que chaque rencontre est une bataille différente de la précédente. Les autres nations sont très bonnes et difficiles à jouer. Les Anglais ont joué un rugby incroyablement intense et pourtant ils n’avaient rien à gagner à part battre la France à Paris.










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