Voilà une nouvelle preuve de l’importance du contenu de notre assiette pour notre santé mentale. Mais si certains pensent au chocolat contre la déprime, il est plutôt question ici d’adopter un régime alimentaire cétogène pour soigner dépression et anxiété.
Une étude scientifique publiée dans la revue Frontiers in Nutrition (Source 1) suggère en effet que l’adoption du régime cétogène pourrait réduire les symptômes de ces deux troubles de la santé mentale.
Cette petite étude a été menée au Royaume-Uni auprès de 19 adultes souffrant de diverses affections mentales, qui ont participé à un programme de thérapie métabolique cétogène (TMC), dispensé à la fois à distance et en groupe. Les besoins individuels des participants en macronutriments ont été respectés, tandis que les scores de dépression et d’anxiété ont été évalués au début de l’étude, puis à 4, 8 et 12 semaines.
17 participants considérés en rémission à l’issue du suivi
Résultat : à l’issue de l’expérience, les scores moyens concernant la dépression ont chuté de 62 % (passant de 13 à 5), avec 71 % des participants présentant une amélioration jugée cliniquement significative pour les chercheurs. Concernant l’anxiété, les scores moyens ont diminué de 13 à 7, soit une réduction de 46 %, avec une amélioration cliniquement significative pour 79 % des participants. Selon l’étude, 8 participants ont même atteint le stade de rémission pour la dépression, et 9 pour l’anxiété. Quant à leurs niveaux de cétones dans le sang, produits par l’organisme à partir des graisses, et marqueurs de la réussite du régime, ils étaient supérieurs à 0,5 mmol/L dans 85 % des cas, « ce qui indique une forte adhésion au traitement, avec des taux de cétones moyens de 1,1 mmol/L », écrivent les auteurs de l’étude dans leur résumé, en précisant qu’aucun événement indésirable grave n’a été rapporté.
Rappelons que le régime cétogène est une approche nutritionnelle consistant à modifier la façon dont l’organisme et le cerveau utilisent l’énergie. En remplaçant les glucides par de « bonnes » graisses, le corps entre progressivement dans un état de cétose, processus amenant le cerveau et l’organisme à utiliser les graisses comme source d’énergie plutôt que les sucres.
Une approche à considérer au vu de la crise de la santé mentale
« Les traitements traditionnels comme les antidépresseurs et la psychothérapie sont essentiels, mais se concentrent souvent sur la gestion des symptômes, et les délais d’attente actuels pour les soins constituent une crise nationale. Ces résultats démontrent qu’une approche métabolique, dispensée via un format de groupe numérique rentable, est non seulement réalisable, mais pourrait être transformatrice », a commenté Erin Bellamy, chercheuse britannique et coauteure de l’étude, dans un communiqué (Source 2).
Notons toutefois que ces résultats doivent être confirmés dans d’autres études, et ce d’autant plus que ces travaux n’ont été menés qu’auprès de 19 personnes, soit un très petit échantillon. L’équipe de recherche estime cela dit que de telles études complémentaires méritent d’être menées, puisqu’une telle approche alimentaire pourrait être une option pour répondre à la crise de la santé mentale qui frappe nos pays européens.

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