La relation entre l'Ukraine et la France s'est, une nouvelle fois, renforcée. En visite à Paris depuis vendredi, Volodymyr Zelensky a annoncé le test d'un nouveau système de défense aérienne, le SAMP-T. "Nous recevons un système cette année que nous testerons face aux menaces balistiques", a déclaré le président ukrainien devant plusieurs médias français, vendredi 13 mars. Une annonce gardée sous embargo depuis deux jours.
Construit par le consortium Eurosam, né de la collaboration entre le français Thales et l'italien MBDA, le SAMP-T est un système de défense aérienne nouvelle génération. Si le test est concluant, il sera une alternative au système actuel, le Patriot américain. Au-delà de la question militaire, ce choix est également stratégique pour Zelensky et son pays alors que les États-Unis ont coupé leur aide à l'Ukraine depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Futures commandes européennes
Selon le site d'Eurosam, le SAMP-T, qui sera livré à partir de cette année, peut détecter les cibles, notamment les missiles supersoniques, à plus de 350 kilomètres et les intercepter à partir de 150 kilomètres. Mais pour le constructeur, sa force réside dans le nombre limité de personnes nécessaires pour le manipuler. Composé de six lanceurs, il peut porter jusqu'à 48 missiles Aster.
Cette annonce intervient alors que la France et l'Italie souhaitent accélérer la mise en place de ce nouveau système de défense aérienne, dont ils ont, chacun, commandé une dizaine de modèles. Outre l'Italie, la France, et donc l'Ukraine, le Danemark prévoit d'acheter huit batteries de défense, quand la Norvège, la Grèce et la Belgique s'y intéressent selon Les Échos. Pour autant, le système n'est pas encore sorti d'usine. Malgré l'urgence du contexte international, le délai de fabrication du système est de trente mois quand il était encore de quarante-deux récemment.
À l'occasion de sa conférence de presse, Volodymyr Zelensky a aussi réagi aux demandes d'aide de la part de plusieurs pays du Moyen-Orient, alors que les drones Shahed utilisés par l'Iran sont les mêmes que ceux de la Russie. Depuis 2022, l'Ukraine a développé une expertise contre ces engins kamikazes bon marché, une expertise qu'envient désormais les États-Unis et leurs alliés. "Il ne s'agit pas d'être impliqué dans les opérations. Nous ne sommes pas en guerre avec l'Iran", a affirmé le président ukrainien qui a tout de même envoyé des équipes au Qatar, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et sur la base américaine en Jordanie.
Conflit invisibilisé
Mais Volodymyr Zelensky ne compte pas aider ces pays sans retour. "Pour nous aujourd'hui, la technologie et le financement sont importants", estime le chef d'État, qui ne ferme pas la porte à des signatures d'accords à long terme sur les drones avec des pays du Golfe. Si Volodymyr Zelensky avance que les États-Unis ont demandé de l'aide à son pays, Donald Trump réfute et affirme qu'il n'a pas besoin de l'Ukraine pour faire face aux drones iraniens. "Je voulais signer un accord d'une valeur d'environ 35 à 50 milliards de dollars", a notamment détaillé Volodymyr Zelensky.
D'autant que le conflit au Moyen-Orient invisibilise la situation de l'Ukraine, qui continue de lutter contre l'invasion russe. Alors qu'une nouvelle session de pourparlers devait avoir lieu entre Kiev, Moscou et Washington aux Émirats arabes unis il y a deux semaines, elle avait été reportée à cause des frappes américaines et israéliennes sur l'Iran. Selon l'Ukraine, Washington a proposé une nouvelle session aux États-Unis mais la Russie a refusé de se rendre là-bas.

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