Vu du ciel, le pont Marguerite enjambant le Danube est plein à craquer. Les partisans du Premier ministre Viktor Orban sont venus en nombre à Budapest, ce 15 mars. Cocarde rouge blanc vert de rigueur, aux couleurs de la Hongrie, drapeau national en main. Par endroits, flotte celui de la Transylvanie - en mémoire de cette terre perdue au lendemain de l’effondrement de l’Autriche-Hongrie en 1918.

Ce dimanche 15 mars, jour de fête nationale célébrant la révolte de 1848 contre la domination des Habsbourg, le parti au pouvoir Fidesz et son adversaire Tisza se sont livrés à un duel saisissant en plein cœur de la capitale hongroise : à quelques rues d’écart, deux marches concurrentes en forme de test de popularité grandeur nature à un mois d'élections législatives décisives le 12 avril. Pour la première fois, le chef du gouvernement national-populiste risque son siège face à une opposition unie, incarnée par Peter Magyar, son ancien compagnon de route devenu dissident. Face à face, deux Hongrie polarisées à l’extrême.

L'obsession Zelensky

Côté Fidesz, une obsession devenue l’unique thème de la campagne. Elle tient en 8 lettres : Zelensky. Le président ukrainien est omniprésent sur les affiches de campagnes pro-pouvoir. Dans le défilé, ce 15 mars, des pancartes le montrent en photo à côté de Peter Magyar, représenté comme sa marionnette. En tête du cortège, une banderole jure que la Hongrie ne sera pas "une colonie de l’Ukraine". Au départ de cette "Marche pour la paix", se tient Attila Steiner, secrétaire d'État à l'Énergie et adversaire direct de Peter Magyar dans sa circonscription. "J'ai beaucoup voyagé à Bruxelles pour participer à des discussions sur les questions énergétiques. J’ai constaté une très forte pression de l’Union européenne en faveur de la guerre, de manière directe ou indirecte, en armant ou en finançant Kiev", affirme-t-il.