En « solidarité » avec les agriculteurs français, très remontés contre l’adoption par l’Union européenne de l’accord de libre-échange du Mercosur (avec l’Amérique du Sud), le département du Loiret s’est engagé à ne plus jamais servir de produits sud-américains dans les assiettes des collégiens loiretains et, ce faisant, à agir « en faveur de l’agriculture locale, de la souveraineté alimentaire et du bien manger », explique Marc Gaudet, son président, lui-même issu du monde agricole et très hostile au Mercosur.
« Cet accord présente des risques économiques, sanitaires, environnementaux et sociaux, en particulier pour les filières agricoles locales, soumises à une concurrence ne respectant pas toujours les mêmes normes que celles imposées aux producteurs européens ». En réalité, les cantines des collèges du Loiret, qui servent en moyenne 3 millions de repas par an, ne proposent déjà pas beaucoup de produits importés depuis l’Amérique. Le président du département concède lui-même « avoir des doutes sur la provenance » de boulettes de viande dans des plats préparés. Mais à l’avenir, il n’est plus question « d’acheter de produits alimentaires originaires d’Amérique du Sud ».
Pour la collectivité territoriale, qui n’est pas encore dans les clous des objectifs fixés par la loi EGalim (au moins 50% d’achats durables et de qualité, dont au moins 20% issus de l’agriculture biologique), c’est aussi une façon de réduire l’empreinte carbone liée aux importations lointaines, « en cohérence avec les objectifs climatiques », soutient l’élu.
« C’est de la démagogie, de la foutaise »
L’annonce a été accueillie avec scepticisme par Pascal (son prénom a été modifié), un maraîcher installé dans le nord du Loiret, qui confie son « ras-le-bol d’entendre les politiques prononcer des belles paroles plutôt que de prendre des mesures concrètes pour la protection de leurs agriculteurs », grommelle-t-il.
« C’est terrible de prendre ce genre de décisions, qui n’engagent à pas grand-chose. On imagine bien que les bananes que mangent les élèves dans les cantines viennent déjà de Martinique plutôt que du Costa Rica ou de la Colombie. Tout ça, c’est de la démagogie, de la foutaise. Nous, on attend des décisions claires à l’échelle du pays et de l’Europe, pas des demi-mesures prises par les collectivités locales ».
La motion sera proposée au vote des conseillers départementaux lors de la prochaine session du 30 janvier 2026.











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