Politique. À travers la conservation de leurs bastions, les écologistes jouent également la bonne tenue de la primaire, dont les socialistes tentent de s'extraire.
Publié le 13/03/2026 à 18:00

Marine Tondelier (Les Ecologistes) et le premier secrétaire du PS, Olivier Faure lors d'une manifestation contre l'extrême droite à Paris, le 15 juin 2024
afp.com/Zakaria ABDELKAFI
"Vous faites ce que vous voulez, mais nos espoirs reposent sur vous pour les douze prochaines années." Mars 2014, place du marché d’Hénin-Beaumont. La colistière EELV du coin, une certaine Marine Tondelier, fait les cent pas téléphone en main. La gauche est en déroute dans le reste du pays mais l’Isère, elle, est un îlot. À l’autre bout du fil, un conseiller d’Éric Piolle reçoit quelques encouragements avant l’élection de son poulain à la mairie de Grenoble. Mais l’exception est un signal faible. Les Verts n’auront qu’à attendre le prochain scrutin local pour que la vague émeraude ne déferle sur les métropoles et autres villes de plus de 100 000 habitants. Comme un éternel recommencement à l’aube de nouvelles élections municipales où l’écologie n’est plus une priorité, certains édiles verts - comme à Lyon, Strasbourg ou Bordeaux - affichent une grise mine. Devenue aujourd’hui patronne des Écologistes, Marine Tondelier s’apprête ainsi à remettre en jeu le patrimoine du parti, et bien davantage encore.
Campagne à double face
Marine Tondelier a mené une campagne à double face. Côté pile, la secrétaire nationale des Écologistes est venue appuyer les listes portées par des Verts ou composées de personnalités de son cru. Elle et ses amis, comme le sénateur Thomas Dossus, voient même "la bérézina s’éloigner", escomptent d’autres conquêtes, à l’instar des villes de Talence, Fécamp ou Lorient. Jeudi 12 mars, les boucles écologistes ont chauffé, car les huiles ont fait circuler un bon sondage. À Lyon, le sortant Grégory Doucet remonterait petit à petit la pente face à Jean-Michel Aulas, pourtant donné largement vainqueur depuis le début de la campagne.
Côté face, la candidate à l’élection suprême, déclarée depuis l’automne a, au gré de ses 49 déplacements depuis le mois de janvier, "dont trois villes différentes dans la même journée", parfait sa connaissance des territoires. Cyrielle Châtelain, la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, a plaidé auprès de Marine Tondelier pour "ne pas nationaliser les municipales". La secrétaire nationale en a pris bonne note : "Elle a fait une campagne deux en un, mais n’a parlé que des municipales", jure l’un de ses amis.

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