CRITIQUE - Le réalisateur Brendan Canty met en scène un adolescent en colère de retour dans son quartier à Cork, au sud de l’Irlande, où la drogue a fait des ravages.
Passer la publicité Passer la publicitéLa coupe « Christy » a beau être rudimentaire, elle n’est pas si facile à décrire. Bien dégagé derrière les oreilles, mais pas non plus un mulet. Danny Power, l’interprète de Christy, s’est entraîné pendant deux ans sur sa famille et ses amis. On ne lui confierait pas forcément ses cheveux, mais on le verrait bien faire une belle carrière au cinéma.
Christy, c’est lui, grand adolescent de 17 ans plein de colère, triste et solitaire. On le découvre le poing en sang, viré de sa famille d’accueil, après une bagarre. Ses affaires tiennent dans un sac-poubelle. Shane (Diarmuid Noyes), son demi-frère, peintre en bâtiment, tout juste père, et sa compagne, l’accueillent chez eux, dans leur maison d’un quartier populaire de Cork. Christy est de retour dans son quartier, qu’il a quitté trop jeune pour y avoir des attaches.
Pour son premier long-métrage, Brendan Canty filme des gens loin de Dublin. Il filme sa ville natale, le quartier de Knocknaheeny, situé sur une colline. L’horizon n’en est pas moins bouché. La drogue a fait des ravages. Parmi ses victimes, la mère de Christy, fantôme qui hante les lieux et l’esprit du jeune homme. Christy aide un peu Shane à repeindre des maisons, traîne dans la rue et ne tarde pas à se faire « draguer » par Jammy, cousin aux airs de caïd cocaïnomane et toxique.
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Un groupe de rappeurs en herbe qui crèvent l’écran
Forcément, avec un tel paysage et de tels personnages, on pense à Ken Loach. En plus irlandais, plus frais, plus punchy. L’énergie et l’optimisme du film viennent de la formidable bande de gamins qui court les rues de Cork. Danny Power, mais aussi Jamie Forde (Robbot) et Darren Stewart (Ferret) sont issus du Kabin Studio, un centre culturel où les jeunes se retrouvent autour de la musique. C’est ici qu’est né le groupe de rappeurs en herbe qui crèvent l’écran.
Les habitants de Knocknaheeny ont l’air chafouins, jurent comme des charretiers, n’ont plus beaucoup d’illusions, mais ils se serrent les coudes. La rédemption de Christy par la coiffure, lien ténu et puissant avec sa défunte mère, n’a rien de capillotracté. On laissera cependant les professionnels juger le niveau d’excellence de la coupe « Christy ».
La note du Figaro : 2/4

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