A Nancy, on y a cru fort, très fort, à la victoire du Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Surtout au regard des performances livrées depuis le début de la compétition par le nouveau petit prodige des Lions de l’Atlas, Neil El Aynaoui. Le milieu de terrain de 25 ans, formé à l’AS Nancy Lorraine, s’est imposé comme un élément moteur de la sélection marocaine, qu’il n’a pourtant intégrée qu’en septembre dernier.
« Il a été égal à lui-même dans cette finale. Dans son abattage sur le terrain, sa grinta, sa projection… Il n’a vraiment pas chômé », témoigne son meilleur ami Jalil Moustaïd. Même après sa blessure à l’arcade lors d’un duel avec le Sénégalais El Hadji Diouf à la 65e minute, le Nancéien est reparti au combat. « Cela montre qu’il s’est rendu indispensable. L’image a fait peur. Il a tenu la fin du match, même s’il était sonné », ajoute Jalil Moustaïd.
La ville de Nancy avait mis en place une retransmission de la finale sur écran géant. Dans une salle quasiment toute acquise à la cause marocaine, nombreux étaient aussi les fans de Neil El Aynaoui à espérer l’exploit final. « Franchement, c’est trop dommage pour lui. Mais il a tout donné pour son pays. Il s’est imposé dans ce 11 en un temps record. Il a une grande carrière devant lui », réagit Mohamed, « fan de la première heure » du jeune Neil.
« Déjà à l’AS Nancy Lorraine, on voyait qu’il était au-dessus du lot, mais là maintenant, c’est une évidence. C’est la pièce maîtresse qu’il manquait au Maroc. Dire qu’il jouait encore en Nationale 3 il y a cinq ans. C’est fou ! »

Son meilleur pote sous les projecteurs internationaux lors d’une finale historique à domicile, Jalil Moustaïd, également d’origine marocaine, n’en a pas manqué une miette devant l’écran. « On a trois jours d’écart, lui est né le 2 juillet, et moi le 29 juin 2001. On a tout connu ensemble. Moi je suis arrivé à 8 ans à l’AS Nancy Lorraine, et lui à 9 ans. On a ensuite été quatre ans ensemble au centre de formation. Et il a réussi à être capitaine de son équipe de National à 21 ans », explique celui qui joue aujourd’hui en Nationale 2, avec le club de Thionville-Lusitanos.
Neil El Aynaoui, fils de l’ancienne star nationale du tennis dans les années 2000, Younès El Aynaoui, vient de boucler là sa première compétition internationale à l’aube de ses 25 ans. Et a marqué les esprits, en démarrant tous les matches en tant que titulaire, et sans sortir une seule minute.« Neil est devenu naturellement un élément clé du sélectionneur marocain car il court beaucoup, il harcèle beaucoup le porteur et a une grosse VMA, il a toujours été au-dessus du lot sur ça d’ailleurs », analyse Jalil, l’ami d’enfance.
« On se demande où il va s’arrêter »
Son ancien formateur à l’AS Nancy Lorraine, Nicolas Florentin, approuve. « Il faisait partie des garçons qui avaient déjà de bonnes aptitudes, en matière de motricité et de coordination. Il avait de grandes enjambées. Il a été le premier U15 que je n’ai pas fait jouer en U16 mais directement en U17 natio », se remémore le directeur du centre de formation nancéien, fier de son ancien élève.
« Il n’a pas fini d’avancer, on se demande où il va s’arrêter. C’est quelqu’un qui encaisse bien la charge de travail et qui gagne en agressivité, que ce soit en attaque ou en défense. Il ne fait qu’exprimer son potentiel », poursuit Nicolas Florentin. « En plus, c’est quelqu’un de très, très simple. Récemment, il m’a envoyé une photo où l’on était ensemble en U12. Il n’oublie rien et avance avec cet état d’esprit. Sa carrière est inspirante pour nos jeunes. L’image qu’il renvoie est essentielle à nos yeux, on voit toute l’humilité qui règne en lui, avec ses valeurs de travail et de générosité. Ici, tout le monde supporte notre ancien petit chardon (surnom donné aux joueurs de Nancy) ! », affirme Nicolas Florentin.
« Il est vraiment monté en puissance dans cette CAN, mais je ne suis pas surpris de ses performances. Au début, il était un peu stressé lors des premiers matchs. C’est normal, c’est sa première compétition internationale. Mais avec l’engouement en Afrique, on sait ce que c’est, c’est toujours plus… Jouer avec le Maroc au Maroc, ça lui a donné forcément de la confiance et de la force », poursuit Jalil Moustaïd.
« Il s’est fait un nom, en s’imposant au fur et à mesure de la compétition, il sera forcément beaucoup plus observé par ses adversaires à l’avenir, cela veut dire qu’il a vraiment pris une autre dimension », se réjouit l’ami d’enfance, et ce, malgré la défaite finale. « Je vais le laisser un peu tranquille. Le temps que la frustration redescende. Mais, franchement, pour sa première compétition, c’est déjà super bien ce qu’il a fait. Il a été très bon pendant cette CAN », conclut Jalil Moustaïd. « Il reviendra encore plus fort », assurent ses supporters dans la salle.












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