Pollution : froid et IA ont fait grimper les émissions américaines de gaz à effet de serre en 2025

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Les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis sont reparties à la hausse en 2025 avec un total en hausse de 2,4 %. Elles ont été entraînées par un hiver particulièrement rude et l’essor de l’intelligence artificielle. Ce bilan ne tient même pas encore compte de la politique pro pétrole du président Donald Trump.

Dans le monde développé, la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas depuis deux ans, faute d’investissements suffisants dans les technologies bas carbone, et malgré les effets très tangibles du dérèglement du climat. L’année 2025 devrait être confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre.

L’augmentation américaine sur un an tranche avec les deux précédentes années de baisse des émissions de la première économie mondiale et du deuxième pollueur, selon les estimations du Rhodium Group, un centre de réflexion et d’analyse américain. Ses experts préviennent que cette hausse néfaste pour le climat n’est même pas encore liée aux nouvelles politiques américaines favorisant les énergies fossiles au détriment des renouvelables.

La part des centrales à charbon en hausse

En Europe, les émissions de pays comme la France et l’Allemagne continuent certes de baisser, mais bien moins vite que les années précédentes, selon des estimations publiées depuis le début de l’année. Aux États-Unis, après le recul économique lié au Covid-19, les émissions étaient remontées avant de rebaisser en 2023 et 2024.

Mais, en 2025, l’empreinte carbone s’est alourdie, principalement à cause des secteurs du bâtiment et de l’énergie, avec respectivement + 6,8 % et + 3,8 %. De telles fluctuations sont liées à « une consommation de combustible plus élevée pour le chauffage » en raison de basses températures l’hiver, explique Michael Gaffney, coauteur du rapport. « Mais, dans le secteur de l’électricité, cela s’explique par la demande croissante des centres de données, des opérations de minage de cryptomonnaies et d’autres gros consommateurs d’énergie », poursuit-il.

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Aggravant la situation, les prix élevés du gaz naturel, dus à la demande en chauffage et aux exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), ont incité à un retour très fort du charbon, le combustible fossile le plus réchauffant pour l’atmosphère. La production d’électricité des centrales à charbon a augmenté de 13 % l’an dernier aux Etats-Unis.

Néanmoins, le solaire a lui aussi connu une bonne année, bondissant de 34 %, ce qui a contribué à porter la production d’électricité liée aux énergies bas carbone à 42 %, un niveau record. Quant au secteur des transports, le plus polluant, ses émissions sont restées relativement stables.

Blocage et annulation de projets

Les rejets américains ont baissé en moyenne de 1 % par an depuis leur pic en 2007, une tendance liée au remplacement du charbon par le gaz naturel, à la part croissante des énergies renouvelables et à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Mais depuis le retour au pouvoir de Donald Trump il y a un an, le pays tente de bloquer ou d’annuler des projets solaires et éoliens, et a révoqué des incitations fiscales à l’achat de véhicules électriques, tout en aidant les groupes pétroliers.

Selon Ben King, autre coauteur du Rhodium Group, les bons chiffres du solaire et des ventes de véhicules électriques témoignent néanmoins d’« un progrès soutenu ». « Le solaire, l’éolien, les batteries, figurent parmi les options les moins chères » et « les plus disponibles », relève-t-il. « Il y a donc une certaine impulsion économique à le faire, que la présidence américaine, le Parlement ou qui que ce soit l’apprécie ou non ».

La tendance à moyen et long terme reste toutefois incertaine. Et les États-Unis semblent loin de pouvoir atteindre l’objectif de réduction de 50 à 52 % de leurs émissions d’ici 2035 par rapport à 2005, fixé sous l’ancien président démocrate Joe Biden.

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