Faut-il s’attendre à des suppressions massives de comptes sur l’application préférée des jeunes ? Dans les prochaines semaines, la plate-forme de vidéos TikTok doit déployer un nouveau système de vérification d’âge de ses utilisateurs en Europe, indique l’agence Reuters ce vendredi. L’objectif ? Mieux détecter les comptes détenus par des enfants de moins de 13 ans, afin de les supprimer, conformément à ses règles d’utilisation et à la réglementation européenne.
En principe, les réseaux sociaux ne sont en effet pas accessibles aux moins de 13 ans. Mais ceux-ci laissent souvent la possibilité aux internautes de mentir sur leur âge à leur inscription, sans vérification.
La nouvelle technologie pensée par TikTok a fait l’objet d’essais durant un an en Europe, précise Reuters. Elle analyse notamment le profil d’un utilisateur, ses vidéos, son comportement en ligne, afin de déterminer s’il est mineur, puis effectue un signalement à un modérateur spécialisé qui poussera l’examen du profil visé, avant son éventuel bannissement.
En cas de suppression erronée, des recours seront possibles, avec un système de reconnaissance faciale de l’âge effectué par la société Yoti, des vérifications de carte bancaire et de pièces d’identité officielles.
Des interdictions pour les moins de 15 ou 16 ans ?
Toujours selon Reuters, un premier essai au Royaume-Uni a permis la suppression de milliers de comptes TikTok détenus par des enfants de moins de 13 ans.
La mise en place de ce nouvel outil de détection survient alors que de nombreux pays européens s’interrogent sur une possible interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ou 16 ans.
En France, plusieurs textes de loi suggèrent un bannissement des réseaux sociaux jusqu’à 15 ans afin de mieux protéger les jeunes en ligne. L’un a été initié par le président Emmanuel Macron, un autre par le groupe Renaissance de Gabriel Attal, et d’autres encore au Sénat.
Il y a quelques jours, l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses) a par ailleurs indiqué dans un avis que l’usage des réseaux sociaux nuisait à la santé mentale des adolescents, en particulier celle des filles.
Pour l’Anses, les « systèmes de captation de l’attention » des plates-formes « exploitent des vulnérabilités propres » aux adolescents (tendance à prendre des risques, à la comparaison sociale…) alors qu’ils n’ont pas les « capacités de régulation émotionnelle et comportementale » des adultes.
« Agir à la source »
En outre, les contenus véhiculent des « idéaux normatifs » inatteignables, intériorisés par les filles, via des images retouchées, pouvant « engendrer une dévalorisation de soi », « terrain fertile » pour les symptômes dépressifs et les troubles alimentaires.
L’Anses préconisait d’ailleurs d’« agir à la source » pour que les mineurs n’accèdent qu’à des « réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé ».
Les plates-formes doivent déployer « des systèmes fiables de vérification de l’âge et de recueil du consentement parental » afin de respecter la réglementation européenne sur les services numériques (DSA) et le règlement général sur la protection des données (RGPD), arguait encore l’Anses. Ce règlement prévoit une inscription possible à partir de 13 ans, avec une validation parentale entre 13 et 15 ans.
L’Australie est le premier pays du monde à avoir appliqué une interdiction des réseaux de sociaux pour les moins de 16 ans, entraînant la suppression de 4,7 millions de comptes Meta (Facebook, Instagram), TikTok ou encore YouTube. Une mesure qui déplaît à Meta, qui a d’ailleurs appelé le gouvernement australien à « trouver une meilleure solution » que celle « d’imposer des interdictions générales ».











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