Economie. A la tête d'un incubateur d'innovation industrielle, un professeur et un entrepreneur dessinent leur vision de l'avenir manufacturier du Vieux Continent.
Publié le 13/03/2026 à 17:47
Le président français Emmanuel Macron, coiffé d'un casque de chantier, visite le site Mardyck Electryck dédié à la production d'acier électrique dans l'une des usines du sidérurgiste ArcelorMittal à Dunkerque, dans le nord de la France, le 10 février 2026. REUTERS/Benoit Tessier/Pool
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Un timide sourire ou une légère inquiétude ? Difficile de trouver la réaction adéquate face au bilan de santé de l'industrie, dévoilé cette semaine par Bpifrance, la banque publique d’investissement : si la France a vu naître 50 usines de plus en 2025 qu’en 2024 - avec un total de 245 l'an dernier - le rideau s'est baissé sur 244 sites. Certains, comme Brandt en décembre, ont marqué les esprits. Et la série noire semble se poursuivre en ce début d'année avec la verrerie Arc, placée en redressement judiciaire en janvier. Déjà en queue du peloton européen en matière de poids de l’industrie dans son PIB, la France peine à enrayer l'hémorragie de ses filières historiques.
Aux confins de Mulhouse, dans une immense bâtisse en briques, on réfléchit intensément à la question. Cette friche industrielle de la Société alsacienne de constructions mécaniques - l'ancêtre d'Alstom - abrite aujourd'hui Kilomètre zéro (Km0), laboratoire de l’innovation dans l’industrie au travers de sa transformation numérique. Entièrement privé, il accueille aussi bien des start-up que des équipes issues de grands groupes, comme Eiffage. A sa tête, un tandem singulier : Gérald Cohen, professeur à l’université de Haute-Alsace, et Patrick Rein, chef d’entreprise.
Penser une industrie soutenable
Refusant le défaitisme, le duo ne manque pas d’idées pour réimaginer le paysage industriel tricolore. Avec une conviction : plutôt que de rembobiner l’ancien film, il faut révolutionner l'approche. "Il serait inutile de réindustrialiser en ajoutant de la capacité de production sans changer notre modèle de pensée, plaide Gérald Cohen. Il faut concevoir la nouvelle industrie à travers la question de la soutenabilité et de la durée de vie." Ce qui implique de se recentrer sur certaines filières… et d'en délaisser d’autres. "A l’avenir, rien ne justifie que des produits standardisés - comme les téléphones ou les voitures - soient encore fabriqués en Europe, complète Patrick Rein. L’industrie du continent se repositionnera sur des segments à plus faibles volumes mais à plus forte valeur ajoutée. Nous avons un avantage comparatif sur la production sur-mesure de qualité, comme les cuisines Schmidt par exemple. Il faut aussi admettre qu’elle sera plus coûteuse."

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