« Soit on broyait du noir, soit on agissait » : sans toit après un incendie, ils lancent un chantier solidaire pour reconstruire leur maison

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En plein cœur de l’été 2025, Élodie et son conjoint Fred ont joué de malchances et vu leur vie passer d’un horizon sans nuage à un cauchemar éveillé : « Un dimanche d’août, on était parti en vadrouille pour visiter la tour Eiffel avec nos enfants et j’ai reçu l’appel d’une voisine en larmes qui m’informait que notre maison était en feu. »

La mère de famille, alors enceinte de son troisième enfant, mesure l’ampleur de la catastrophe avec un nouveau coup de fil, des pompiers sur place : « Ils nous ont dit que l’incendie était grave et, avec Fred, on a fait le trajet retour de Paris jusqu’à Boutigny-Prouais (Eure-et-Loir) le plus vite possible ». Une fois les petits déposés chez des amis pour leur éviter d’assister à la scène, le couple prend un « coup de massue » en découvrant la maison familiale de 150 m2, achetée en 2023 pour 309 000 euros, quasi intégralement détruite par les flammes.

« Les voisins ont défoncé la porte pour sauver notre chienne »

Déclaré d’origine électrique, le feu a emporté sur son passage tout l’étage, rendant les lieux dangereux et inhabitables. « Avant l’arrivée des secours, des voisins ont défoncé la porte d’entrée pour sauver notre chienne, restée seule. Ils ont aussi sorti à ce moment-là, malgré les tuiles qui tombaient au sol, le maximum d’affaires de puériculture car je venais de me reconvertir comme assistante maternelle et je travaillais à domicile. »

Sans toit ni vêtements de rechange, Élodie et les siens partent vivre quelques jours chez des voisins. Une chaîne de solidarité se met en place pour pallier les besoins de la famille. « La mairie de Boutigny-Prouais a lancé à appel aux dons, les parents d’élèves se sont mobilisés… Les gens du coin nous ont dépannés d’un peu de tout, des couches en passant par la nourriture. Ils ont même gardé les petits pour qu’on puisse faire les démarches administratives. »

Élodie confie avoir été surprise par cette vague de soutien. « Les bijoux de baptême des enfants, les photos et bracelets de maternité sont partis en fumée, ce sont des souvenirs qu’on ne récupérera jamais… Mais ce drame a eu le mérite de montrer qu’on a une sacrée équipe autour de nous. »

Elle découvre que son assurance a été résiliée

Le sort s’acharne pourtant lorsqu’Élodie contacte son assurance pour déclarer le sinistre : « On avait deux dégâts des eaux en cours de traitement et l’assureur a décidé, sans même prendre le soin de nous appeler, de résilier notre contrat à date anniversaire ».

Celle qui a dû reprendre son ancienne activité d’infirmière depuis l’incendie précise avoir découvert, effarée, que la maison n’était plus assurée depuis 10 jours : « On avait bien été prélevé en juillet, il n’y avait pas de notification sur l’espace client… L’assureur nous avait envoyé une lettre recommandée, qu’on n’a pas eu le temps de récupérer à la Poste. Ils sont dans leur droit car il suffit d’un recommandé, réceptionné ou non, mais la façon de faire est dégueulasse. On a tout perdu. »

290 000 euros à rembourser à la banque

Venu des Yvelines pour gagner en calme et qualité de vie en Eure-et-Loir, le couple de presque quarantenaires ne pensait pas traverser pareille tempête. « Il nous restait 23 ans de crédit, soit près de 290 000 euros à rembourser à la banque, on a regardé pour vendre le terrain mais ça comblait à peine la moitié des dettes. »

Motivés par leurs proches, Élodie et Fred, paysagiste de métier, se mettent en tête de monter un chantier solidaire : « C’était soit on broyait du noir, soit on agissait. En partageant l’histoire sur les réseaux sociaux, des professionnels du bâtiment ont proposé leur aide et des matériaux. Il y en a un qui nous prête des bennes à déchets, un autre qui nous offre une palette de parquet ou des rouleaux d’isolant… On a même une architecte qui nous a refait des plans gratuitement. »

« TF 1 va filmer notre chantier solidaire ! »

Contactée par la Une pour son magazine « Grands Reportages », la famille sera suivie par des caméras dès la fin avril et jusqu’à la rentrée scolaire. « TF 1 va filmer notre chantier solidaire ! Il y a plusieurs journées de tournage prévues à des moments clés du projet », explique Élodie. La démolition de la maison brûlée se déroulera en mai, puis il faudra repartir d’une page blanche. « On va presque tout reconstruire avec de la récup, ça prendra forcément plus de temps mais on espère revivre ici à l’été 2027. »

Pour l’heure, la famille a été relogée dans un appartement à Dreux grâce à une association locale et a réussi à négocier une suspension de crédit d’un an. Des bricoleurs amateurs ou des experts du secteur pourront venir aider Fred, désormais sans emploi, pour se consacrer au chantier. « On ne veut pas non plus que 50 personnes débarquent chez nous, façon portes ouvertes. Il va y avoir du gros œuvre et on souhaite éviter les blessures », tempère Élodie, qui organisera un planning des renforts.

Une cagnotte en ligne a déjà permis au couple de récolter 18 000 euros pour les travaux. « Ce n’est pas suffisant pour une maison mais grâce aux soutiens qui se manifestent, on a économisé une dizaine de milliers d’euros. On avance par étapes, avec en ligne de mire : protéger nos enfants au maximum et retrouver une stabilité. »

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