«Son énergie était contagieuse» : Ja Morant, le magicien qui a électrisé le match NBA à Londres

il y a 1 day 5

RÉCIT – Le meneur de Memphis a signé une performance majuscule pour conclure la parenthèse européenne de la NBA.

À Londres

Voilà, c’est fini… La NBA était en représentation en Europe la semaine passée. Après avoir posé ses guêtres à Paris en 2020 et de 2023 à 2025 pour ses matchs de saison régulière délocalisés sur le Vieux continent, la ligue nord-américaine avait misé sur Berlin pour une première et Londres, un retour. Opération séduction, à un an et demi du lancement espéré d’une NBA Europe au sein de laquelle on pourrait notamment retrouver le PSG. Et la NBA sait y faire : NBA House, rencontres avec d’anciennes gloires – comme Isiah Thomas – et autres animations dans les villes concernées. La formule est éprouvée. Classique mais efficace.

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Évidemment, de nombreuses personnalités ont pris place au bord du parquet. À Londres, on a par exemple vu le Français Tony Parker, Pau Gasol et les consultants Prime Vidéo Steve Nash et Dirk Nowitzki pour ce qui est des ex-basketteurs, mais aussi des footballeurs actuels ou passés, de Virgil van Dijk (Liverpool) à notre Thierry Henry national, en passant par l’ancienne star du Real et de la Seleçao Marcelo. Acteurs/actrices et influenceurs de tous bords étaient au rendez-vous. Show de mi-temps ? Le girl-band «Flo», qu’on avouera avoir découvert à cette occasion mais qui est fort populaire de l’autre côté de la Manche.

Une victoire partout

Ne comptez en tout cas pas sur les joueurs ou entraîneurs pour se plaindre de ces déplacements, de la fatigue, du décalage horaire ou de parasitages, c’est tout l’inverse. «C’était génial. J’ai vécu une très bonne expérience», soufflait Ja Morant, moteur des Grizzlies lors du succès face à Orlando (126-109) dimanche, à l’O2 Arena de Londres, alors que le Magic avait renversé Memphis à l’Uber Arena jeudi (118-111). Le bouillant meneur de 26 ans a concentré les attentions durant cette parenthèse européenne, on y reviendra.

Pour ce qui est de l’expérience, la NBA a aimé, les clubs ont aimé et les équipes aussi. «On a joué les matchs, on a eu les entraînements, différents événements… Vous voulez aussi voir des choses, expérimenter la vie sur place, apprendre une autre culture… Le jetlag, le voyage, le bus, on a eu une bonne expérience. C’était génial. On a pris ces deux matchs très sérieusement, avec une bonne énergie», souligne le coach finlandais de Memphis, Tuomas Iisalo, anciennement en poste du côté de l’Allemagne mais aussi au Paris Basketball.

Après un match à Berlin où la salle était davantage en faveur d’Orlando, Jaren Jackson Jr, lui, a senti que «l’énergie du public était différente» à Londres, «plus comme un match sur terrain neutre. Mais on est là pour jouer et on a été très bien accueillis, à Berlin comme à Londres», promet le pivot de Memphis. À noter qu’on a tout de même vu bien plus de maillots du club floridien dans les travées de la magnifique O2 Arena, ouverte pour les JO 2012 mais toujours moderne et qui comprend restaurants en pagaille, bars, boutiques à la pelle, escalade, bowling… Un lieu de vie où on peut dépenser de l’argent avant et après les événements. D’ailleurs, on a croisé de nombreux locaux qui arrivaient à l’O2 après la partie !

C’était un honneur pour notre équipe d’être ici, l’un des meilleurs moments de notre carrière

Paulo Banchero, Orlando Magic

«C’est un endroit où j’aimerais revenir», a encore dit «JJJ» au sujet de Londres, lui qui a regretté de voir les Horseguards immobiles et pas au moment de la relève de la garde, pas de chance, mais qui a été marqué par sa découverte culinaire en Allemagne, le Currywurst.

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«C’est une opportunité unique, voyager dans deux pays différents, y faire deux matchs, s’est réjoui Paulo Banchero, star du Magic. On a eu beaucoup d’adrénaline en Allemagne, notamment parce qu’on a trois Allemands dans notre équipe. Il y a eu beaucoup de rendez-vous médias, d’entraînements, de longs trajets en bus... Mais au final, c’était un honneur pour notre équipe d’être ici, l’un des meilleurs moments de notre carrière».

Pour Orlando, la fête aurait sans doute été plus belle sans le coup de chaud de Ja Morant. Après avoir manqué les six précédents matchs de Memphis pour cause de blessure au mollet, dont celui de jeudi dernier à Berlin, l’ancien numéro 2 de la Draft 2019 est au cœur de toutes les attentions depuis des semaines. Athlétique et spectaculaire, il a vu sa cote baisser à force de blessures et d’écarts en dehors des parquets. Cette saison, il a même été suspendu suite à des bisbilles avec son coach. Certaines sources indiquent que Memphis patiente et est à l’écoute des offres pour le trader d’ici à la deadline du 5 février.

Morant sort le grand jeu et régale

Vainqueur à l’applaudimètre à la présentation des équipes, il avait à cœur de montrer des choses et a largement contribué au succès de Memphis, qui a pris les rênes d’entrée, avec +19 dans le premier quart-temps et jusqu’à 33 points d’avance dans le deuxième. 26 unités et 13 passes pour Morant, déjà 20 et 10 à la pause. «Le coach nous a mis dans les meilleures dispositions et on a fait le travail. On avait un rythme élevé, on a pris une grande avance, et il fallait gérer ensuite, continuer à jouer agressif mais intelligemment», a-t-il résumé.

Morant a tout fait dimanche : les statistiques, mais aussi l’impact, le leadership et la magie, des actions spectaculaires dont lui seul a le secret. Carton plein. Belle vitrine pour la NBA… et pour lui-même dans cette période charnière. Assez pour rassurer ses dirigeants ?

C’est beaucoup plus facile quand il est là, il est électrisant, polarisant. Nous sommes plus ouverts, c’est un aimant pour la défense adverse.

Jaren Jackson Jr, Memphis Grizzlies

«Son énergie était contagieuse, souligne Tuomas Iisalo. Il a fait un très bon travail de quarterback, afin de mettre les autres joueurs en place, pousser le rythme, partager le ballon. Il nous a donné une certaine confiance». Même son de cloche du côté de son coéquipier Jaren Jackson Jr : «C’est beaucoup plus facile quand il est là, il est électrisant, polarisant. Nous sommes plus ouverts, c’est un aimant pour la défense adverse, il faut qu’ils fassent attention à lui. Tu sais que lorsqu’il reçoit la balle, tu dois juste courir. Il voit tout».

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Beau joueur, l’Italo-américain Paulo Banchero a jugé que «la plus grande différence» entre les deux matchs, «c’est qu’ils avaient Ja Morant. Il a créé tellement de choses pour son équipe... Il est très talentueux. En Allemagne, on avait aussi été menés et on avait renversé la situation. Pas cette fois… Ja était le meilleur joueur sur le parquet», analyse-t-il. Superstar.

Le message du «loyal» Ja Morant

Ja Morant, 26 ans, doit toucher un peu plus de 39 millions de dollars cette saison, la troisième année d’un contrat de cinq saisons qui doit lui rapporter, au total, 197,2 millions de billets verts. Reste à savoir si ce sont les dirigeants des Grizzlies qui continueront de signer ses fiches de paie dans les semaines à venir. Ja Morant, lui, a les idées claires : «Ceux qui me connaissent savent que je suis quelqu’un de très loyal. J’ai un logo sur mon dos, donc ça dit tout de là où je veux être». Dont acte. Bien sûr, ce sont les dirigeants de Memphis qui auront le dernier mot dans cette histoire. Ils n’ont pas besoin de son accord pour le trader.

«Je suis heureux de jouer au basketball», a en tout cas expliqué l’intéressé, estimant au passage que «tous les joueurs veulent venir (en Europe) et avoir l’opportunité de jouer ici, de vivre ce que nous et les joueurs du Magic ont pu vivre. Tout s’est bien passé». Et d’ajouter : «J’aime jouer au basketball. C’est très thérapeutique pour moi. Je sais ce que je suis capable de faire sur le parquet. J’ai reçu de l’amour de gens que j’ai vu pour la première fois. C’était un grand moment. Jouer et représenter Memphis, c’est ce qu’on veut». Message reçu ?

Retour de la NBA à Paris en 2027

Pour ce qui est de la NBA, le train-train de la saison va pouvoir reprendre, avec en ligne de mire le All Star Game, le 15 février, à Los Angeles. Pour le reste, on suivra avec attention la mise en place du projet de NBA Europe. Une potentielle future ligue qui concernera Paris, on l’a dit, et sans doute le PSG, mais aussi Lyon, avec l’Asvel de Tony Parker sur les rangs. Dépôt des dossiers en mai prochain. En attendant, la NBA sera de retour sur les bords de la Seine en 2027 pour un match de saison régulière. Avec les Spurs de Victor Wembanyama ?

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