Finalistes de Grand Chelem, vainqueurs en Master 1000, anciens Top 10... Plusieurs grands joueurs ont atteint les sommets avant de se perdre, pour des raisons physiques, mentales ou purement tennistiques.
La vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain. En l’occurrence, au tennis, le statut d’un joueur peut évoluer d’une saison, voire d’une semaine à une autre. De grande promesse, on peut rapidement devenir un joueur presque anonyme sur le circuit. Et même en étant parmi les tout meilleurs au monde, la possibilité de disparaître des sommets existe.
C’est la dure loi du sport, et particulièrement du tennis. Le classement ATP, qui évolue chaque semaine, fait le bonheur - mais aussi les malheurs, parfois - des différents acteurs du circuit. Grâce à leur régularité et/ou leurs performances dans les tournois, les joueurs peuvent se maintenir dans le Top 100, le Top 50, le Top 20... voire le tant convoité Top 10. À l’inverse, une mauvaise série de résultats, une grosse contre-performance ou bien sûr des absences à répétition peuvent entraîner une chute - parfois très importante - dans les profondeurs du classement. Et certaines anciennes gloires, toujours en activité, n’ont pas échappé à cette triste vérité.
Nikoloz Basilashvili (Géorgie) - 133e joueur mondial
Il n’est pas le joueur le plus connu du circuit, et pourtant, le Géorgien a réalisé des beaux résultats au cours de sa carrière. Le joueur de 33 ans a obtenu cinq titres, dont trois ATP 500, ce qui lui a permis de se rapprocher du Top 15 du classement ATP, en 2019 (16e place au mieux). Tout proche de remporter un Masters 1000 en 2021 (finale à Indian Wells perdue contre Cameron Norrie), le droitier n’a jamais pu capitaliser sur cette confiance. Entre crise de résultats et plusieurs pépins physiques, le Géorgien est progressivement sorti du Top 100... en chutant même jusqu’au 594e rang en 2023. Pendant deux ans, Basilashvili n’a disputé aucun tournoi majeur et a totalement disparu du circuit principal. Après une remontée progressive, il dispute désormais des tournois en Challenger, catégorie secondaire du circuit, et parfois des qualifications pour les tournois du Grand Chelem (défaite au premier tour cette année à Melbourne).
Nicolás Jarry (Chili) - 150e joueur mondial
Curieuse trajectoire que celle du Chilien, qui a longtemps été un joueur solide du Top 30. Sa première belle progression (entrée dans le Top 100, premier titre ATP) a pris fin en 2020, à cause d’une suspension de plusieurs mois suite à un contrôle positif. Moins d’un an après, le natif de Santiago est parvenu à se refaire une santé, avec deux titres ATP 250 supplémentaires en 2023 et une finale en Masters 1000, à Rome, en 2024, ce qui lui a valu son meilleur classement en carrière (16e place). Mais son élimination dès le 2e tour l’année suivante l’a fait profondément chuter au classement. Il est désormais obligé de disputer les qualifications des tournois majeurs, ce qui ne l’a pas empêché d’atteindre les huitièmes de finale à Wimbledon l’année dernière... et depuis, il enchaîne les défaites au premier tour. Étonnant, à l’image de sa carrière.
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Bernard Tomic (Australie) - 186e joueur mondial
Ancien grand espoir du tennis australien, le fantasque joueur de 33 ans n’a jamais atteint les sommets auxquels il était promis. Tempérament de feu, blessures à répétition et motivation aléatoire sont à l’origine d’une carrière qui pourrait valoir de gros regrets à celui qui est né en Allemagne. Plus jeune joueur de l’histoire lauréat d’un Grand Chelem chez les juniors, Bernard Tomic atteint son premier quart de finale à Wimbledon, en 2011. Une performance que l’Australien, vainqueur de 4 titres ATP 250 dans sa carrière, ne reproduira plus jamais. Depuis plus de 5 ans, l’ancien 17e mondial à son plus haut n’a plus disputé de tournois majeurs depuis 2021 et a chuté au-delà de la 800e place mondiale. Aujourd’hui, à 33 ans, il se bat dans la catégorie des tournois challengers, en oscillant entre la 150 et 200e place du classement ATP. De là à espérer un retour au sommet ?
Marco Cecchinato (Italie) - 191e joueur mondial
Après une année 2018 remarquable, marquée par deux tournois ATP remportés et une surprenante demi-finale à Roland-Garros (défaite contre Dominic Thiem après avoir battu Novak Djokovic en quarts de finale) qui lui a permis d’atteindre la 16e place mondiale, le Transalpin n’a jamais réussi à confirmer par la suite : sur le reste de sa carrière, l’Italien n’a remporté que 5 matchs en Grand Chelem, mais jamais ailleurs qu’à Paris. Éliminé dès le 1er tour l’année suivante, il a perdu tous ses points et sa place dans le Top 50, puis le Top 100 dans les semaines suivantes. Classé au-delà de la 350e place mondiale il y a deux ans, l’Italien se bat désormais dans la case challenger, où il vient de perdre une finale, à Kigali (Turquie). Le joueur de 33 ans dispute le plus de tournois possibles sur la terre battue, sa surface de prédilection, mais bien loin des grands courts qui ont vu ses plus belles heures.
Borna Coric (Croatie) - 215e joueur mondial
Si son âge (29 ans) lui permet de croire à un possible come-back. Mais le Croate vit pourtant des heures difficiles depuis plusieurs saisons, avec des blessures à répétition, dont il ne parvient pas à se débarrasser. Un mal récurrent pour un joueur qui a frôlé le Top 10 et remporté trois titres dans sa carrière, dont une victoire lors du Master 1000 de Cincinnati en 2022, alors qu’il était 152e mondial. Mais aujourd’hui, l’ancien n°12 mondial passe la plupart de ses semaines en Challenger, catégorie dans laquelle il a brillé en 2025, avec quatre trophées remportés. Avant d’être à nouveau stoppé dans son élan et de repasser par la case opération à la fin de l’année dernière, ce qui lui a fait manquer tout le début de saison. «J’ai encore du tennis à donner» a malgré tout promis le Croate, attendu sur les courts prochainement, avec la possibilité de bénéficier d’un classement protégé.
Kei Nishikori (Japon) - 409e joueur mondial
Membre régulier du Top 10, voire du Top 5 au cœur des années 2010, le Japonais vit une période très compliquée depuis plusieurs saisons. Ancien finaliste de Grand Chelem (à l’US Open en 2014), il a atteint la 4e place du classement ATP, sans jamais remporter de tournois majeurs (Grand Chelem ou Master 1000), malgré 12 titres ATP et une médaille de bronze obtenue aux Jeux Olympiques. Kei Nishikori a un palmarès qui ferait rêver un grand nombre de joueurs. Mais aujourd’hui, il est bien loin de ces sommets : depuis 2022, le joueur de 36 ans a été tenu éloigné plusieurs fois loin des courts à cause de multiples blessures, qui l’ont fait chuter au classement ATP. Désormais obligé de disputer les qualifications des tournois Challenger, l’ancien numéro 4 mondial tente tant bien que mal de retrouver son tennis et les sommets.
Hyeon Chung (Corée du Sud) - 491e joueur mondial
Hyeon Chung était un phénomène destiné à une carrière en or, après avoir remporté la toute première édition de l’ATP Next Gen Finals en 2017 et réalisé un parcours exceptionnel à Melbourne en 2018, où il a atteint les demi-finales en éliminant notamment Alexander Zverev et surtout Novak Djokovic, en trois sets. Mais alors que cet Open d’Australie aurait dû lancer sa carrière, il en a finalement été l’apogée... à 21 ans. Le Sud-Coréen n’a disputé que trois tournois du Grand Chelem supplémentaires après son incroyable parcours et n’a plus jamais atteint la deuxième semaine. Depuis 2019, il enchaîne les blessures : la main, le dos, le genou, tout son corps l’a lâché. Désormais en dehors du Top 400, Hyeon Chung essaye tant bien que mal de reprendre sa carrière, sur le circuit secondaire. Il a néanmoins réussi l’exploit d’éliminer l’Allemane, presque à lui tout seul, en barrages de la Coupe Davis 2026, au début du mois de février. Une performance dans l’anonymat le plus total pour un joueur maudit par les blessures.
Aslan Karatsev (Russie) - 963e joueur mondial
Il est un homme de première... et à chaque fois, il fait les choses en grand. En 2021, avant l’Open d’Australie, il participe pour la première fois à l’ATP Cup avec la Russie... et remporte la compétition. Quelques semaines plus tard, pour sa toute première participation dans un tournoi du Grand Chelem, il crée la sensation en atteignant les demi-finales à Melbourne, où il élimine notamment l’Argentin Diego Schwartzmann (alors dans le Top 10), le Canadien Félix Auger-Aliassime et le Bulgare Grigor Dimitrov, avant de s’incliner contre Novak Djokovic. Deux mois plus tard, il dispute sa première finale ATP... et gagne le tournoi. Des résultats qui le mènent jusqu’au 14e rang mondial au cours de l’année 2021. Mais la suite n’aura été que souffrance pour le Russe, malgré quelques coups d’éclat (dernier titre ATP en 2022, demi-finale en Masters 1000 en 2023). Gravement blessé au genou lors d’un tournoi en début d’année 2024, il n’a jamais totalement récupéré. Âgé désormais de 32 ans, Aslan Karatsev ne cesse de plonger et sa carrière semble s’écrire en pointillé...
Nick Kyrgios (Australie) et Lucas Pouille (France) - Non classés
Lucas Pouille est le dernier français à avoir atteint les demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem dans un tableau masculin. C’était en 2019, à l’Open d’Australie (défaite contre Novak Djokovic). Une performance majuscule qui avait permis au talentueux français d’accéder au 10e rang mondial, ce qu’aucun tricolore n’a réussi à accomplir depuis. Le début de la fin pour le Nordiste, souvent blessé et qui ne peut plus s’exprimer pleinement sur les courts. Après une période délicate sur le plan psychologique et une dépression nerveuse qui l’a poussé à s’éloigner du tennis, le joueur aux 5 titres ATP avaient réussi un retour progressif intéressant entre 2023 et 2024, avant de totalement se rompre le tendon d’Achille lors d’une finale en Challenger, en février 2025. S’il avait envisagé de prendre sa retraite après ce énième coup d’arrêt, le joueur de 32 ans a finalement annoncé sa volonté de revenir. Mais un an plus tard, il n’a toujours pas repris... et est même sorti du classement ATP. En attendant, l’ancien Top 10 a plusieurs fois accompagné Arthur Rinderknech, n°1 français (27e mondial). Avant un ultime come-back ?
Lui a tenté de revenir, plusieurs fois. Pas plus tard que cette année, il a disputé le premier tour de l’Open d’Australie... en double. Mais pour la carrière en simple, c’est beaucoup plus complexe pour Nick Kyrgios. Depuis sa superbe fin de saison 2022 (finale à Wimbledon, quart à l’US Open), le fantasque Australien n’a disputé qu’un seul match en Grand Chelem, chez lui à Melbourne, l’année dernière. Il enchaîne les blessures, que ce soit au genou ou au poignet, qui l’empêche de s’exprimer sur les courts... mais pas sur les réseaux et à la Télévision. Toujours prêt à prendre la parole, le joueur de 30 ans n’a pas hésité à égratigner Jannik Sinner après sa suspension pour dopage au début de l’année 2025, ou même à s’essayer en tant que consultant lors de l’Open d’Australie, en 2024. Une possible reconversion pour l’ancien petit diable ?

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