Test Onyx Boox Go Color 7 : la liseuse Android qui en fait voir de toutes les couleurs

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L'Onyx Boox Go Color 7 est une liseuse 7 pouces qui tente de marier le meilleur des deux mondes en proposant à la fois un écran couleur E Ink Kaleido 3 et la polyvalence d’Android.

Le marché des liseuses électroniques connaît une petite effervescence ces derniers temps, notamment avec l’arrivée à maturité des écrans à encre électronique couleur. On trouve ainsi des modèles chez Kindle (Colorsoft), Kobo (Libra Colour et Clara Colour), mais aussi Vivlio (Light HD Color et Inkpad Color 3), ainsi que chez Boox (Note Air4 C).

Toutefois, cette dernière ne boxe pas dans la même catégorie que les autres, puisqu'il s'agit d'un produit haut de gamme. La marque disposait bien d'une Boox Go Color 7 dans son catalogue, mais il s'agissait d'un modèle assez confidentiel en France, qui n'a pas convaincu les foules. Boox a donc décidé de corriger le tir avec une Boox Go Color 7 de seconde génération, que nous testons ici. Notez qu'il s'agit de la déclinaison avec écran couleur de la Boox Go 7 récemment testée dans nos colonnes.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, commençons par évoquer les principales caractéristiques techniques de la liseuse. L'Onyx Boox Go Color 7 héberge un écran E Ink Kaleido 3 de 7 pouces, un éclairage frontal, un processeur Qualcomm Snapdragon 680, 4 Go de mémoire vive (RAM) et 64 Go de stockage extensible (microSD). Elle se montre également compatible avec les connectivités wifi et le Bluetooth 5.1. L'ensemble est animé par Android 13, sur lequel le fabricant a ajouté sa propre interface.

La Boox Go Color 7 (Gen 2) s'affiche à 280 € au moment de son lancement.

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 5 sur 5

ConstructionL’inspiration Oasis

En matière de design, la Go Color 7 est l'exacte réplique de la Go 7. Et comme cette dernière, son look fait immanquablement penser à la défunte Kindle Oasis. Il y a pire comme filiation, tant l'ergonomie de cette dernière a fait ses preuves pour une lecture confortable à une main.

Pour le reste, Onyx a donc aussi opté pour un châssis entièrement en plastique. Si cela peut sembler moins premium que le métal au premier abord, ce choix permet de maintenir un poids de 190 g pour une épaisseur contenue de 6,4 mm.

En main, l'appareil se révèle très agréable. Le dos bénéficie d'une texture rugueuse imitant le papier froissé, qui offre une excellente adhérence et, miracle, ne retient absolument pas les traces de doigts. On ne peut hélas pas en dire autant de la façade avant, totalement lisse et affleurante, qui adore collectionner les empreintes.

Test Onyx Boox Go Color 7

© Les Numériques

Passons au grand point fort ergonomique du produit : une large bordure latérale accueille deux boutons physiques cliquables. Par défaut, ils servent à tourner les pages, mais la souplesse du logiciel permet de les reconfigurer pour régler le volume ou faire défiler une page web. Le clic est franc, satisfaisant, bien que nous aurions apprécié un espacement légèrement plus marqué entre les deux touches pour une meilleure distinction au toucher.

Test Onyx Boox Go Color 7

© Les Numériques

Côté connectique, l'essentiel est là. On trouve un port USB-C pour la charge et le transfert (OTG), ainsi qu'un tiroir pour carte microSD permettant d'étendre les 64 Go de stockage interne. C'est un point fort indéniable face aux concurrents fermés, tels que la Kindle, qui ne proposent aucune extension.

Test Onyx Boox Go Color 7

© Les Numériques

On regrette en revanche l'absence d'une certification IPX8. D'après le fabricant, il faut se contenter ici d'une vague résistance aux éclaboussures. On évitera donc de l'utiliser dans un bain ou au bord de la piscine. Enfin, dans notre test de la Go 7, nous avons déjà exprimé en long, en large et en travers tout le mal que nous pensons de l'utilisation d'un stylet sur ce genre de liseuse. Pas de miracle aussi, il s'agit toujours d'une fonctionnalité très perfectible, même si elle peut dépanner pour de la prise de notes rapide.

 4 sur 5

ÉcranLe prix de la couleur

La pièce maîtresse de cette Boox Go Color 7 est évidemment sa dalle E Ink Kaleido 3 de 7 pouces. Cette technologie superpose une couche de filtre couleur sur un écran noir & blanc classique. Le résultat est une résolution de 300 ppp pour les textes en noir & blanc (grâce au panneau Carta 1200), mais qui chute à 150 ppp dès qu'il s'agit d'afficher de la couleur.

À l'usage, le bilan de cet ajout est pour le moins mitigé. Pour la lecture de romans graphiques, de comics ou de magazines, l'apport de la couleur est indéniable. Les 4096 nuances affichables, bien que ternes comparées à un écran de tablette, suffisent à rendre les illustrations lisibles et agréables. Nous émettons toutefois des réserves sur la nécessité d’un affichage couleur sur une telle diagonale de 7 pouces. Nous reviendrons sur ce point plus loin, car il s’agit davantage d’une réserve ergonomique que technique.

Test Onyx Boox Go Color 7

© Les Numériques

Mais ce n’est pas pour autant que la technique est irréprochable. Cela n’est guère surprenant, car ce n’est pas le premier écran de technologie E Ink Kaleido 3 que nous testons, et tous souffrent plus ou moins des mêmes défauts. Bien sûr, avoir de la couleur sur l’écran d’une liseuse est appréciable, mais la couche de filtre couleur assombrit mécaniquement l'écran, à tel point que la luminosité maximale mesurée plafonne ici à 98 cd/m². Sans être catastrophique pour un afficheur e-ink de liseuse, cette valeur place celui de la Boox Go Color 7 en queue de peloton. Cela ne nous a toutefois pas gênés outre mesure à l’usage. Quant au contraste mesuré à 490:1, il se montre relativement correct pour une liseuse, quoique loin de la meilleure dans ce domaine, la Kindle Colorsoft (782:1).

Test Onyx Boox Go Color 7

Sur un écran parfait, il n'y aurait aucune barre colorée dans ce graphique…

© Les Numériques

En revanche, les deux font jeu égal en matière de température des couleurs, ce qui n’est pas vraiment une bonne nouvelle dans la mesure où elles sont aussi mauvaises l’une que l’autre, avec 9404 K pour l’afficheur de la Go 7 et 9335 K pour celui de la Kindle Colorsoft. Pas surprenant quand on connaît les limites de cette technologie d’affichage. Toutefois, le constructeur n’est pas exempt de tout reproche. Le delta E moyen des écrans de liseuses couleur est systématiquement mauvais avec un écart moyen autour de 20. La GO Color 7 atomise ce résultat avec un delta E flashé à… 44,8.

Un mot également sur le taux de reflets, ici mesuré à 37,5 %, soit un bon résultat. Cela signifie que la liseuse est tout à fait utilisable en extérieur, même par temps ensoleillé.

Enfin, notez que la gestion du rafraîchissement est un autre point important sur ce type d'écran. Onyx propose plusieurs modes (HD, Balanced, Fast, Ultrafast) pour privilégier soit la qualité d'affichage, soit la fluidité. Le ghosting (traces résiduelles de la page précédente) est présent, surtout en couleur, mais le logiciel permet de forcer un rafraîchissement complet ou d'ajuster les paramètres par application pour atténuer le phénomène. Cela peut toutefois impacter significativement l’autonomie.

 5 sur 5

Expérience utilisateurUne flexibilité totale... et quelques complications

L'interface

C'est ici que la Boox Go Color 7 dévoile son principal atout. Contrairement à Kobo ou Amazon qui vous enferment dans leur écosystème, Onyx livre ici une tablette Android 13 déguisée en liseuse. L'accès au Google Play Store est dès lors complet et immédiat. Cela change tout puisque vous n'êtes pas enchaîné à une librairie en particulier. Vous pouvez installer les apps de Kindle, Kobo, celles pour les emprunts en bibliothèque, ou même des applis de news ou des agrégateurs de flux RSS. Cela fonctionne aussi évidemment avec des apps pour lire des mangas, moins soucieuses de la légalité, mais que l'on trouve sur le Google Play Store. Si l'envie vous prend, vous pouvez aussi passer outre la boutique de Google et installer des librairies tierces ou toute autre app sous forme d'APK. Bref, la liberté est totale !

Test Onyx Boox Go Color 7

La bibliothèque de Boox n'est ni bien achalandée, ni riche en options de filtrage. Heureusement, ce n'est nullement un problème dans la mesure où vous pouvez installer n'importe quelle autre boutique compatible Android ou charger facilement vos propres fichiers.

© Les Numériques

S'il est donc possible de télécharger n'importe quelle application pour lire des fichiers sur cette liseuse, celle disponible nativement, NeoReader, reste un modèle du genre. Elle avale sans broncher une quantité astronomique de formats (PDF, EPUB, CBR, CBZ, AZW3, etc.) et offre même des outils d'annotation.

Du côté de l'interface maison, Boox OS, la richesse est toujours de mise, peut-être même trop pour les néophytes. Elle regorge de paramètres, notamment visant à optimiser l'affichage de chaque app (contraste, DPI, rafraîchissement), ce qui est génial pour les “bricoleurs”, mais peut s'avérer intimidant pour les autres.

Test Onyx Boox Go Color 7

L'interface est riche en menus et sous-menus. Elle se dompte avec un peu de pratique, mais risque de perdre les néophytes complets qui veulent juste allumer leur liseuse et ouvrir un livre.

© Les Numériques

On note aussi l'intégration de fonctionnalités d'IA pour résumer des textes ou générer du contenu, bien que leur utilité au quotidien sur une telle liseuse reste à démontrer auprès du grand public.

Enfin, un mot sur la pertinence ou non de retrouver de la couleur sur un afficheur de 7 pouces de diagonale. Cette taille d'écran est parfaite pour les livres et tout à fait praticable pour les mangas, même si leur consultation devient vraiment agréable plutôt à partir de 8 pouces. Pour les amateurs de BD ou de comics, la diagonale de la Go Color 7 demeure bien trop étriquée et oblige à zoomer et dézoomer sans arrêt. Nous nous retrouvons donc ici avec un format qui ne permet de profiter vraiment que des mangas, soit des œuvres essentiellement en noir & blanc.

Les performances

C'est une habitude chez Boox : les performances se montrent très au-dessus de la moyenne des liseuses. Celle-ci ne fait pas exception à la règle avec son processeur Qualcomm Snapdragon 680 et 4 Go de mémoire vive (RAM), qui lui permettent d'assurer une fluidité exemplaire pour ce genre d'appareil. Le système se montre réactif, les apps se lancent prestement et le feuilletage est particulièrement véloce.

Gardez bien en tête qu'il s'agit d'une liseuse et que l'appréciation de ses performances s'effectue dans ce cadre-là. Même si Android est sous le capot, ne comptez pas jouer à Call of Duty Mobile dessus, car le taux de rafraîchissement de l'encre électronique vous en dissuaderait très vite. Au mieux, le mode Ultrafast permet de visionner une vidéo YouTube en cas d'urgence… avec une qualité très passable.

L'autonomie

Les performances décrites à l'instant se font toutefois au détriment de l'autonomie, souvent le talon d'Achille des liseuses Android. Avec sa batterie de 2300 mAh, la Boox Go Color 7 s'en tire sans trop de surprise comme la Go 7. La couleur n'induit pas de surconsommation énergétique et vous pouvez donc compter sur trois à quatre jours d'utilisation en usage intensif. Pour des séances de lecture plus occasionnelles et avec une luminosité raisonnable, on peut en revanche espérer nettement mieux.

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Points forts

  • Design asymétrique avec poignée.

  • Retour des boutons physiques de tourne-page.

  • Liberté offerte par Android 13 et le Google Play Store.

  • Stockage confortable (64 Go) et extensible (MicroSD).

  • Très bonne réactivité globale.

Points faibles

  • Écran couleur forcément moins contrasté qu'un afficheur noir & blanc.

  • Expérience d'écriture au stylet très perfectible.

  • Autonomie correcte pour une Android, mais trop juste pour une liseuse.

  • Pas étanche, juste résistante aux éclaboussures.

Conclusion

Note de la rédaction

 5 sur 5

Comment fonctionne la notation ?

L'Onyx Boox Go Color 7 est une réussite sur presque tous les points, en atteste son excellente note globale. Ce n’est pas pour autant que nous vous recommandons de courir l’acheter les yeux fermés. Entendons-nous bien : si vous finissez avec cette liseuse dans les mains, vous en serez sans doute très satisfait. Certes, son autonomie n’est pas renversante pour un tel appareil, mais c’est la contrepartie à payer pour disposer d’une liseuse sous Android à la fluidité exemplaire. De même, les résultats labo de son écran font triste mine, ce qui est aussi le cas pour tous les afficheurs couleur de la concurrence. Le problème tient au fait qu’il n’y a pas d’usages sur la durée qui nécessitent un écran couleur sur un format 7 pouces. Les seuls romans graphiques vraiment lisibles sur une telle diagonale sont les mangas, très majoritairement en noir & blanc. La Go 7 “tout court” nous semble donc constituer un bien meilleur choix. Elle profite des mêmes (très bonnes) qualités que sa contrepartie en couleur, tout en se montrant plus lisible en extérieur et un peu moins onéreuse.

Face à la concurrence

Si vous souhaitez absolument une liseuse à écran couleur, les alternatives à la Go Color 7 ne sont pas si nombreuses. Dans tous les cas, il faudra faire une croix sur Android. Si c'est la liberté offerte par le système de Google qui vous attire, il n'y a que la liseuse ici testée qui propose cet OS sur un modèle couleur 7 pouces. En revanche, si ce point n'est pas vraiment bloquant pour vous, la Kindle Colorsoft ne manque pas d'arguments, notamment du côté de sa réactivité et de son écran décemment contrasté. Chez Kobo, c'est la Libra Colour qui se positionne sur le même créneau. Elle n'est pas la plus réactive, tout en ayant le bon goût de proposer elle aussi un design asymétrique avec des boutons en façade. Enfin, la Vivlio Inkpad Color 3 nous semble être la meilleure du lot pour profiter un peu mieux des contenus en couleur grâce à son écran 8 pouces. Un avantage qui se paie néanmoins au prix fort.

Sous-Notes

  • Construction

     5 sur 5

  • Écran

     4 sur 5

  • Expérience utilisateur

     5 sur 5

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