Tour d’honneur, musique et « un peu de boisson » : dans les coulisses de la fête des Bleus au Stade de France

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Marcellus est un petit garçon d’un peu plus de deux ans particulièrement heureux. Sur la pelouse du Stade de France, l’enfant gambade, maillot trop grand qui lui tombe sur les jambes, en direction de son père Emmanuel Meafou. Le massif deuxième ligne l’attrape et l’emmène en direction du podium monté à toute hâte pour la cérémonie protocolaire. Les Bleus sont sacrés, comme l’année dernière, il est l’heure d’aller soulever le trophée du Tournoi des Six Nations.

Quelques minutes plus tôt, le banc français et ses environs n’étaient qu’effusions et câlins après l’incroyable pénalité de la gagne de Thomas Ramos, ultime rebondissement de ce France-Angleterre (48-46) complètement dingue. Venu sur la pelouse, l’entraîneur de l’attaque Patrick Arlettaz embrasse son ailier Théo Attissogbe. Autour du terrain, le staff se congratule, et même les policiers du Raid chargés de la sécurité des Bleus ne dissimulent pas leur bonheur. « C’est encore meilleur quand c’est serré comme ça », sourit en tribunes la légende du XV de France, Philippe Sella.

La coupe dans les mains, Antoine Dupont savoure. Un an plus tôt, il avait soulevé le trophée sur ses béquilles, une semaine après sa rupture des ligaments croisés subie en Irlande. Après l’avoir récupéré auprès de son pilier Jean-Baptiste Gros, le capitaine tricolore court avec le trophée en bas de la tribune présidentielle du Stade de France. Des bancs de supporters, déchaînés en bas des gradins, tentent de toucher le métal tant convoité.

Dupont pieds nus, l’émotion d’Ollivon

On retrouve « Toto », pieds nus et T-shirt commémoratif sur le dos, en conférence de presse. « Il faut mesurer la chance que l’on a de gagner encore aujourd’hui, insiste-t-il. Il faut être fier. Certains savourent parce que c’est le premier, et d’autres savourent comme si ça l’était. »

Charles Ollivon, médaille autour du cou, vient livrer ses émotions. Cet historique de l’ère Galthié n’avait jamais remporté le Tournoi. Ruptures d’un ligament croisé pour le Grand Chelem de 2022, rebelote pour l’édition 2025. « Ca a pu arriver par le passé que je me dise : pourquoi ça m’arrive d’être blessé et de ne pas être là quand l’équipe gagne ? Maintenant, je vais pouvoir profiter de ça avec mon fils. Et au final, je ne changerai rien. Pour rien au monde. »

De la musique s’échappe d’une coursive du Stade de France. Lunettes fumées de l’équipementier des Bleus sur la tête, les joueurs du XV de France continuent d’émerger du vestiaire. « C’était euphorique, décrit Matthieu Jalibert, interrogé sur l’ambiance entre ces quatre murs. Tout le monde était content : de la musique, un peu de boisson. »

Tous n’ont qu’une hâte : continuer d’aller fêter ce titre, entre eux et avec leurs proches. « Ca va être la principale activité, sourit Théo Attissogbe. Dans le vestiaire, c’était très festif comme vous pouvez vous en douter. J’espère que ça va continuer le plus tard possible. » L’ailier s’éclipse. La nuit l’appelle.

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