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En collaboration avec Dominique Jeulin (Ex présidente du Syndicat national des médecins homéopathes français)
L’homéopathie est une thérapeutique reposant sur des principes de dilution et de similitude. Elle est encore largement présente dans les pharmacies et dans la vie quotidienne, utilisée pour accompagner certains troubles bénins ou soutenir le bien-être global. On fait le point sur ce qu’il faut savoir.
Depuis plus de deux siècles, l’homéopathie s’invite dans nos pharmacies et nos routines de santé. Découvrons ensemble comment elle fonctionne, son histoire et ce qu’il faut savoir avant de l’utiliser.
Définition : qu’est-ce que l’homéopathie ?
Du grec “homéo” (semblable) et “pathos” (souffrance), l’homéopathie, telle que nous la connaissons actuellement, a été mise au point au XVIIIe siècle par Samuel Hahnemann. Ce médecin allemand redécouvre une thérapeutique millénaire, déjà décrite par le médecin grec Hippocrate trois cents ans avant J.-C. : on peut soigner par les contraires, mais aussi par les semblables. Considéré comme le père fondateur de l’homéopathie contemporaine, Samuel Hahnemann publie son premier traité en 1796.
Il faudra attendre 1830 pour qu’un médecin français s’intéresse à l’homéopathie. Le Dr Sébastien Des Guidi rédige une « Lettre aux médecins français sur l’homéopathie ». La France devient alors le premier pays à s’intéresser à cette nouvelle méthode thérapeutique. Une tradition qui s’est poursuivie, car le leader mondial de l’industrie pharmaceutique homéopathique est français (Boiron).
Comment fonctionne l’homéopathie ? À quoi sert-elle ?
L’homéopathie repose sur le principe de similitude : toute substance capable de provoquer des symptômes chez un sujet sain est censée soulager des symptômes similaires chez un sujet malade.
Cette méthode thérapeutique s’oppose à la médecine dite allopathique, qui traite les symptômes par des substances contraires.
Cependant, l’efficacité de l’homéopathie n’a pas été démontrée dans les études scientifiques. Elle peut néanmoins être utilisée comme accompagnement ou pour le soutien psychologique du patient.
La dilution et la dynamisation
La préparation des médicaments homéopathiques obéit à deux principes :
- La dilution, qui consiste à diluer les substances de base jusqu’à l’obtention d’une dose infime ;
- La dynamisation, tout aussi essentielle, qui consiste à agiter la substance obtenue afin que l’eau et l’alcool s’imprègnent de l’essence de la substance mère.
Autre caractéristique de l’homéopathie : le médecin homéopathe prend en compte la personne qui souffre dans sa globalité et pas seulement sa maladie.
Comment prendre l’homéopathie ?
Le traitement peut se présenter sous forme de doses ou de granules à prendre habituellement le matin à jeun et le soir au coucher.
Grippe, rhume, toux, sommeil, stress… quand utiliser l’homéopathie ?
Le médecin homéopathe peut être consulté au même titre qu’un médecin généraliste classique.
L’homéopathie est utilisée pour accompagner le soulagement de troubles bénins du quotidien, comme les petits rhumes, les troubles du sommeil, le stress ou certaines douleurs légères. Elle peut également faire partie du suivi global d’un patient, en complément des soins prescrits par un médecin. Dans tous les cas, elle s’inscrit dans une approche personnalisée, adaptée à chaque personne et à ses besoins.
Attention toutefois, l’homéopathie ne doit jamais remplacer un traitement médical conventionnel.
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Quelles sont les contre-indications à l’homéopathie ?
Les médicaments homéopathiques très dilués sont généralement considérés comme sans danger chimique, même pour les nourrissons ou pendant la grossesse.
Cependant, le principal risque est de retarder l’accès à un traitement efficace pour une maladie grave. Il est donc crucial de consulter un médecin conventionnel pour toute affection sérieuse et d’utiliser l’homéopathie uniquement en accompagnement.
Comment se déroule la première séance d’homéopathie ?
Quand il s’agit de la prise en charge d’une maladie chronique, la consultation chez un médecin homéopathe est souvent plus longue que chez un médecin généraliste. La consultation dure entre 30 et 45 minutes.
L’homéopathe pose des questions qui peuvent sembler éloignées du problème de santé mais qui l’aident à cerner la sensibilité, le comportement, ou encore les habitudes de vie. Ce bilan permet à l’homéopathe d’établir un diagnostic précis et de déceler le terrain du patient. Le médecin homéopathe s’intéresse au comportement du patient (appétit, goût et aversion alimentaires, émotions, sommeil, etc.) ainsi qu’aux antécédents personnels et familiaux. Le traitement sera plus long, mais les prises seront davantage espacées.
Si la consultation est liée à une maladie aiguë, par exemple une grippe, le traitement recommandé sera différent selon le comportement du patient (s’il est agité ou abattu), l’importance de sa fièvre, la soif ou l’absence de soif, au cours de la maladie. Le traitement ne durera que quelques jours, avec plusieurs prises dans la journée.
À chaque nouvelle consultation, le médecin homéopathe fait le point sur l’évolution du problème de santé qui avait motivé le rendez-vous précédent. Il détermine si de nouvelles pathologies sont apparues et veille à un suivi correct du traitement. Le médecin homéopathe mène ensuite un examen clinique qui lui permettra d’aboutir à de nouvelles prescriptions.
Qu’est-ce qu’un médecin homéopathe ? Comment le choisir ?
En France, un praticien homéopathe est avant tout un médecin ayant suivi un cursus complet d’études médicales classiques, complétées par une formation de trois ans en homéopathie dans une faculté française (Paris, Lyon, Lille, Poitiers, Besançon, Limoges, Marseille) ou dans un centre d’enseignement privé. Les dentistes, les sages-femmes ou les kinésithérapeutes peuvent aussi suivre certains cursus de formation à l’homéopathie. Par la suite, ils sont autorisés à en prescrire les traitements.
À savoir : dans certains autres pays européens, les homéopathes ne sont pas nécessairement issus du monde médical. C’est pourquoi, pour garantir les mêmes exigences de qualité dans la formation et la pratique, une norme européenne Afnor a vu le jour fin 2016. Elle donne un cadre légal européen à la pratique de l’homéopathie.
Le bouche à oreille est aussi un bon moyen de trouver son homéopathe : le pharmacien, la famille, les amis ont certainement un homéopathe à conseiller ! Le meilleur médecin homéopathe est celui avec qui on se sent bien et dont le traitement vous donne satisfaction.
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Quels sont le prix et la durée d’une consultation d’homéopathie ?
Une consultation chez le médecin homéopathe coûte entre 35 et 60 euros. Chaque médecin homéopathe est libre de fixer ses tarifs. Les consultations pratiquées chez un homéopathe conventionné sont remboursées par la Sécurité sociale à hauteur de 70 % du tarif conventionnel. Les dépassements d’honoraires des médecins homéopathes de secteur 2, dits à honoraires libres, peuvent être pris en charge par certaines mutuelles en fonction du contrat. Les dépassements des médecins homéopathes de secteur 1 font partie de récents contrats mis en place par des assureurs complémentaires comme, par exemple, dans des forfaits prévention santé.
Traitement homéopathique : quel remboursement ?
En France, les médicaments homéopathiques sont vendus dans les pharmacies. Le tube granule coûte environ deux euros. Depuis 2021, l’homéopathie n’est plus remboursée par la Sécurité sociale en France, conformément à l’avis de la Haute Autorité de santé qui avait conclu à l’insuffisance de preuves de son efficacité. Les patients doivent désormais prendre en charge eux-mêmes le coût des traitements homéopathiques.
À lire :
- Choisir l’homéopathie, comprendre les principes de base et apprendre les bons réflexes, Dr Jean-Jacques Salva, éd. Phare ;
- Guide familial de l’homéopathie, Dr Alain Horvilleur, éd. Hachette Pratique.
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